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Lettre ouverte au Ministre de la Culture et au Directeur de la Villa Médicis

Paris, le 4 juin 2010

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Directeur,


Nous, compositeurs, musiciens et ensembles dédiés à la musique contemporaine, avons appris il y a quelques jours la nomination des pensionnaires de l'Académie de France à Rome pour l’année 2010/11 parmi lesquels, en ce qui concerne la discipline musique, figurent deux artistes-interprètes (1, 2) issus des musiques dites « actuelles ».

Ne voyez aucun mépris de notre part pour les musiques différentes de celles que nous écrivons et défendons. Cependant ces musiques, plus populaires, touchent un public déjà nombreux et jouissent d’une médiatisation plus large que la nôtre. Elles sont déjà très soutenues par de nombreuses structures et par l'État lui-même qui ne cesse de les mettre en avant. Pour cette raison, les accueillir dans une institution qui était originellement destinée à la création musicale contemporaine ne fait que conforter cette situation déséquilibrée déjà présente dans la société alors que l’État devrait, à notre sens, travailler à son rééquilibrage.

Nous voyons en cette décision un désengagement de la part de l’État à l'égard de la musique contemporaine qui prolonge une tradition musicale s’inscrivant dans l’histoire de l’art et qui se fonde depuis des siècles sur l'exigence de l'écriture, le questionnement de l'écoute, prolongeant ainsi les nombreuses expérimentations et innovations apportées par nos prédécesseurs et développant par ailleurs les technologies les plus avancées.

La Villa Médicis est en France une institution qui, plus que nulle autre, offre une occasion unique aux jeunes compositeurs de se consacrer, de manière entière et absolue, à l'écriture musicale. Elle propose un véritable atelier de travail à des artistes qui ne sont ni des interprètes, ni des intermittents. Réduire le nombre des compositeurs de musique contemporaine porteurs de projets ambitieux et audacieux et les remplacer par des musiciens qui ont déjà un pied dans l'industrie musicale et sont dans la capacité de vivre de la scène, c’est refuser de tenir compte de la rigueur de leur travail et les traiter avec mépris. Les pièces d’orchestre, les opéras demandent un long temps de gestation et les œuvres qu’ils écrivent en ce moment seront peut-être les classiques des siècles futurs. Si les structures qui les accueillaient jusqu’alors réduisent le nombre de possibilités qui s’offrent à eux, comment pourraient-ils développer des formes et des langages musicaux nouveaux, par définition non conformes aux standards commerciaux ?

Notre réaction est un mélange de colère et d’inquiétude. Car il nous semble évident que ce que d’aucuns nommeront une « ouverture » n’est que l’expression d’un désintérêt pour l’art non directement rentable au profit d’une production artistique qui, séduisante par essence, a la faculté de mettre tout le monde d’accord sans aucun effort. Nous ne voyons dans cette soi-disant ouverture que démagogie et calcul politique.

Oui, nous sommes en colère de constater que ce recrutement s’est fait de manière unilatérale, sous l'effet d'une pression politique et non d’une décision artistique, provoquant aussitôt la démission des rapporteurs en musique. Nous sommes en colère de constater que l’État, qui est pourtant en partie producteur et diffuseur de notre musique, n’a pas conscience du rôle éminemment actif de la musique contemporaine française de par le monde, ni de l’influence de celle-ci au plan international depuis de nombreuses années, ni encore du fait que l’aide qu’il nous a jusqu’à présent apportée faisait l’admiration de la plupart des autres pays, le monde anglo-saxon en tout premier lieu.

Enfin, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, nous sommes inquiets de voir la situation de l’art et de la culture se dégrader en France, le problème que nous rencontrons à la Villa n'étant qu'un révélateur d’une démission plus générale de l'État qui se traduit également par le gel des subventions annoncées, l’impuissance grandissante des Drac à soutenir les artistes, la précarité croissante des ensembles musicaux, la diminution des aides à la création et des commandes pour les compositeurs, la disparition ou reconversion de certains festivals autrefois dédiés à la musique contemporaine, la difficulté grandissante à diffuser nos œuvres sur notre territoire, l’expatriation récente de nos compositeurs vers d’autres pays où ils trouvent plus qu'en France les moyens nécessaires à leur subsistance.

Quand la création contemporaine et la recherche musicale sont soutenues au plus haut niveau de l’État, c’est l’innovation et le dynamisme culturel de la France qui perdurent. Veut-on offrir au monde un visage culturel français exclusivement constitué de productions commerciales éphémères ?

Ce que nous dit votre décision imposée si brutalement nous incite à penser que vous avez renoncé à soutenir notre art. Nous ne laisserons pas ce renoncement s’installer dans l’indifférence et l’inaction. Si on favorise, au nom d’une supposée diversité, l’entrée des musiques actuelles au sein de structures originellement dédiées à la musique contemporaine, alors il serait équitable que cette dernière bénéficie également des aides jusqu’ici réservées aux musiques plus médiatisées.

Nous pensons qu’une société qui délaisse les chercheurs et les artistes qui travaillent à des œuvres portant l’avenir en leurs germes est une société vouée à être dépassée par les autres. Nous sommes convaincus que notre travail, nos productions, même s’ils ne touchent pas immédiatement un vaste public, n’en sont pas moins importants dans la dynamique de notre pays. Ils témoignent de la diversité, du renouveau culturel dont la France est capable. Mais pour que cette dynamique reste vivace, il est indispensable que l’État manifeste son soutien aux artistes, non seulement en renouvelant et en confortant les budgets alloués à la création, mais aussi en aidant à sa diffusion, notamment par l’éducation. C’est un pari sur l’avenir et c’est avec de véritables choix politiques que vous pourrez nous aider dans cette entreprise.

Pour tous les constats évoqués ci-dessus, nous vous demandons, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, de prendre note des arguments que nous vous soumettons afin de mettre en œuvre des moyens à la hauteur de l’ambition que vous avez pour notre pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, l'expression de notre considération distinguée.


Compositeurs et Interprètes “actuels”

169 commentaires:

Anonyme a dit…

Orlando Directeur de l'Opéra Bastille !

Anonyme a dit…

Dommage que les commentaires soient laissés par les signataires sur le site de pétition et non sur ce blog.. il sert à ça pourtant !!!

sophie deshayes a dit…

Non je ne connais pas le projet déposé par Malik Mezzadri à la villa.
Oui je connais son travail et le suis depuis longtemps, de ses arrangements de pièces de Roussel, en passant par ses collaborations avec Bojan Z, Steve Coleman, Sarah Murcia à tant d'autres.
Oui j'apprécie sa musique, sérieuse, toujours en invention et devenir.
Et pardon, je connais peu le travail de Claire Diterzi.
Oui, je signe cette lettre.
Voilà pourquoi:
Parce que nos outils sont fragilisés, malmenés, transformés, les leurs, les notres. Les Instants Chavirés, où j'ai d'ailleurs entendu de multiples fois Magic Malik, le TEP dernièrement, Vandoeuvre, il y a deux ans et j'en passe....
Parce qu'il ne faut pas se tromper de débat, et d'ailleurs, je ne suis pas compositeur.
Parce qu'on rame, tous. Croisons les genres, encore et toujours, faisons les se rencontrer mais ne les érigeons pas les uns contre les autres. Avec Malik et Claire Diterzi (compositeurs de musiques actuelles) nommés à la villa, les compositeurs de musique contemporaine et leurs partenaires se sentent injustement oubliés, évincés
Cette lettre n'est pas anonyme puisque je la signe!
Et rappelons aujourd'hui, demain , encore et encore, à nos politiques que la création -dans tous ses états- a besoin d'eux.

Edith Canat de Chizy a dit…

Quitte à me répéter: cette nomination est un "coup" médiatique certainement préparé depuis longtemps. Pour montrer que la musique dite "savante" s'est enfermée elle-même et qu'il faut un "sang" neuf pour la régénérer!
C'est une provocation extrèmement blessante pour nous et aussi la porte ouverte vers une vulgarisation extrème de la culture.

Clara Maïda a dit…

Oui, j'aime les musiques actuelles et j'en écoute avec grand plaisir. Elles nourrissent également - quand elles ne sont pas uniquement commerciales - ma recherche musicale. Mais que des lieux dédiés originellement à la musique contemporaine invitent des musiciens qui par ailleurs bénéficient déjà du soutien d'autres structures et surtout, ont la possibilité de vivre de la scène (intermittents du spectacle) et de rencontrer un public plus élargi, je trouve cela révoltant. Nous, compositeurs de musique contemporaine, luttons sans cesse pour persévérer dans notre recherche. Avec peu d'argent (une commande de temps à autre...), avec un temps de préparation de plus en plus réduit (diminution des subventions allouées aux ensembles qui nous jouent), avec des possibilités de faire entendre notre musique qui se raréfie (à la radio, par exemple), dans un climat d'insécurité financière grandissant, nous poursuivons cependant notre art avec une exigence personnelle de chaque instant.
La crise ? On l'oublie quand il s'agit de dépenser des fortunes pour accueillir la coupe européenne de foot-ball ! Alors, pourquoi pas une coupe européenne de toutes les musiques (sans négliger d'y inclure la musique contemporaine !) ? L'éducation ? On préfère proposer des programmes sportifs supposés canaliser l'énergie débordante des élèves l'après-midi ! Alors pourquoi pas une éducation à toutes les formes d'art (musique contemporaine comprise !) ? La musique est justement un art qui forme à une auto-discipline et à une rigueur de la pensée.
Dans une société de plus en plus vouée à la consommation de produits rapidement élaborés et jetables, qu'ils soient matériels ou artistiques, je revendique mon choix, je vis comme un engagement politique le fait de dédier ma vie à un art qui se situe en marge des modes par essence éphémères.
Et j'appelle à la mise en place d'un "CAC 40" (création/art/contemporain !) d'intellectuels/artistes/chercheurs du monde entier pour faire contrepoids/contrepoint aux politiques internationales uniquement basées sur le profit et l'immédiateté de résultats.

Anonyme a dit…

Je suis ravi de ce choix qui signifie à terme la disparition de cette institution maffieuse, basée sur le copinage et l'esprit de clan : la Villa Médicis.

Quatre ans d'affilée pré-sélectionné au concours d'entrée (comme Ravel, le génie en moins...) je n'ai jamais été retenu ensuite afin de laisser la place à des compositeurs se présentant la plupart pour la 1ère fois (dont un compositeur...romain !) et n'ayant ni mon bagage musical, ni mon parcours, ni ma production.
Mais, comme je n'appartiens pas au landerneau kontemporanéiste, les compositeurs sur place à l'époque (Philippe L. et Thierry B. entre autres) ont fait pression sur la direction (comme me l'a raconté par la suite, Jean-Pierre Angémy, directeur de la Villa) pour que ma candidature ne soit pas retenue.

Ah, le doux souvenir de ces années où je devais donner des cours de solfège pour survivre misérablement tandis que mes chers "collègues" compositeurs avec lesquels j'avais partagé les bancs du Conservatoire se prélassaient tranquillement dans les palais de la République avec un salaire de ministre !

Donc, encore bravo pour ce choix destructeur. Mais, comme on a là ce qu'on peut considérer malgré tout comme le haut du panier des musiques-z'actuelles, je suggère au plus vite la sélection d'émules de Bénabar et Carla Bruni afin de hâter l'agonie de cette vieille carne !

Anonyme a dit…

Laisser la responsabilité des nominations dans des domaines aussi subtils à une grande partie de la classe politique qui ne va pas au concert, qui lit peu, qui ne va pas plus au théâtre qu'au cinéma, qui ne connaît pas l'art contemporain et ce tous bords confondus a pour conséquence ce à quoi nous assistons.
Je me rappelle que, le Ministère ayant consultés les pensionnaires, nous avions demandé à ce que le directeur ou la directrice de la Vila soit un ou une ancien/ne pensionnaire. Nous avons eu pour réponse un gentil sourire...
Ce poste a été occupé dans la pratique depuis quelques années comme voie de garage pour hauts fonctionnaires en attente de mieux. Le résultat ne s'est pas fait attendre, lui.

Thierry Blondeau

christophe a dit…

petite histoire qui n'a rien à voir (quoique...)

je viens de lire un article paru dans le nouvel observateur n°2375 du 13 au 19 mai 2010 et intitulé de manière alléchante "Musique: l'espoir renaît". Je cite :
"La Fête de la Musique du 21 juin aura deux bonnes nouvelles à célébrer cette année : le lancement de la carte Musique Jeune, qui permettra aux 10 millions de Français qui ont entre 12 et 24 ans de s'acheter pour 50 euro de fichiers musicaux avec une subvention publique de 50%, et surtout, la fin de la grande dépression qui a fait plier tous les majors du disque..."
Evidemment on comprend assez vite que l'espoir n'est pas pour la musique mais plutôt pour l'industrie musicale, et si on fait un rapide calcul on s'aperçoit que ce sont 250 millions d'euro de subvention publique qui sera potentiellement perçu par les majors de l'industrie musicale.
Et moi qui croyait naïvement qu'il n'y avait que la musique "contemporaine" qui ne vivait que grâce aux subventions !

Anonyme a dit…

Je désire joindre mon nom aux signataires de la lettre, mais je ne donne sur aucun site les détails personnels demandés, n'ayant pas assez confiance dans leur usage possible.
Si donc cette déclaration suffit, je m'associe aux termes de la lettre figurant sur blogspot.com

Merci d'avance,

F-B.Māche, compositeur, membre de l'Institut

Laurent Carle a dit…

Je ne signerai pas cette lettre car je suis en complet désaccord sur le fond.
Je trouve cette façon d'opposer les choses symptomatique d'un repli sur soi inquiétant de la part du "milieu" contemporain. En effet, sous le titre "musiques actuelles", il met en vrac sur le même plan Johnny Hallyday, par exemple, et Magic Malik orchestra ! Ce qui en dit long sur son ignorance...
Il faut savoir quand même que dans le monde des dites "musiques actuelles", il y a bien sûr des stars nationales (voire internationales, rarissimes en France...), mais il y a aussi un très grand nombre d'artistes ou de groupes intermittents du spectacle (et du cachet...) qui rament car faisant une musique non institutionnelle -contrairement à la musique contemporaine hyper-supra- institutionnalisée, qu'on le veuille ou non, j'en parle par expérience.
De ce fait même, ils ont du mal à se faire reconnaître, donc si Magic Malik orchestra est à la Villa Médicis c'est une belle victoire !!! Quand j'écoute leur musique, je la trouve d'ailleurs moins "populaire" (et tout aussi créative) que certaines musiques "contemporaines" de Reich, Adams ou Gorecki.

Arrêtons donc, chers compositeurs contemporains, d'opposer écrit et oral, car ce n'est pas notre société qui est "vouée à être dépassée par les autres", c'est plutôt la musique "écrite" contemporaine qui va se faire dépasser par des musiques plus fraîches et plus "open".

Laurent Carle
organiste et compositeur "contemporain"
musicien de jazz

sylvie pébrier a dit…

Protester autrement
La lecture de la lettre ouverte au ministre de la culture protestant contre la nomination de Claire di Terzi et de Malik Mezzadri à la Villa Médicis laisse un goût amer.
La défense de la création contemporaine est plus que jamais une cause qui requiert toutes les vigilances et toutes les énergies. Il faut être bien conscient des menaces qui pèsent … en termes de crédits mais aussi de reconnaissance de l’utilité collective du travail des compositeurs.
Cette lettre doit être entendue - par ceux qui voudront bien écouter – comme l’expression d’une inquiétude qui prend parfois le ton de la colère. Mais elle n’évite malheureusement pas l’écueil du repli corporatiste, qui ressurgit régulièrement dans l’histoire de la musique dite classique en France.
Le piège est double : il met dos à dos deux espaces de la vie musicale. Cette radicalisation esthétique fausse la lecture de la réalité. Où situer alors le travail de croisements, de rencontres, de passerelles, de métissages, autant de termes devenus d’ailleurs obsolètes en raison du travail d’artistes dont la singularité résiste aux étiquetages. Pour ceux qui se souviennent du spectacle « Iris » de Decouflé à Chaillot en 2002 qui a fait découvrir Claire dI Terzi, la force de sa proposition musicale et vocale, mêlant les inflexions d’une voix lyrique, les approches bruitistes et les séquences rock, est restée dans la mémoire. J’ai eu envie dès lors de suivre son travail et j’engage les curieux à découvrir la troublante force poétique et critique de nombre de ses textes.
Défendre la musique contemporaine ne passe pas par la stigmatisation de ceux qui sont proches. Cette querelle prend la forme d’une lutte fratricide entre musiciens. Retrouver les vieilles hiérarchies entre compositeurs et interprètes, entre musiques savantes et musiques populaires, arts majeurs et arts mineurs produit l’effet nauséabond d’une défense de privilèges et la dénégation du texte renforce plutôt qu’elle n’efface le « mépris ».
De leur côté, les plasticiens ont accordé une place au design dans cette noble institution qu’est la Villa Médicis… Des théoriciens, notamment plusieurs musicologues dans les récentes années, y ont également été accueillis, signe d’une ouverture et d’une confiance dans les différentes formes de la recherche artistique.
Si les crises sont des moments de reconfiguration du monde, ce à quoi collaborent tous les créateurs, elles peuvent souder ou diviser. C’est là que réside le piège le plus grave : se combattre au lieu de combattre ensemble contre la progression des valeurs chiffrées qui met en danger les espaces de liberté et d’invention de l’imaginaire. N’allons pas faciliter la tâche de ceux qui veulent réduire la culture ! Ce sera tellement facile de faire de cette querelle un des avatars de la culture subventionnée dont ils souhaitent l’extinction. Si la protestation cherche à combattre la grisaille et la morosité dominantes, elle ne peut s’en affranchir qu’en étant animée d’un horizon commun.
Sylvie Pébrier

Gérard Condé a dit…

Je crois qu'il s'agit plutôt d'un recentrage. L'immense majorité des compositeurs qui ont remporté le Prix de Rome au XIXe siècle, écrivait une musique agréable et d'accès immédiat. C'était le critère de jugement, à l'évidence. C'est pour cela que ni Berlioz, ni Gounod, ni Bizet, ni Massenet, ni Debussy ne l'ont remporté du premier coup; Saint-Saëns, Dukas, Ravel s'y sont cassés les dents. Les critères de choix se sont tout simplement progressivement inversés, d'abord dans le bon sens, certes, mais le bon sens poussé jusqu'à l'absurde ne vaut pas mieux que l'autre et parmi les pensionnaires de la Villa Médicis des quarante dernières années je ne suis pas sûr que beaucoup aient plus de chose à dire que Claire Diterzi, mais comme ils le font sous une forme plus obscure elle semble plus savante. Le degré d'invention ne se mesure pas au degré de complexité apparente : l'art est tout de même plus compliqué que cela. Berlioz, Gounod, Massenet etc. sont allés noter des chants populaires dans la campagne romaine ; il n'est peut-être pas mauvais qu'on entende de la musique "populaire" à la Villa.
Gérard Condé

Gilbert Nouno a dit…

Bonjour à tous, je pense que je dois corriger un oubli dans votre texte qui peut induire en erreur ceux des signataires qui ne disposent pas d'une information précise. En effet, le précédent jury de l'Académie de France à Rome avait retenu l'an dernier deux compositeurs (cf le site web de la Villa Médicis). Cette année, le jury a sélectionné trois projets dans la catégorie Composition Musicale : un projet du compositeur Geoffroy Drouin, un projet commun du compositeur et musicien Gilbert Nouno en binôme avec le compositeur et improvisateur Malik Mezzadri, un projet de l'auteur-compositrice Claire Diterzi. Je ne veux pas entrer dans la polémique, mais rien n'apparait dans votre texte quant à la nature des projets retenus. Il est pourtant nécessaire de ne pas ignorer les tenants et les aboutissants d'un sujet quand on le transforme en débat. Vous disposez maintenant d'une meilleure information, je remercie les auteurs de cette lettre de réparer au moins cette erreur dans leur texte. Bien cordialement, Gilbert Nouno

Anonyme a dit…

Je vois que sur le blog, la lettre pointe vers 2 liens pour justement permettre à chacun d'aller voir par eux-mêmes si ils le souhaitent le travail de ces musiciens avant de signer.
Quand au terme "compositeur", c'est la SACEM qui par ses dénominations permet justement cette confusion...

Ecriture(s) a dit…

Le fait que les commentaires de ce blog ne soient pas soumis à un modérateur (tout le monde peut parler librement) prouve que la volonté de débat sur le sujet est bien là.
D'où ce blog d'ailleurs, qui nous l'espérons sera utile au-delà de cet événement !

daniel D'Adamo a dit…

Aujourd’hui on s’attaque a une place, celle des compositeurs à la Villa Médicis, on ne touche ainsi en effet, que peu de monde. Depuis plus longtemps, on s’attaque a la recherche fondamentale, ça touche un tout petit peu plus de monde. On s’attaque depuis plusieurs années au statut d’intermittent du spectacle, ça touche plus de monde. Il se trouve que demain, ce sera peut être mon tour ou le votre … mais ce sera déjà trop tard.

On dira : regardez ces compositeurs contemporains, regardez-les , ils defendent leurs petits privileges, ils ne sont pas “modernes”, flexibles, rentables … C’est justement pourquoi nous ne defendons pas “nos” petits privileges mais nous tentons de comprendre et de transmettre ce qui vraiment se passe et qui est bien loin de ne toucher que “peu de monde” et touche peu a peu … tout le monde.

Anonyme a dit…

Une initiative heureuse où les différences fondamentales entre musique sérieuse, patrimoine culturel et musiques de variétés auraient pu etre davantage mis en valeur.
Cela dit un premier pas pour que la musique "classique" d'aujourd'hui cesse d'être confondue jusque chez "les plus grands intellectuels, avec la world, actuelle et Cie...
Marcel Brulé

ciampolini a dit…

Un Maître Boulanger nommé à l'institut Pasteur .......!!?

Comparaison sans doute idiote, mais qui pourtant a le mérite de faire comprendre  à celles et ceux qui ne sont musiciens, l'énormité de cette nomination à la Villa Médicis concernant la Musique !

La Chanson !!! Qui n'a pas été touché par une chanson bien écrite ? Presque personne, on a tous au moins une chanson qui nous habite, qui nous a ému, fait pleurer, fait chanter, fait danser etc.....
La chanson est présente partout dans notre société et c'est tant mieux, elle nous raconte nos vies, nos peines, nos amours, notre jeunesse et bien d'autres choses.

L' Ecriture, depuis qu'elle s'est substituée à la tradition orale, a fait décoller toutes les civilisations et notamment la nôtre.
La Villa Médicis est un temple, où l'écriture vient de siècles en siècles faire
progresser les Arts et l'Art Musical, donnant ainsi de la matière au présent et aux générations futures.

Qu'est-ce qu'une chanson ? C'est d'abord une courte histoire qui s'inscrit dans l'éphémère, et qui se raconte à l'aide des mots, donc du littéraire; et pour pouvoir chanter ce texte, on se sert d'un support musical dont l'élaboration est très succincte, de façon à ne pas écraser les mots et les rendre immédiatement compréhensible de tous.

Toutes les musiques de Chanson, Pop, Rock, sont des musiques utilisant un langage volontairement très simple, connu et reconnu.


Serge Gainsbourg lui-même ne disait-il pas, certes de manière provocatrice, que :

  "la chanson est un art mineur"

La Villa Médicis est un endroit de création d'avant-garde, ou l'on est nommé pour faire avancer l'écriture par des moyens toujours plus savants, philosophiques, et qui vont créer ainsi ce qui s'appelle des oeuvres d'Art, qui viennent enrichir le langage et donc la connaissance universelle, qui s'inscrivent, elles, dans le temps.
Ainsi, ces oeuvres vont donner un futur à la civilisation et influencer durant plusieurs générations d'autres artistes, qui à leur tour influencent les sociétés.

Comme dit dans l'intitulé, il ne viendrait pas à l'idée d'un Ministre de nommer  à l'institut Pasteur une personne n'ayant pas reçu l'éducation nécessaire pour prétendre à un tel poste de recherche.

Donner l'accès à la Villa Médicis à une rockeuse ne fera en rien évoluer le
langage musical. Une faiseuse de chansons à Rome, aussi talentueuse soit-elle dans son domaine, n'apportera rien la Musique.

Un Ministre de la Culture capable de confondre et mettre sur le même pied, au hasard :
une chanson de Carla Bruni avec une oeuvre musicale de G. Ligeti est-il bien à sa place...?


Ecrit par un compositeur de Chanson, mais néanmoins amoureux de la Musique,

Daniel Ciampolini, Percussionniste / Compositeur.

Grégoire Lorieux a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec ce que dit Laurent Carle. Avec ce texte, nous tombons les deux pieds dans le piège.
Même si le texte sur la forme, est imparfait, car rédigé dans l'urgence et avec colère (la formule "n'y voyez pas aucun mépris de notre part" doit-elle être comprise comme une antiphrase ?) je dois dire que je suis assez partagé sur le fond cette lettre, très dangereuse pour nous tous.

S'il s'agit d'une manipulation politique, elle peut être destinée à provoquer un "soulèvement" d'une partie des compositeurs. Il sera alors facile d'utiliser ce texte contre ses signataires et les accuser d'être conservateurs, réactionnaires... Ce que nous sommes peut-être tout en nous défendant du contraire...?

D'abord qui a écrit cette lettre ? Comme d'habitude, par des bruits de couloir. Si objectivement je fais partie des compositeurs "actuels", je n'ai pas été invité à participer à cette rédaction. (Fallait-il être passé par la Villa Médicis ?)

Je vois dans cette lettre une réaction à ce qui est considéré comme l'attaque d'un domaine réservé, attaque d'autant plus humiliante qu'elle est décrite comme une intervention politique à un haut niveau... mais a-t-on des preuves irréfutables de cette intervention ? Je veux dire, autre chose que des rumeurs ? Le texte est simplement insinuant.
Je crois que les institutions artistiques doivent garantir le meilleur de la création artistique de leur temps (en cela elles sont inévitablement élitistes) mais pour autant ce ne sont pas des domaines réservés.
Je n'ai pas choisi ce domaine d'expression et d'activité artistique parce qu'il se développe majoritairement dans des milieux institutionnels et élitistes, mais parce le travail d'écriture et ce rapport avec les interprètes me convient. Je ne ressens donc pas de menace de la part des musiciens d'autres horizons que le mien. Tant mieux pour eux si ils ont mille personnes à leurs concerts ! Ce n'est pas honteux d'avoir un large public.
Enfin, on s'adresse peut-être au ministre, mais est-ce une raison pour aller dans le registre du "renouveau culturel de la France" ? Je le troquerais volontiers pour défendre une idée politique plus ambitieuse d'échanges artistiques au niveau international. Ce sont justement les visions trop nationales qui ferment les idées (et à terme, les carrières) des créateurs ; et des administrations d'ailleurs.

Donc je ne signe pas : je ne me reconnais pas dans cette vision trop fermée de la création artistique. D'autre part, le mot de Gilbert Nouno tend à démontrer que les informations nous parviennent incomplètes.

Grégoire Lorieux

Anonyme a dit…

Je suis déçu par la haine et le mépris que portent certains pour ce qu'ils nomment "les musiques actuelles". Pour ces mots blessants et très conservateurs, je ne signerai pas la pétition. Je suis triste de voir que l'on peut mettre dans le même panier Patrick Sébastien et Magic Malik.
A moins que l'on ne veuille écouter que les musiques qui portent le label "contemporain". D'ailleurs, qui sont ceux qui se permettent de déterminer qui est compositeur de musique contemporaine et compositeur de musique actuelle ?
Je me demande ce que pensent tous ces artistes haineux d'un cas comme Frank Zappa ou John Zorn.

Clément Lebrun

Anonyme a dit…

Je trouve dommage qu'un certain nombre de personnes n'aient pas la lucidité de réfléchir politiquement. Bien sûr nous aimons les musiques actuelles, bien sûr nous ne voulons pas attaquer leur place dans la société. Force est de constater que les politiques par leur décision dans cette nomination ont "tiré les premiers" en voulant casser un lieu traditionnellement dédié aux musiques d'écriture. Cela ne vous gêne pas de savoir que ces nominations ont provoqué la démission des rapporteurs, qu'elles ont été commandités depuis le ministère ne vous suffit pas à signer cette lettre?
Je pense que vous jouez avec les mots, pour vous détourner du vrai problème. Vous ne pensez donc pas qu'il y ait derrière cette affaire un quelconque problème politique? Et bien là vous me surprenez! Vous êtes prêt a défendre la musique réactionnaire de Diterzy, même si sa candidature n'avait pas de projet, même si les rapporteurs ont démissioné? Et pour Mezzadri, même topo. Vous ne pensez pas qu'il aurait dû être nommé en bonne et due forme? vous êtes prêts a défendre le forcing?
Et vous pensez que vous écrivez de la musique contemporaine parce que le rapport aux interprètes vous convient? vous n'avez donc aucune autre revendication? aucune autre explication?
En somme rien de politique, j'écris une musique que je ne suis pas prêt de défendre, parce que je veux pas être perçu comme un vieux réac. Alors je défends les réacs (et bien sûr je ne parle pas de mezzadri)

Benoit Delbecq a dit…

"Le free jazz, poubelle du jazz ? -Une très belle poubelle, alors." (György Ligeti dans JazzMagazine, 1997).

"Citez-moi une musique qui ne soit pas savante" (Louis Sclavis dans Jazz Magazine, vers 1990).

Cette lettre au Ministre est un cauchemar dont la France a le secret, elle est incroyablement maladroite, violente, et n'est pas même signée. Elle semble dès lors émaner de précieux ridicules qui ont choisi de porter un masque(ne pas risquer d'être grillé pour une Commande d'Etat ? Quelqu'un peut me répondre ?), lesquels balaient avec violence et probablement par ignorance la recherche d'un musicien de jazz (je précise qu'il s'agit d'un projet en tandem avec Gilbert Nouno d'ailleurs !!!) qui,Mesdames et Messieurs, à sa façon certes, a lui aussi bel et bien étudié avec Messiaen - demandez-lui bon sang !

Bref, merci/grazie à Philippe Manoury pour sa note salutaire dans la liste des signataires (vous rendre sur la liste des signataires).

Qu'est ce qu'on fait maintenant ?


Tout n'est pas faux dans cette lettre bien sûr, la musique écrite qui cherche plonge, mais le jazz qui cherche plonge lui aussi, le mépris de ces démarches s'est bel est bien installé, mais cette lettre malheureuse contribue à la destrution du combat quotidien de tous les artisans de la multitude de nouvelles formes sensibles.

Navrant.

Benoît Delbecq, jazzeux qui aime la musique contemporaine (paradoxe ? problème ?)

Karlein a dit…

pitoyable cette pétition, réaction de la culture bourgeaise minable et méprisable....vivement qu'on coupe tous les crédits a ces organismes completement fermés sur eux même. Votre fermeture d'esprit fait pité a voir....

honte a vous de publier une telle pétition

j'ose espérer que le terme diversité n'évoquait pas les origines de Malik...

Grégoire Lorieux a dit…

Cher Anonyme du 7 juin à 2h48,
votre message s'adresse apparemment au mien, je vous réponds donc. D'abord, je prends un risque en signant dans un tel blog : je risque en effet d'être amalgamé avec les vrais réactionnaires, ceux qui ne supportent pas l'idée d'une musique de recherche, celle précisément que les musiciens de cette lettre veulent promouvoir. Que l'on ne se méprenne pas : je souhaite prendre parti du côté de la musique qui prend des risques esthétiques, qui peut ne pas être comprise, celle qui interroge, qui bouscule l'auditeur, celle qui est le fruit d'une maturation artistique. Et cela je le considère comme politique, même si c'est à un niveau peut-être ridicule : c'est mon engagement vis-à-vis des gens qui m'écoutent et avec qui je travaille.
Ayez donc le courage de signer vos messages, cher anonyme du 7 juin à 2h48.

Ce n'est pas parce qu'on vend des disques que sa musique est commerciale et réactionnaire. Un compositeur qui écrit dans un style "contemporain" mainstream disons, pour entrer dans un certain cadre social, est plus commercial qu'une chanteuse qui écrit des textes personnels. Idem pour un compositeur qui écrit de la musique dans un style tonal car il veut s'adresser, comme un populiste, au fonds commun "naturel" de son auditeur. La dérive réactionnaire n'est pas forcément là où on le croit.
Enfin, je demande des preuves : je ne dis pas que qu'il n'y a pas eu d'intervention du ministre ou de Laurent Bayle, je demande simplement des noms ! Autre chose que des insinuations ! Il faut prendre ses responsabilités ! Le fait que les rapporteurs aient démissionné, je ne le nie pas, ce que je demande, c'est une information complète et neutre sur la situation !
Grégoire Lorieux

V. a dit…

Je n'ai jamais candidaté à la Villa Medicis, et si cette institution disparaissait, je n'en serais pas particulièrement choqué.
Je n'ai pas aimé la lettre ouverte, je ne me retrouve en presque rien dans son propos.
Mais je l'ai signée.
Parce que je crois qu'à partir du moment où l'on accepte qu'il y ait des disciplines qui nécessitent d'un soutien de l'état, ce qui est à mon avis le cas de la création musicale, il faut rester lucide et admettre que ce soutien ne peut se faire sans des partis-pris politiques, et des politiques, avec les risques que cela comporte : privilèges, mandarinats, clans, etc.
Cette affaire de VM me semble être un symptôme parmi beaucoup d'autres du relâchement du soutien politique à la création musicale. Mené magistralement : les cdd jalousent les cdi, qui critiquent les fonctionnaires, les intérimaires en veulent aux rmistes qui dénoncent des sans papiers...
Allez, jazzeux, actuels, contemporains, tapez-vous dessus! Entre temps, les quelques espaces de liberté, de prises de risques, de reconnaissance du travail à perte, sont progressivement grignotés...
Je signe malgré ma conviction que, si cette lettre, comme je le crains, n'est signée que par une grande majorité de compositeurs, elle n'aura aucune efficacité et sera le symptôme, à son tour, du cercle vicieux dans lequel on se trouve.
V. Carinola

Olivier Sens a dit…

Bonjour,
Cette lettre "ouverte" ("fermée" devrions nous dire) est tellement maladroite que j'ai cru au départ à un canular.

En premier lieu, elle est signée de la part des "compositeurs et interprètes actuels" comme si ils s'étaient tous associés. Permettez-moi d'en douter, les acteurs de la musique contemporaine sont bien plus ouverts que cela.
La moindre des choses serait que les véritables auteurs (probablement une poignée) la signe et assument leurs propos.

En deuxième lieu, il se trouve que justement Malik Mezzardi est un des compositeurs les plus audacieux actuellement, met en jeu des processus compositionnels et d'improvisation très originaux et inédits. Pour ce projet il est associé à Gilber Nouno qui est une référence en matière de création électronique au sens contemporain du terme. Leur projet a largement sa place dans le cadre de la Villa Médicis.

Au delà de cette polémique fratricide, il est fort probable que le jury de la Villa Médicis ait voulu donner un signe fort: les musiques doivent s'ouvrir.
Messieurs les rédacteurs de cette lettre, l'heure est à l'ouverture, à la transversalité et à la synthèse.

Donc, avant de raser Malik et de lui mettre des plumes, observez le monde autour de vous, et vous verrez: il bouge!

Olivier Sens, musicien, compositeur.

Jean-Luc Plouvier a dit…

Le commentaire sur ce blog du subtil et talentueux Gilbert Nouno m'a fort embarrassé (après que j'aie signé) : ainsi donc, le projet avec Malik le concernait lui aussi, comme compositeur (débutant, mais riche d'expérience). Il semble un peu affecté par "l'amalgame".

Deux idées de la révolte se croisent, et chacun se moquera de la "bien-pensance" de l'autre. S'il est vrai, comme l'écrit Badiou, que la révolte est "exigence de filiation" et "principe de conséquence", alors les pétitonnaires ont raison. Nous nous révoltons "au nom de".
Pour Télérama, la révolte est une hystérie : Diterzi, une chanteuse pop, "entre dans la vénérable institution", écrivent-ils, ça les excite. Ce qui compte, c'est se moquer du vénérable, dénoncer le semblant par un pied-de-nez, te dénoncer toi compositeur comme petit narcisse : c'est l'effet-voyou.

Mais Malik brouille le jeu. Car Malik est un jazzman de haut vol. Le traiter de "marchand de savon" est tout simplement grotesque. Faut arrêter avec ça. S'il s'agissait de démontrer que les révoltés de la filiation et du principe de conséquence sont des cons - bravo, c'est réussi, ils sont tombés dans le panneau comme des bleus, ils ne l'ont même pas écouté. Ne reste en piste que l'effet-voyou, aussi sympathique qu'inoffensif.

Voulu ou pas - complot ou simple finesse - c'était une opération perverse, de grande finesse, et très sarkozyste, il me semble.

Donc, les amis : dites les choses avec finesse. Prenez le temps et faites des phrases (comme Deshayes ou Manoury), c'est aussi un devoir.

Clara Maïda a dit…

Pour répondre à Benoît Delbecq dont j'aime vraiment beaucoup la musique, non, ce n'est pas une réaction haineuse contre les musiques actuelles. J'en écoute énormément, et je ne crois pas être la seule. De plus, mon parcours vient autant du rock que de la musique classique, avec un passage par la musique classique d'Inde du Nord. Mais une fois de plus, ce qui est visé ici est un débat plus large : 1/l'opposition entre musique commerciale et musique de recherche (dans laquelle un grand nombre de musiciens de musique actuelle peuvent être insérés). 2/la séparation artificielle qu’ont initié les institutions et par laquelle les compositeurs de "musique contemporaine" (je préférerais le terme de "musique expérimentale") sont enfermés dans des structures et des festivals qui leur sont dédiés.
Si ces structures s'ouvrent à des musiciens qui pratiquent une inventivité musicale dite "actuelle", pourquoi pas ? Mais alors, au nom de quoi les compositeurs qualifiés de "contemporains" ne seraient-il pas eux aussi accueillis au sein de structures supposées être dédiées aux seules musiques "actuelles" ?
Or, ce n'est jamais le cas.
Ouverture, oui, si les musiques se situent dans une recherche d'innovation. Il y en a effectivement beaucoup et par ailleurs certains musiciens dits "contemporains" ne sont pas spécifiquement des inventeurs. Mais une "ouverture" unidirectionnelle, qui omet de faire circuler les courants dans les deux sens, n'est qu'hypocrisie de la part des politiques.
Oui aux musiques expérimentales en tout genre, programmées sur les radios et au sein de festivals qui dépassent les catégories.
Peut-être alors qu'on avancera vraiment.

Clara Maïda, compositrice « expérimentale » (du moins je l'espère et j'essaie...) qui adore toutes les musiques quand elles ne se contentent pas de donner à entendre un produit commercial.

Benoit Delbecq a dit…

(à Clara) quand et où m'avez vous écrire "une réaction haineuse contre les musiques actuelles" ? Ce n'est pas mon propos, merci de me relire Cordialement - BD

Clara Maïda a dit…

Oui, pardon, Benoît, j'ai fait un petit amalgame avec le mot de Clément Lebrun (que je ne connais pas). Cette réponse pouvait également lui être adressée. J'aime aussi beaucoup John Zorn et Franck Zappa et je ne me sens pas du tout haineuse, Clément ! Par ailleurs, j'ai oublié de répondre à la question concernant les auteurs de cette lettre. J'en suis et je l'assume parfaitement, bien que la trouvant imparfaite. Vos critiques sont fondées. Mais cette lettre est un peu le climax d'un écoeurement concernant le climat politico-culturel toujours plus vulgaire en France. En tout cas, toute imparfaite qu'elle soit et induisant des réactions si diverses, elle a au moins le mérite de susciter un échange sur des problèmes de fond concernant la création, la culture et plus généralement le monde dans lequel elles s'inscrivent. J'espère qu'il en sortira des propositions intéressantes de la part de chacun.

Yan Maresz a dit…

Je suis de ceux qui ont signé et on ne me fera pas le coup de la haine de l'autre, car pour qui connaît mon parcours musical ça ne marcherait vraiment pas. Mais maintenant, je suis avant tout compositeur, et oui j'ai signé cette lettre immédiatement. Et n'allez pas croire qu'elle ne me pose pas de problèmes quant à sa forme (pour moi le jazz ne fait pas partie des musiques actuelles, il est presque centenaire). Mais, voici la situation des compositeurs à la villa...

Historiquement, 4 compositeurs étaient présents.
Depuis une dizaine d'années : 2 compositeurs (décision de faire rentrer les disciplines cuisine et stylisme !)
Cette année : 1 compositeur Drouin, puis Malik-Nouno et Claire Diterzi.

Je ne dis pas qu'ils ne sont pas compositeurs, ok ! mais la villa Medicis est l'un des seuls endroits de résidence et de reconnaissance prestigieux que pouvait souhaiter un jeune compositeur qui a passé la plus grande partie de sa vie à ne faire que de l'écriture, lorsque Gilbert Nouno et Malik Mezzadri, ainsi que Claire Diterzi pratiquent une musique dans un contexte principalement scénique, qui à son propre circuit de diffusion, et qui, dans le cas de Diterzi, est bien plus large que celui de la musique dite contemporaine. Il ne faut quand même pas tout mélanger.

Aucune autre discipline de la villa n'a été jamais amputé comme celle de la composition musicale.
Quelqu'un peut-il m'expliquer ce que cela veut dire, si ce n'est que l'on essaye systématiquement de nous pousser dehors, en nous disant bien à chaque fois que nous devons êtres ouverts sur les autres !
Alors pourquoi pas des espaces propres à chacun au lieu de diviser le peu qui existe pour mettre tout le monde dedans. Pour autant, cet espace propre doit-il être précisément ce lieu avec tout ce que cela implique au niveau symbolique ? Tout n'est pas égal à tout.

Tout le monde ne parle ici de Malik/Nouno parce que la lettre ne fait pas le détail de la sélection.
Bien sûr qu'ils sont formidables tous les deux. Vous réduisez la lettre à eux deux, mais Claire Diterzi, vraiment, semble être celle qui en est la cause.

Et la Villa Kuyojama, avec Milkymee (http://milkymee.com/) comme résidente en 2010 ?

Le jazz n'est qu'un alibi temporaire dans cette soit disant stratégie d'ouverture !
Vous savez tous pertinemment comment cela va finir...

Pour ceux qui en doutent encore, jetez un coup d'oeil sur ce qu'il y a en ce moment même à la Villa (http://www.villamedici.it/fr/event/festival-villa-aperta/?of=0&t=musique&p=now)

YM

Philippe a dit…

Ce que je redoutais depuis longtemps est finalement arrivé. On assiste à une guerre entre les acteurs des musiques dites "contemporaines" et ceux des musiques dites "actuelles" dont on aurait bien pu faire l'économie. Cela fera la joie de certains et la tristesse de beaucoup d'autres. Peu importe que nous soyons ou non en phase d'un point de vue esthétique. Ce n'est pas là le problème. Là où il faut être vigilant, c'est au maintien de la singularité, des différences et des individualités.

Le jeu du pouvoir consiste à fédérer le plus grand nombre autour de la plus petite réalité. Or si la musique a un pouvoir, c'est aussi celui de fédérer. Il y a de la musique pour les jeunes, pour les vieux, pour les différentes classes sociales, pour les différents groupes ethniques, etc. et je mentirai si je disais que je les aime toutes au même niveau. (Le théâtre, la littérature ou les arts plastiques ne connaissent pas de séparations aussi étanches.) Il ne faut pas être dupe. Le pouvoir sait très bien manier ces clivages au gré de ses envies du moment. Ce n'est pas une nouveauté. Dans les années 70, Georges Pompidou demandait à Pierre Boulez de construire un centre de recherche pour la création musicale (et que de récriminations n'a-t-on pas entendues à cette époque, dont beaucoup provenaient des acteurs de la musique contemporaine !) . Entre temps, la musique rock a fait une déferlante spectaculaire, tellement forte que, partie de la contre-culture, elle est devenue pour beaucoup l'emblème même de la culture. Et, de même qu'il est arrivé aux hommes politiques d'offrir des murs aux taggueurs pensant qu'ils ne couvriront plus de graffiti les lieux publics, ils tendent la main aujourd'hui à ceux qui sont en contact avec une population qui montre des signes d'explosion sociale. Ce qu'ils veulent, par dessus tout, c'est le calme et le consensus. Les crises économiques et les tensions sociales leur intime l'ordre de calmer le désordre.

Face à cette situation il faut, certes, faire entendre nos voix, mais nos voix d'artistes, et non celles du ressentiment. Les musiciens "contemporains" et "actuels" (il faut malheureusement se contenter de ces pauvres adjectifs) n'atteindront jamais le niveau de popularité des chanteurs de pop music. Et est-ce cela que nous voulons ? Mesdames et messieurs les blogueurs, calmez le jeu s'il vous plaît. Sinon vous ferez celui de personnes qui ont tout intérêt à nous voir s'entre-déchirer. Nous avons certainement autre chose à partager que de la rancœur.

Combier a dit…

Mon univers mental est le papier à musique; "vertigineusement" vide. Mon univers mental est l'orchestre, petit ou grand, et toute couleur que j'y entends.
C'est là mon espace, ma Liberté grande.
S'il comprend des métissages, des transdisciplinarités, des "ouvertures" aux autres musiques tant mieux, il satisfera aussi les organisateurs de festivals,
les directeurs d'institutions ( "Tu écriras pour instruments anciens — "tu écriras un opéra sur un texte persan" —" tu écriras pour instruments traditionnels kazakhs" disaient-ils) ;
Sinon, s'il vous plaît, laissez-moi maître en cette liberté que j'ai choisie, que j'ai façonnée même.
Je suis de ce monde et participe de cette société. "un artiste n'a pas à témoigner de son époque, il est fait d'elle" dit Pierre Soulages
Si je suis concentré sur un monde musical que je rêve autonome, loin de ces "ouvertures", ces "croisements" qu'on me propose (avec l'insistance du prendre ou laisser)
c'est qu'il me semble que je le dois et que se trouve là l'authenticité de ma démarche. D'autres fois, je peux vouloir et aimer ces "ouvertures".
Et il me semble que j'y œuvre d'ailleurs, mais mon souhait est de pouvoir en disposer par moi-même, que cela ne devienne pas un maître mot institutionnel ou moral.

... suite ...

combier a dit…

La Villa Médicis, chacun son idée, elle représente cela pour moi :
le soutien à une activité artistique orientée —un tropisme irréfragable— vers et par l'écriture ; une mémoire qui fait que j'ai passé des années à étudier
l'harmonie, le contrepoint, des années à étudier l'écriture pour orchestre, l'analyse musicale. L'univers mental dont je parlais est propre à cette musique.
C'est une musique de l'esprit et de l'intellect. Ce n'est pas là complexe de supériorité. Cette attitude artistique en vaut une autre (l'improvisation, le jazz,
les recherches des musiques actuelles, la chanson, la musique médiévale...) mais différemment. Et ces différences, bien sûr sont belles, qui s'incarnent dans la manière de faire,
de vivre et d'écouter la musique. Si elles se rencontrent c'est peut-être tant mieux, si non ce n'est pas grave, et ne forçons pas les choses. N'invoquons pas
les forces de "l'époque-dans-laquelle-on-vit".
les musiques actuelles, ("la chanson" ?, "les expérimentations vocales" ?), il est toujours difficile de nommer quelque chose par la généralité (pardon), les musiques actuelles
donc aussi hardies soit-elles, aussi expérimentales soit-elles et innovantes, ne sont pas la composition au sens de l'écriture. C'est bien là sa différence.
Je ne la conçois pas à la Villa Médicis, car la Villa représente cela pour moi : un lieu symbolique, (plus encore que la Villa Kujoyama et que la Casa
Velasquez), où les compositeurs, au sens de l'écriture ainsi formulée, tentent de trouver leurs repères dans la petite histoire du monde de la musique d'après-guerre.
De qui ai-je appris quoi ? Quelle pièce a vu le jour en 1976 à la Villa Médicis ? Comment faire le lien entre ces études harassantes que j'ai faites (cette technique acquise)
et une musique qui soit mienne.
La Villa Médicis aura signifié et signifie pour moi : savoir se positionner face à ce passé qui m'a construit (ce qui n'est pas mince affaire)
vouloir y faire entrer les musiques actuelles (et visiblement impérieusement), cela signifie pour un compositeur tel que moi, vouloir briser ce lien, l'effilocher.
Et c'est probablement cela qui fait peur et qui est blessant pour un compositeur. Mon point de vue peut sonner "poussière et tradition", je ne l'entends toutefois pas ainsi.
Qu'un compositeur souhaite, durant son séjour, se confronter, convoquer d'autres types de musiques —c'est le cas du projet de Gilbert Nouno—,
oui certes, si tel est ce qu'il a à dire, mais alors que cette démarche vienne de lui —c'est aussi le cas pour ce projet—, et non des dirigeants.
Sur ce dernier point, il est bien dommage que le jury imposant si fortement "ses" candidats, abîme la clarté d'une démarche qui de fait va souffrir d'amalgame
et mériterait d'être réellement évaluée, en marge de ces imbroglios.

Voilà pourquoi je signe aussi à la rédaction de cette lettre certes maladroite (j'en suis terriblement navré autant que responsable),
mais aussi et avant toute chose parce que je refuse d'accepter une nomination qui soit le jeu des stratégies et des hautes amitiés de l'Etat.
Mais je sais d'avance que c'est eux qui gagneront.


Jérôme Combier, compositeur et directeur artistique de l'ensemble Cairn

daniel D'Adamo a dit…

A Gérard Condé
"... parmi les pensionnaires de la Villa Médicis des quarante dernières années je ne suis pas sûr que beaucoup aient plus de chose à dire que Claire Diterzi, mais comme ils le font sous une forme plus obscure elle semble plus savante."
A ce renoncement on répond par ce rassemblement autour d'un lieu et d'un espace dédié à la recherche et à la création artistique.

"Le degré d'invention ne se mesure pas au degré de complexité apparente : l'art est tout de même plus compliqué que cela."
C'est bien pour ça que des lieux comme la Villa Médicis ont été crées : pour offrir l'espace, le temps et les conditions qui peuvent permettre de se prononcer, surtout à travers de nouvelles oeuvres, sur la "complication" de l'art.

Je rejoins "Philippe" et son commentaire sur les oppositions musiques "actuelles vs. contemporaines" (oui, on dirait un gag sémantique) : rien ne sortira d'un tel débat : les rédacteurs et signataires de cette lettre ne soutenons et ne soutiendrons pas cette opposition stérile : NOUS NE CEDERONS PAS AU "DIVISER POUR REGNER". C'est un angle d'attaque qui joue le jeu de la division.

Nous ouvrons un débat qui n'a pas lieu depuis très longtemps, nous faisons des propositions (ouvrez une filière musiques actuelles à la Villa, d'accord là dessus, mais en échange ouvrez les médias à la musique contemporaine au sens large).

Débattez, proposez, apportez ... malheureusement je lit très peu de propositions venant des détracteurs et des opposants à la signature de notre lettre ... c'est dans l'absence de propositions que l'on distingue l'obscurité des discours.

V. a dit…

Avant de proposer, je crois qu'il faut partir d'un constat simple : la situation de la création musicale n'est pas différente de celle des autres arts : arts plastiques, poésie, (ou même philosophie et recherche!). En dehors de quelques individus plus médiatisés, et même s'il existe un "marché de l'art", la plupart des oeuvres se font et se transmettent hors du regard de la collectivité.

La création musicale, en particulier, souffre de ne pas avoir de lieu. Les opéras ou orchestres, et par ricochet des vénérables institutions comme la Villa Medicis, sont avant-tout des lieux de prestige, qui permettent à un nombre très limité d'individus d'avoir une certaine reconnaissance, ou de se faire plaisir avec un instrument extraordinaire (et cher) dans le cas de l'orchestre, mais ne sont en rien gages de création ou d'innovation. Bien que cela advienne parfois.

Elle souffre aussi de cette persistance à vouloir s'insérer dans l'Histoire : être compositeur signifie : connaissance de l'harmonie, de l'analyse, du contrepoint, l'histoire de la musique, des trompettes, bassons et clavecins. Or, il serait temps d'accepter que d'autres pratiques, autres lutheries, autres formes de diffusion existent, depuis longtemps. Elles ont une place plus que congrue dans l'enseignement musical, qui repose avant tout sur la pratique d'un instrument (souvent ancien) et dans une formation musicale (solfège et culture) ne pouvant rendre compte des oeuvres les pus innovantes du dernier siècle. Bien que quelques îlots d'ouverture arrivent encore à se faire une place...

Il y a quelque temps, avec d'autres, nous nous sommes posés la question de ce qu'il faudrait tenter pour remédier au problème essentiel, il me semble : le manque de visibilité par la collectivité de notre pratique. Dans le cas particulier de Lyon (deuxième agglomération d'un des pays les plus cultivés du monde), il faut dire qu'il n'y pas une salle digne de ce nom permettant de monter un programme musical dans des bonnes conditions... hors cnsmd!. Nous avons lancé une proposition en cherchant à associer tous ceux qui pourraient être concernés : compositeurs, interprètes et créateurs dans d'autres disciplines de la région.

http://vr.carinola.free.fr/carinola/files/3e621bf0310364f646ee3db31134fb5a-4.html

C'était fait de manière maladroite, il faudrait poursuivre la réflexion, mais il faut constater que nous, les musiciens, on n'a pas été particulièrement mobilisés. Il faut aussi dire qu'en même temps que nous signons des pétitions et manifestons devant les drac, l'équipe des cinéastes associés à cette réflexion ont occupé un lieu et mis en place une programmation très intéressante et exigeante :

http://dodesk.aden.free.fr/archives/index.html

montrant la nécessité de ce type d'espaces dédiés, leur place dans la cité. Je suis prêt à les soutenir dans leur projet d'un lieu plus institutionnalisé, et me désole de ne rien voir d'équivalent dans l'univers musical, du moins dans ma région.

Juste un dernier mot : l'idée de "transversalité" du texte en lien, est à prendre plus comme une communauté d'exigences dans des disciplines différentes que comme du "spectacle multimédia" ou de la performance, bien que les oeuvres s'appuyant sur plusieurs supports simultanément, et questionnant de la sorte les notions d'écriture, instrument, concert, etc. fassent aussi partie de la création musicale.

V. Carinola

tibzzz a dit…

« aucun artiste […] dont la pensée se situe dans les plus hautes sphères ne devrait s'abaisser à la vulgarité dans le but de satisfaire à un slogan tel que : “l'art pour tous”. Car s'il est question d'art, cet art n'est pas fait pour tous et si c'est pour tous, ce n'est pas de l'art. » A. Schönberg

Fabien Lévy a dit…

Comme je l'avais dit à Philippe Hurel, Daniel D'Adamo et Clara Maida, j'ai refusé dès le début de signer cette pétition.

Je trouve en effet maladroit de parler de "LA musique contemporaine", et d'amalgamer tous les autres candidats. J'aurai préféré qu'on parle "des musiques expérimentales d'aujourd'hui", et pour moi, ce n'est pas un genre, mais la qualité et la créativité d'une oeuvre qui comptent, quels que soient les genres d'expression.

De plus, l'un des problèmes actuels est justement ce tassement esthétique, la croyance du public que nous composons la même chose depuis quarante ans, et qu'il nous faut choisir entre Shostakovitch et Boulez. En théatre, art visuel et en danse, le public cite les noms de troupes, des singularités. Pourquoi insister à ce qu'il parle de "musique contemporaine" en musique? Mon travail est j'espère singulier, inspiré par de nombreuses tendances -dont le jazz qui est ma formation d'origine, les musiques extra-européennes, et le déconstructionniste ), j'ai 37 ans de moins que Boulez, autant que ce qui le différenciait de Stravinsky, et pense que nous sommes sortis du structuralisme.

Cependant, je comprends le malaise de ces nominations, surtout la démission des rapporteurs (tout populisme commence par le comportement des règles), et la pétition (maladroite) qui a suivi.

Je crois que la France s'encroute sous plusieurs aspects. Les institutions sont trop centralisées et vivent sur leurs acquis (il n'est pas normal que l'EIC ou le Festival Présences concentrent autant de pouvoir et jouent si peu les jeunes compositeurs qui ont quelque chose de singulier à dire, et que les jeunes ensembles comme Court-Circuit, Multilatérales, Cairn ou autres, soient si peu aidés). Le libéralisme et la mise en concurrence ont parfois du bon. Pour cette raison, également, allons voir ailleurs, dans d'autres pays, ou dans d'autres styles de musique.

Enfin, n'oublions pas que cette nomination à la Villa Medicis n'est qu'un phénomène révélateur d'une tendance plus grave: en 2003, le directeur avait nommé le responsable de la musique (Mr. Soulé), qui ne savait pas lire la musique, comme rapporteur. Pétition. C'était aussi l'époque de la nomination de René Bosc à Présences. Puis le départ progressif de nombreux compositeurs (Manoury, Murail, moi-même, Bedrossian, Maida, Pauset, Mark André), à peine défendus par les grosses institutions françaises, et finalement reconnus à l'étranger (heureusement pour nous. Je souffre surtout pour les jeunes compositeurs qui sont restés). Puis la transformation du théatre du Chatelet en théatre de comédies musicales, soutenu par les subventions publiques. Enfin, le départ de Mortier, qui n'a cessé de répéter que le public français vivait sur ses acquis et devenait conservateurs.

Bref, avec la même somme d'argent, les pouvoirs publiques peuvent rapidement stimuler ou étouffer une scène. A eux de choisir. La culture était l'un des orgueils de la France post-coloniale, comme l'avaient bien compris De Gaulle, Pompidou ou Mitterand. Les politiques actuels ont malheureusement la mémoire courte, et le populisme facile.

Anonyme a dit…

Attention! Ce n'est pas Magic Malik qui a été nommé comme pensionnaire à la Villa Médicis.
C'est Malik Mezzadri, le flûtiste du Magic Malik Orchestra.

Benjamin Renaud a dit…

chers compositeurs “actuels”,

nous sommes nombreux, vous l'aurez compris, à penser que votre pétition se trompe de cible, probablement plus par ignorance de ces musiques que par réelle méchanceté. Ce qui est triste c'est que, ce faisant, que vous le vouliez ou non, vous vous en prenez personnellement à deux artistes — oui, des artistes, des musiciens : des gens qui comme vous passent leurs journées à créer de la musique, et qui ne sont pas plus soutenus que vous ni par le marché, ni par les pouvoirs publics et institutionnels. Je veux croire que vous avez été sincères en pensant avoir affaire à des Michael Jackson et des Britney Spears, mais il se trouve qu'il n'en est rien.

Dès lors, vous comprendrez sûrement qu'un texte à été rédigé pour assurer ces deux artistes de notre soutien. Il ne s'agit pas d'un texte revanchard, loin s'en faut : nous comprenons vos inquiétudes, parce que nous connaissons les mêmes dans les autres secteurs musicaux et, plus largement, artistiques et littéraires — c'est un problème global. Nous voulons simplement appeler les uns et les autres — à commencer par vous, chers compositeurs “actuels” — à ne pas se tromper de cible.

Les années précédentes, en moyenne un ou deux compositeurs contemporains étaient retenus pour être pensionnaires chaque année. Cette année, il y a deux compositeurs contemporains (Geoffroy Drouin et Gilbert Nouno) PLUS deux musiciens issus d'autres sphères musicales (Malik Mezzadri et Claire Diterzi) : vous omettez ce fait pourtant simple dans votre texte. Nierez-vous que, s'il avait été connu de tous, un certain nombre de gens n'auraient pas signé votre pétition ?

Débattons, oui, débattons s'il le faut, entre gens raisonnables et de bonne foi, ce que nous savons tous être. Écoutons-nous, faisons connaissance...

Je ne doute pas que beaucoup de gens de bonne volonté pourront se retrouver dans ce texte, au-delà des clivages de genres :
http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article283

Nous venons de le mettre en ligne, nous espérons que les signataires en seront nombreux (mais nous ne faisons pas de concours, nous n'appelons même pas cela une pétition...), et surtout nombreux parmi les compositeurs et musiciens “actuels” de la musique dite contemporaine. Afin de montrer aux pouvoirs publics que, oui, la création musicale a besoin d'un soutien sans faille ! Tous sont les bienvenus pour vous y associer : envoyez-moi un mail, je ne suis pas anonyme...

Très cordialement,
parce que fermement convaincu que vous ne visiez pas à mal,

Benjamin Renaud,
amateur de jazz ET de musique contemporaine (ET ...)

Benjamin Renaud
département musique — université Paris 8
benjamin(point)renaud(at)univ-paris8(point)fr
http://www.tache-aveugle.net/

Clara Maïda a dit…

Pour répondre à Fabien, les catégories que tu contestes, et que tu as raison de contester, n'ont pas été créées par nous. Elles sont la plupart du temps désignées comme telles par les structures de subventions.
Si nous parlons de « compositeurs contemporains » dans cette lettre, c'est parce que nous sommes identifiés, étiquetés comme tels. Quand nous envoyons des dossiers, et toi aussi, quand nous déclarons nos pièces à la SACEM, les formulaires que nous remplissons nous imposent cette catégorie. Ce n'est pas pour autant que j'adhère à cette définition réductrice.
Je trouve également le terme de musique expérimentale plus approprié, car il départage autrement (si partage il faut... ce qui peut être sujet à débat). Oui, il y a des musiques inventives, qui tentent des expériences de toutes sortes, et des musiques conventionnelles dans tous les genres musicaux.
Oui, comme toi, je me sens très très loin de Boulez, ainsi que de compositeurs plus jeunes, d'ailleurs. Certains, sur ce blog, ont parlé d'écriture, d'harmonie, de contrepoint. Je n'ai rien étudié de tel car j'ai vite été consciente que ce serait une perte de temps pour moi puisque mon objectif était de trouver mon propre langage musical. Les analyses d'oeuvres de compositeurs de toutes les époques ont été mes outils principaux, complétées par l'écoute de musiques de tous horizons.
Tu évoques les autres arts et tu dis que les catégories y sont moins déterminées.
J'en doute, car l'« art contemporain, la « danse contemporaine » sont des dénominations aussi courantes - et aussi peu convaincantes - que celle de « musique contemporaine ». Ce sont simplement souvent des moyens bien commodes et un peu faciles pour désigner des formes artistiques par opposition à leur forme classique, développée autrefois, ou à des formes non issues d'un passé de classicisme occidental (je pense au jazz, à la pop, etc.).
Toutefois, ce qui signe l'appartenance des compositeurs dits contemporains à une même catégorie, c'est la nécessité de travailler la plupart du temps avec des musiciens issus du classique. C'est à mon avis la seule chose que nous ayons en commun. Et encore... Des expériences avec des musiciens improvisateurs, ou extra-occidentaux, sont également tentées.
Donc, ce n'est pas simple. Mais il faut se garder des choses simples.
Ce qui est difficile, depuis plusieurs années, c'est que les problèmes s'accumulent. Si nous avions dû tous les mentionner, nous aurions écrit un roman... Il est peut-être d’ailleurs temps de rédiger un constat général de tous les dysfonctionnements. Nouvel appel...!

(suite dans le commentaire suivant)

Clara Maïda a dit…

(Suite)

Un grand nombre d'entre eux sont internes au monde musical lui-même. Petit réseau étroit de personnes jouées, surtout à Paris, système très souvent fermé sur lui-même, sélections fondées sur des critères étroits : la plupart du temps, ceux qui sont joués le plus souvent sont passés par le CNSMDP et l'IRCAM. Pour les autres, advienne que pourra... partir ou bien mourir... Trop grande importance accordée au cursus et aux professeurs avec lesquels on a étudié. On lit les CVs et on n'écoute pas toujours les CDs reçus. Opposition Paris/province également encore importante. Quelle solution ? Généraliser de façon systématique les candidatures anonymes et les jurys les plus variés. Mais finalement, les problèmes que je viens d'évoquer se retrouvent dans beaucoup de sphères professionnelles. Combien de français de toutes professions, surtout parmi les plus jeunes, partent tenter leur chance en Grande-Bretagne, aux USA, au Canada, parce qu'on ne leur fait pas une place en France.
D'autres problèmes sont plus liés au monde dans lequel on vit. Accélération vertigineuse des cultures et des consommations de masse, peu d'intérêt pour l'expression des voix minoritaires, indifférence grandissante - sinon mépris - pour tout ce qui serait de l'ordre de la pensée et d'une réflexion critique (scientifique, artistique, historique, philosophique, etc.) souvent qualifiées de naïves ou d’idéalistes par les pouvoirs politiques et financiers. Ceux-ci préfèrent encourager un abêtissement progressif de masse (Star Ac', télés réalité). Outil de contrôle efficace... Veut-on inciter les individus à réfléchir ou à devenir de parfaits petits consommateurs dociles ? A méditer.
La culture pour tous, on l'a souvent dit - mais manifestement, le message ne passe pas -, cela ne veut pas dire la tirer vers le bas. Cela ne veut pas dire non plus que l’espace accordé à des artistes jugés insuffisamment connus du plus grand nombre soit progressivement réduit de façon inquiétante. Les oeuvres innovantes, complexes, exploratrices de nouvelles voies sont quelquefois difficilement accessibles. Deleuze, Lacan, Foucault, Michel Butor, cela demande des efforts. Cela m'a demandé des efforts, mais ces efforts étaient tellement passionnants et enrichissants. La techno expérimentale, le jazz expérimental, le noise, Xenakis, etc., toutes ces musiques ne se déposent pas et ne veulent pas se déposer dans nos oreilles en vague fond sonore (ce qu'on entend dans les supermarchés).
Alors, quelle solution ? Renforcer encore et toujours l'éducation artistique par l'école et des émissions télévisées plus fréquentes. C’est encore essentiellement grâce à cette dernière que bien des gens entrevoient le monde qui les entoure. Cesser de proposer des programmes qui partent du pré-supposé que la population se repaît uniquement de télé-réalité et d'émissions de variétés. Présenter régulièrement les formes les plus créatrices des XXème et XXIème siècles afin qu'elles soient mieux comprises. Ceci dépend presque totalement des politiques culturelles et éducatives mises en place par l'Etat.
Mais que connaissent les responsables politiques actuels de la création ? On est en droit de s’interroger...

Fabien Lévy a dit…

A Clara (et les autres),

Moi, ce qui m'intéresse, c'est que la bonne musique, quelque soit son genre (et surtout si elle est subversive par rapport à un genre) soit soutenue. Soutenue contre les modes, les paresses, le marché, les petites chapelles, ou toute hétéronomie (qui peut être la mode ou tout autant le snobisme -lire Bourdieu et Benedetto Croce si on cherche des références intellos...).

Ca n'a rien à voir avec le fait que la musique soit écrite ou non, qu'elle soit interpretée par tel ou tel musicien de formation classique, qu'elle puisse être programmée dans tel ou tel festival.

Je pense (ou j'espère) que vous êtes d'accord avec ce fait, mais votre texte fait croire que vous vous trompez de combat (j'ai vu des réactions scandalisées chez les musicologues de la Sorbonne, et maintenant une pétition des musiciens de musiques actuelles: bref vous vous mettez des gens à dos qui auraient pu nous soutenir).

Je préfère continuer à témoigner mon désaccord pour notre intéret suprême de défense de l'audace, et je continue à soutenir que je préfère un bon musicien de jazz ou de techno à la Villa Medicis, qu'un musicien médiocre de "musique contemporaine", qui répète des choses éculées, et vice et versa.

Le seul risque que je reconnais, en ces temps de crise de l'esthétique et de jugements hétéronomes, est que ce qui sort de différents "ordinaires" (pas assez commercial, pas assez jazz, pas assez contemporain, pas assez classique, pas assez tonal, ou pas assez complexe, ou pas assez bruitiste), ne soit pas soutenu par des gens qui préfèrent des chapelles à l'écoute.

Ne nous trompons donc pas de combat.

Amicalement tout de même

Fabien
(pensionnaire Villa Medicis 2003 pour ceux qui ne le savent pas, et compositeur et professeur de composition parait-il de "musique contemporaine").

Jean-Louis a dit…

Je suis triste, j'avais un peu annoncé la couleur dans de nombreux échanges, il faut commencer par argumenter sur les conditions de nomination et les éventuelles pressions politiques avant d'entrer dans le "musique contemporaine Vs. musique actuelle" qui bat son plein et qui ne va profiter à personne sauf à ceux qui ont provoqué cette affaire (j'ai cité des noms, relisez).
Jean-Louis Agobet
Compositeur, pensionnaire Villa Médicis 96-98
Professeur de composition au CRR de Caen

Benjamin Renaud a dit…

(À Jean-Louis Agobet :)

où avez-vous vu qu'il y avait une guerre qui battait son plein ? S'il y a guerre, les musiciens « contemporains » sont les seuls à y être, et la réponse que nous avons faite ne provient pas de « musiciens des musiques actuelles », mais de gens de tous horizons... Et elle ne vise pas à la guerre, mais précisément à la paix. Vous avez donc raison, cher Jean-Louis : s'il est avéré qu'il y a eu des problèmes dans la procédure (je parle bien de « problème avérés », parce que des « pressions », ça ne veut pas dire grand-chose...), vous auriez dû tous vous battre sur ce point-là. Ce n'est malheureusement pas, pas du tout, ce qui ressort de cette pétition... Et c'est pourquoi nous avons réagi.

C'est bien parce que nous aussi aimons la musique contemporaine que nous nous attristons quand elle donne cette image.

bien cordialement,

Benjamin Renaud
université Paris 8
http://www.tache-aveugle.net/

Jean-Louis a dit…

@Benjamin Renaud

Je ne parle pas de guerre mais de mise en concurrence, là où il n'y a pas concurrence possible ! j'ai signé la lettre car j'y retrouve certaines choses mais d'autres me semble TRES maladroites.
Concernant les pressions je ne reviens pas sur mes déclarations précédentes j'ai été parfaitement précis sur le sujet.
Cordialement

Jean-Louis Agobet

Benjamin Renaud a dit…

@Jean-Louis
je n'avais pas vu votre premier commentaire (en effet précis !), je le découvre. Mais du coup je ne comprends pas bien : on ne peut pas reprocher à Laurent Bayle d'avoir exercé une influence sur la décision, dès lors qu'il est membre du jury... c'est son boulot, non ? — Après, s'il faut lui reprocher ses amitiés... moi je n'en sais rien, et à vrai dire je m'en fiche pas mal. Je m'y connais plus en musique qu'en intrigues culturello-politico-institutionnelles. Mais encore une fois ce n'est pas de ça que parle la pétition, et ce n'est pas sur ça que nous avons bien dû réagir...

Bref, bref : une chose qui est inquiétante, dans cette histoire, c'est voir le nombre de gens prêts à signer une pétition sans se reconnaître beaucoup dans ses termes et formulations ; une chose qui est rassurante, par contre, c'est de voir que finalement pas grand-monde qui a signé cette pétition ne l'a fait en s'y reconnaissant. C'est déjà ça, vous me direz... Mais je m'étonne quand même de la légèreté avec laquelle contresignent des gens qui se réclament de l'écriture, non ?

bien cordialement à tous,
B.

Clara Maïda a dit…

Cher Benjamin,

Vous semblez vouloir ignorer que la cible n’était pas les musiques actuelles, quelles qu’elles soient. Combien de fois devrons-nous répéter que nous en écoutons tout autant que vous et que, non, nous ne les méconnaissons pas ? Je répète que je viens autant de la musique classique que du rock alternatif. D’autres viennent du jazz, ou de genres musicaux divers. Certains nous accusent de mépris. Mais n’est-ce pas mépris et ignorance de votre part de donner à entendre que nous ne connaîtrions - qui sait ? – qu’une seule musique ? Cela donne à sourire et c’est surtout un cliché que l’on entend souvent.
Vous n'entendez pas que le choix de ces deux artistes n’est pas un problème lié à leur qualité artistique. Là n‘est absolument pas la question. Oui, la lettre est sans doute mal formulée. C’est l’inconvénient de rédiger un document à plusieurs. Aucun ne s’y retrouve entièrement. Le problème qui se pose est que des structures destinées à tel ou tel genre de musique ont été créées. On peut critiquer ce cloisonnement des institutions, mais c’est un fait. Certaines accueillent exclusivement des musiciens de jazz, de musique improvisée, de rock ou de musiques du monde, etc. D’autres accueillent exclusivement des musiciens qualifiés de « contemporains ». On peut trouver cette qualification discutable, tout autant que celle de rock, de jazz, etc. surtout à une époque où les genres opèrent des croisements toujours plus nombreux. Mais il se trouve que les structures et les classifications évoluent plus lentement que les genres musicaux. Or, aujourd’hui, de plus en plus de structures qui, jusqu’ici accueillaient exclusivement des compositeurs qualifiés de « contemporains » s’ouvrent et accueillent des musiciens qualifiés d’« actuels » (et la Villa Médicis est seulement un exemple parmi tant d’autres). Vous me direz : « la belle affaire ! ». Nous serions tout à fait d’accord avec vous ! Nous serions même ravis, justement, qu’une telle diversité dépasse les catégories si nous pouvions voir cette ouverture s’exercer dans l’autre sens.
Or, pouvez-vous nous nommer des festivals de rock, de jazz, de chanson qui invitent des compositeurs de musique contemporaine à être joués ? Connaissez-vous des lieux de résidence ou des structures accueillant habituellement les musiques « actuelles » et qui s'ouvrent tout d'un coup à des compositeurs de musique « contemporaine » ? Cela ne me semble pas fréquent. Alors, cette ouverture unidirectionnelle engendre une situation qui nous défavorise toujours plus. Notre appel adressé aux politiques est donc un cri d’alarme. Oui, nous tous, musiciens et artistes en général, sommes dans une situation de plus en plus précaire. Nous avons des conditions de travail de plus en plus difficiles, des espaces d’expression de plus en plus raréfiés. Et à l’intérieur de cet espace artistique graduellement rétréci, la musique « contemporaine », qui est souvent considérée avec suspicion par beaucoup, est asphyxiée et peine de plus en plus à se faire entendre. Si nous prenions un exemple plus large, à l’échelle d’une population, nous pourrions dire que dans une dictature de la conformité, toutes les minorités sont mises à mal. Mais il arrive aussi que certaines soient plus malmenées que d’autres. C’est l’impression que nous avons (peut-être à tort, me direz-vous ?) mais une fois de plus, ce cri de colère était dirigé non pas vers les autres minorités mais vers un pouvoir qui enferme certains groupes dans un espace spécifique tout en accordant à d’autres une mobilité un peu (seulement un peu...) plus grande. Déterritorialisations ? Oui, mille fois oui ! Je n’aime pas les frontières. Mais alors, luttons ensemble pour que les flux circulent dans toutes les directions !

R.Cendo a dit…

Je crois qu’il y a une confusion générale au sujet de cette lettre (à laquelle j’ai participé) et qui a au moins le mérite de faire surgir le débat.

Certaines attaques sur ce blog me laissent terriblement sceptique lorsque je lis la pauvreté d’analyse de la situation et la mauvaise foi de certains d’entre vous. Nous faire passer pour des incultes en matière de musique de scène, c’est l’attaque la plus misérable que je n’ai jamais entendue. Beaucoup d’entre nous viennent justement de ces musiques, nous en avons joué, nous les connaissons, nous les analysons et….nous les intégrons à notre musique depuis longtemps.

Certains, pour seule riposte, nous traitent de corporatistes ? Se sont les mêmes qui, hier, nous traitaient d’individualistes.

On nous jette à la figure notre soi-disant fermeture (et méconnaissance !!!!!!) pour les autres musiques ? Les festivals de musiques contemporaines, les conservatoires, les ensembles contemporains, les compositeurs contemporains eux-mêmes, je me répète, ne cessent de faire des ponts avec TOUTES les musiques. Qu’en est-il des festivals de musique de scène ? A quand Boulez à la Rochelle, Grisey au festival de Jazz de Montreux, Varese au printemps de Bourges ?

Avez-vous aussi oublié (pour ceux qui nous attaquent sur notre soi-disant inculture) lorsque Boulez dirigeait et enregistrait Zappa ?

Non, nous n’avons rien contre vous, nous sommes avec toutes les musiques, le problème n’est pas là.

Mais notre territoire se rétracte comme une peau de chagrin, ce territoire qui justement permet de faire vivre notre musique. Lorsque un espace de liberté est attaqué quelque soit le domaine, ce sont tous les acteurs de la culture qui en pâtissent, car nous défendons au-delà de nos pratiques des idées communes qui font de nous les acteurs de notre temps.

La Villa Medicis reste un des rares endroits, encore, a accueillir des compositeurs de tradition « classique » pour leur permettre non pas seulement de produire, mais aussi de réfléchir sur leur pratique. Cette résidence, est un moment unique. Je ne dis en aucun cas que nous seuls pouvons y résider, mais nous écarter de la sorte, affaiblit terriblement nos forces et pose une nouvelle fois la question de notre avenir.

La solution serait que l’état multiplie ces résidences au lieu d’en écraser certaines au profit des autres.

Aujourd’hui, l’injonction du pouvoir est d’affaiblir une musique que l’on ne connaît plus, que l’on a marginalisée et qui du même coup apparaît comme encombrante et inutile. C’est de cela dont il s’agit.

Et pourtant, croyez-moi, la musique contemporaine n’a jamais était aussi inventive et pertinente qu’aujourd’hui.

La contre-pétition que j’ai lue fait, certainement sans le vouloir, le jeu du pouvoir. Elle divise et donne raison à ceux qui veulent en découdre avec notre musique. Ce jeu de la division, nous n’en sommes pas responsables. Ceux qui aujourd’hui nous accusent d’en être pourtant les investigateurs, se font le porte drapeau d’un état qui considère les artistes comme des marchandises. Aujourd’hui c’est nous qui sommes attaqués, et demain ?

Cette lettre n’est pas un combat contre les musiques actuelles - EN AUCUN CAS – mais contre la censure que l’on nous administre – a tous - un peu plus chaque jour.

Raphaël Cendo, compositeur, pensionnaire à la Villa Medicis.

GJ a dit…

Les raccourcis simplistes et caricaturaux utilisés dans la lettre (ou dans la plupart des commentaires) prouvent, au choix, l’ignorance, le mépris ou le machiavélisme de ses auteurs et signataires. Elle a néanmoins le mérite de mettre en lumière les comportements et modes de pensée du pouvoir oligarchique dominant les politiques et les grandes institutions culturelles depuis cinquante ans. L’amalgame établi entre musiques actuelles, commerce, pauvreté artistique, divertissement, loisirs, massification des modes de vie et industries culturelles est édifiant. Il permet de légitimer une vision bipolaire – ce qui est Art / ce qui n’est pas Art – et de négliger toutes les dimensions des réalités sociale, artistique et culturelle. Il permet, en outre, de se recroqueviller derrière la défense de la création artistique (sauvons la Culture !) et d’une démocratisation culturelle à bout de souffle afin de protéger acquis et prés carrés.
Le rock et le rap dans les caves, la musique contemporaine à la Villa Médicis ! L’histoire ne dit pas (ou le dit peut-être trop bien) quels êtres surhumains (généralement dénommés « experts ») ont miraculeusement développé cette faculté de discernement leur permettant de proférer des jugements universels sur la qualité de la création artistique et la hiérarchisation des champs artistiques les uns par rapport aux autres. Pour en revenir à la question des musiques dites actuelles, il s’agit d’une appellation fourre-tout qui n’est en rien représentative des réalités des musiques et des pratiques artistiques qu’elle englobe. Dans leur très grande majorité, les musiques dites actuelles ne sont pas celles produites par et pour les industries culturelles et mass-médias, ce sont celles qui sont jouées, écoutées et appréciées par des millions de françaises et français de tous âges et milieux sociaux. De très nombreuses et variées initiatives participent à la vie, au développement et à la pratique de ces musiques. Sur les bases de la diversité culturelle (au sens de l’UNESCO), ces initiatives sont volontaires afin d’analyser, évaluer, améliorer et développer leurs actions en faveur de l’intérêt général ; jouent un rôle aux niveaux territorial, culturel, artistique, social, jeunesse, éducatif, économique ou de la santé publique ; ne se cantonnent pas à un champ d’action et privilégient au contraire la couverture de nombreux champs d’actions (diffusion, création, accompagnement, ressources, enseignements, action culturelle, éducation populaire…) ; sont souvent les partenaires privilégiés d’acteurs culturels, sociaux, éducatifs ou institutionnels ; favorisent les mixités sociales ou générationnelles ; soutiennent les pratiques artistiques et culturelles et les initiatives citoyennes.
Concernant le soutien des pouvoirs publics aux musiques dites actuelles, il est marginal dans tous les budgets que ce soit ceux de l’Etat ou ceux des collectivités territoriales ! Pourtant ce soutien est justement vital afin de lutter contre la marchandisation de la musique, l’uniformisation musicale et les concentrations.

Anonyme a dit…

Cette pétition me rend encore plus inquiet pour la création musicale - mais pas pour les mêmes raisons.



Ecoutez : Malik est un compositeur et improvisateur plus qu'inventif, qui crée et renouvelle son langage dans et hors du jazz, sans concessions ; son projet avec les arts numériques (Gilbert Nouno) a toute sa place évidemment.
Musiques actuelles ? hah hah
Jazzman déjà assez subventionné ? hah hah
Industrie ? hah hah

Qui a peur de qui ?

Hubert Dupont
musicien, compositeur, producteur

Benjamin Renaud a dit…

chère Clara, cher Raphaël,

je suis ravi de savoir que vous connaissez si bien ces autres musiques — si vous le dites. Certaines formulations, dans votre pétition, pouvaient faire accroire le contraire : mais c'est sans doute dû à cette rédaction « à plusieurs » ? Essayez simplement de comprendre que, du côté de ces autres musiques, on a pu prendre votre texte comme une attaque, oui, et injuste. Tant mieux si tel n'était pas votre but (je ne doute pas un instant de votre sincérité, je vous l'ai écrit dès mon premier commentaire sur ce blog). Mais tout ceci est alors d'autant plus triste, non ?...

Je suis un homme d'écriture (un universitaire), vous savez — je signe ce que j'écris, et je fais attention à ce que je signe ou contre-signe. Mais du coup, même si je me rassure en apprenant que vos intentions sont bonnes, je m'inquiète qu'un tel texte les transcrive aussi mal. C'est à ce texte que nous avons répondu, en en appelant justement aux gens dont les intentions sont bonnes pour qu'ils évitent de laisser ces bonnes intentions se trahir dans des approximations : mais c'est sans doute, là encore, dû à cette rédaction « à plusieurs » ?...

Quant à l'autre débat que vous soulevez : même si j'ai quelques idées là-dessus, je n'ai pas l'intention de vous répondre, vous dire là où je pense que vous avez raison et là où je pense que vous vous trompez, justement parce que je n'ai que cela, « quelques idées », mais pas de réelle expertise à ce sujet : mon travail d'universitaire ne concerne pas la vie des institutions culturelles en France mais, entre autres choses, l'analyse des discours esthétiques, en particulier au sujet de musiques comme le jazz. L'analyse de votre texte, par exemple : là je suis à mon affaire, là je crois savoir de quoi je parle. Assez pour le dire, l'écrire, le signer — en mon nom.

Alors ok, j'essaierai d'éviter peut-être, désormais, de vous trouver l'excuse d'une connaissance partielle des musiques autres que la vôtre (moi je revendique connaissance partielle de toute musique, y compris celle dont je suis censé être « spécialiste »). Mais la rédaction à plusieurs, non, pardon, ça ne tient pas comme excuse : ou bien vous avez signé, ou bien vous n'avez pas signé — ce genre de responsabilités ne se partage pas, il faut l'assumer pleine et entière. Ça s'appelle écrire, justement.

Nous somme, tous, c'est-à-dire vous aussi je le sais, pour la défense de toutes les musiques inventives, et c'est finalement ça qui compte. Le reste, on l'aura bientôt oublié. Oubliez aussi vos fétiches, dites-vous qu'ils avaient manqué Ravel, déjà, à la Villa...

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de soirée, le plus sincèrement du monde.

B.

p.-s. : « jeu du pouvoir », « division »... ? vous êtes décidément impayables !
Et non, nous vous l'avons dit, ce n'est pas une « contre-pétition », pas même un « contre »-texte, non, rien de « contre ». Vraiment.

F Bon a dit…

bien lu les 52 commentaires qui précèdent, et ça rassure un peu, compte tenu de la maladresse de cette pétition qui nous est tombée dessus comme une douche très froide : la capacité encore de discuter et réagir

mais, là à Québec c'est le soir, j'ai écrit mon billet tôt ce matin,
rien à enlever ni corriger à

http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2165

l'oeil malin de Scelsi, que je vois encore déambuler dans la Villa, ne sera pas troublé par l'invitation faite à Malik, mathématicien et musicien

François Bon, ancien pensionnaire villa Médicis, 1984-1985

hurel a dit…

Cher Benjamin Renaud,

Depuis que je compose, depuis 30 ans donc, j'entends dire que les compositeurs de musique contemporaine sont intolérants, qu'ils sont dans leur tour d'ivoire, qu'ils méprisent les autres musiques. Depuis 30 ans , je reçois des recommandations de toutes parts qui vont toutes dans le même sens, l'ouverture.

Mais comment un compositeur de musique dite contemporaine pourrait-il être intolérant ou sectaire alors que l'espace public qu'il occupe est quasi inexistant ? Quel pouvoir a-t-il pour exercer sa soi-disant intolérance ? Tous les lieux publics ou les espaces de diffusion sont envahis par les musiques actuelles : la télévision, la radio, la salle de cinema, la salle de théâtre, le restaurant, le métro, l'aéroport, le parking, le salon de coiffure, le magasin de chaussures, la salle d'attente du médecin, l'école même… Comment échapper aux musiques actuelles et les ignorer ?

Dans le même temps, notre ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, demande dans les grands quotidiens qu'il y ait encore plus de chanson française à la télévision - est-ce possible ? - , le gouvernement Sarkozy envoie Olivia Ruiz au pavillon français à Shanghai, dépêche Jane Birkin et MC Solaar comme soutiens aux personnes persécutées en Géorgie et multiplie les grandes messes populaires dont les prêtres sont encore les chanteurs de musiques actuelles. Nous taxer d'intolérance et de sectarisme quand chaque manifestation ayant trait au « politique » convoque un chanteur de musiques actuelles, c'est totalement inadmissible. Quel espace reste-t-il à ceux qui sont communément appelés les compositeurs de musique contemporaine ? On leur reproche d'être dans un ghetto, en vérité on les y enferme volontairement en les privant de l'espace public qu'ils pourraient occuper.

La Villa Médicis restait l'un de ces derniers lieux où les compositeurs pouvaient, loin de l'agitation et du consumérisme, travailler à quelque chose qui ne rapporte rien à court terme, ni sur le plan politique ni sur le plan commercial.
Le texte que nous avons écrit à plusieurs - imaginez la difficulté de cet exercice - ne visait pas les musiciens de musiques actuelles qui partiront cette année. Son but était de pointer du doigt ce problème de déséquilibre entre la place tenue par les musiques actuelles et celle qu'occupe la musique contemporaine. Il faut rappeler que parmi les quatre compositeurs préselectionnés par les « rapporteurs » du concours, un seul seulement a été finalement retenu : le « grand jury » dans lequel ne figurait aucun musicien – la seule personne représentant la musique était un programmateur institutionnel – a donc choisi, sans tenir compte de l 'avis des rapporteurs, deux dossiers qui n'avaient pas été retenus par ces derniers, celui de Claire Diterzi et celui de Malik Mezzadri/Gilbert Nouno. Le jury a imposé son choix, sans discussion préalable avec qui que ce soit : une nouvelle orientation de la Villa, l'entrée des musiques actuelles.
Bel exemple de l'esprit démocratique qui caractérise notre actuel gouvernement…

Philippe Hurel

(suite du texte ci-dessous)

hurel a dit…

(suite du texte hurel précédent)

Le gouvernement Sarkozy, soucieux de réformer, a l'habitude de ce type de méthode : imposer la nouvelle règle de manière non démocratique et mettre les citoyens devant le fait accompli. L'exemple de la Villa est symptomatique de ce qui se passe dans les autres domaines : suppression des emplois des fonctionnaires, précarité des chercheurs, des éducateurs, affaiblissement de la santé publique, collectif budgétaire sur les aides à al culture, etc…

La seule crise n'explique pas tout cela.

Devant cette situation, nous avons réagi à chaud et notre texte n'exprime pas la colère qui nous a envahis devant ce que l'on peut appeler le fait du prince.
En aucune manière nous n'avons voulu blesser les musiciens de musiques actuelles nommés par le jury et le procès que vous nous faites, non pas d'intolérance cette fois mais d'inculture, est tout simplement inacceptable. Personnellement, et à l'instar de beaucoup de mes camarades, je suis un « fendu » de jazz et connaissant plutôt bien les jazzmen français - Julien Lourau par exemple, pour ne citer que lui - j'ai apprécié le talent de Malik Mezzadri bien avant cette triste « affaire » de la Villa. Dire que le niveau du jazz français est très élevé serait une lapalissade, tout le monde le sait et c'est pour cette raison d'ailleurs qu'il est, comme la musique contemporaine de notre pays, exporté avec succès. Voila deux musiques savantes qui sont très actives sur notre territoire. Vous aurez compris mon attachement au jazz que je fréquente assidument et que j'ai pratiqué en amateur, dès l'adolescence, en découvrant Coltrane qui reste pour moi l'un des musiciens importants du siècle dernier. Pour information, l'une de mes dernières pièces, Step, est dédiée à Michael Brecker qui me manque beaucoup.

Pour autant, je ne suis pas favorable à l'ouverture aux musiques actuelles à la Villa Médicis. Lorsqu'il y a deux ou trois ans, Jimi Hendrix a été mis au programme de l'option bac musique, je me suis réjouis et j'ai pensé naïvement que cette ouverture était un pas en avant. Les compositeurs de musique contemporaine étaient alors aussi au programme de ce même bac. Mais après cette ouverture, habillement orchestrée par nos bureaucrates (Jimi Hendrix est inclassable), dès 2009, ce sont la chanson française et la musique de film qui ont remplacé les musiques minoritaires comme le jazz et la musique contemporaine et la musique « savante » n'était plus représentée que par Mozart.
Quelle ouverture !!!

(suite texte ci-dessous)

hurel a dit…

(texte Hurel suite et fin)

En ouvrant la Villa Médicis aux musiques actuelles, la musique contemporaine disparaîtra à très court terme et le jazz dans la foulée, car toutes deux sont des musiques savantes, difficiles, exigeantes, qui n'intéressent pas l'Etat. De plus, elle ne sont pas rentables, à de rares exceptions près.
Par ailleurs, la Villa Médicis n'est pas le système idéal de soutien aux musiciens qui jouent eux-mêmes leur propre musique sur scène, ce qui n'est pas le cas des compositeurs. Ils sont enfermés des jours entiers pour écrire des œuvres qu'ils ne dirigeront même pas, les institutions ne leur en donnant que rarement l'occasion.

Vous me trouverez encore intolérant j'imagine ; mais que diriez-vous si, demain, on nommait de manière autoritaire un compositeur à la tête de l'orchestre national du jazz pour y faire jouer sa musique pendant deux ans. Tout le monde du jazz se rebifferait et ne voudrait pas de cette ouverture, à juste titre sans doute. Créer des passerelles entre nos musiques, c'est une chose, penser que les mêmes institutions sont à même de les soutenir, c'en est une autre. C'est surtout faire preuve d'une grande naïveté car ces musiques ont des spécificités qui requièrent des dispositifs différents.
Plutôt que de nous diviser, unissons nos efforts pour que les musiques minoritaires et exigeantes continuent d'exister dans un pays où le gouvernement s'acharne à éradiquer tout ce qui n'est pas rentable politiquement et financièrement. Si nous ne le faisons pas, nous serons les dindons de la farce et nous aurons perdu le peu de place qui nous restait dans l'espace public.


Philippe Hurel

Benjamin Renaud a dit…

cher Philippe Hurel,

vous prenez le temps de me répondre longuement, et je dois m'excuser de n'avoir celui que d'un mot ou deux. Vous voudrez bien croire que ce n'est pas par manque d'intérêt pour ce que vous dites.

« Intolérance », « sectarisme » : vous ne trouverez pas ces mots (ou leurs équivalents) ni dans le texte que nous avons co-signé, ni dans aucun des commentaires signés de mon seul nom ci-dessus. Personne ne cherche à faire de procès d'« inculture » à qui que ce soit : au contraire, nous nous sommes beaucoup étonnés de certaines signatures, connaissant leurs parcours. Il n'y a aucune « attaque » de notre côté, je vous assure, relisez... Tout au plus un reproche peut-être, oui, un reproche amical mais ferme, ou ferme mais amicale, comme vous voudrez : amical et ferme.

« Inacceptable » (je reprends votre mot), dans sa forme et dans ses termes, c'est exactement tel que nous a paru votre texte (que nous n'avons jamais confondu ni avec ses rédacteurs, ni avec ses signataires, croyez-le). Il nous a fallu le dire. Pourquoi ? Pour ceci, je vous cite : « Plutôt que de nous diviser, unissons nos efforts pour que les musiques minoritaires et exigeantes continuent d'exister dans un pays où le gouvernement s'acharne à éradiquer tout ce qui n'est pas rentable politiquement et financièrement. » — Enfin ! Je contre-signe avec très grand plaisir cette phrase... C'est exactement pour ça que nous avons voulu prendre la parole.

(Sur les modalités grâce auxquelles nous pourrons rendre efficaces ces efforts conjoints, nous aurons peut-être encore quelques débats, c'est bien normal, non ? Mais ce n'est pas grave, dès lors que ces débats seront amicaux.)

Sur le reste de vos arguments, je ne peux vous répondre maintenant, c'est un tellement long débat... long et surtout difficile, convenez-en. On ne le règlera pas dans l'espace de ces marges. Et encore une fois : il ne relève pas de mes compétences directes, et je n'aime pas m'avancer sur ce que je ne peux précisément prouver, sur ce que je maîtrise qu'à demi (c'est mon côté « scientifique », universitaire, pardon). Je passe mon tour, non pas par naïveté, ni pour me défausser de responsabilités. Il vous faudra un autre interlocuteur, ou que nous prenions le temps, vraiment le temps : peut-être une autre fois, qui sait ?

très cordialement,
content en tout cas que le débat avance un peu (mais quel gâchis pour en arriver là...),

Benjamin Renaud

p.-s. : je ne me souviens pas d'avoir entendu Malik à la télévision, ni au cinéma ou au théâtre, au restaurant, dans le métro ou l'aéroport, pas non plus dans un parking, chez mon coiffeur ou mon médecin, j'achète peu de chaussures et je ne vais plus à l'école. Quant aux radios que j'écoute (F Culture surtout, F Musique parfois) : vous voulez faire les comptes, vraiment ?... Encore une fois, ces amalgames, avouez-le, pourraient laisser croire à une connaissance trop lointaine de ces musiques ; tant mieux s'il n'en est rien...

futurscomposés a dit…

La création musicale est en danger.
Ne la divisons pas.

Il nous faut un peu solennellement rappeler à propos des nominations de Claire Diterzi et de Malik Mezzadri à la Villa Médicis que Futurs Composés, depuis ses origines, est un réseau qui fédère les artistes et les acteurs de la vie musicale pratiquant leur art à travers toutes sortes d’esthétiques.
Pour cette raison, jamais nous n’opposerons les musiques savantes aux musiques populaires, les musiques de l’écriture à celles de l’improvisation ou de l’oralité.
Jamais nous ne hiérarchiserons les musiques en fonction de leurs financements qu’ils viennent de l’industrie ou du secteur subventionné.
Il nous semble donc musicalement et politiquement dangereux de partager le monde de la création musicale à l’aune de ces deux critères qui, du fait de l’évolution des esthétiques, des technologies, des moyens de production et de diffusion, sont justement en train de muter.
Seule l’unité, respectueuse des différences et des talents, doit être la force qui nous rassemble.
Nous continuons à penser au-delà de la question de la villa Médicis, qu’il existe une grande pénurie des lieux de résidences et d’élaboration artistique, que l’Etat manque de projet clair dans notre secteur d’activités et que les décisions concernant les moyens accordés aux uns et aux autres ont le devoir d’être plus explicites.
N’oublions pas l’assèchement grave du financement des politiques éducatives et toutes les amputations budgétaires qui fragilisent la création.

Ne faisons pas perdre à ces revendications légitimes et communes, leur force et leur pertinence en les enfermant dans un débat « de chapelle » qui pourrait laisser penser que les acquis des uns se font au détriment des avantages des autres.
Les conditions de l’exercice de notre art sont tellement difficiles pour tous, tout genres confondus, que ce type de polémique risque plus de nuire que de servir.
Réclamons plutôt une lisibilité dans les décisions, une transparence dans les choix et un soutien affirmé à la création.
Loin de défendre des avantages acquis, nous sommes avant tout au service du public et nous voulons justement qu’il soit fait un usage clair de l’argent public.

Futurs Composés
Réseau national de la création musicale
contact(at)futurscomposes(p)com
www.futurscomposes.com

sclavis a dit…

bonjour l'ambiance!!..chères amis compositeurs de musique contemporaine . vous n'avez pas meilleurs connaisseurs, amateurs,voir défenseurs de votre musique que les musiciens de musiques dites "improvisées,nouvelles,ect.."et à une époque ou les rencontres de tous ces domaines musicaux (en rajoutant les recherches sur l'informatique les programmes interactifs)font partie d'une pratique courante et de plus en plus fructueuse vous engagez une dénonciation basée sur des données fausses,vous faites aussi un amalgame entre une certaine musique et l'argent qui démontre une grave méconnaissance du terrain musicale en france aujourd'hui.(le pratiquant depuis 40 ans je sais de quoi je parle) vous vous prenez les pieds dans votre partition,et vous vous trompez de combat.d'ailleurs en lisant la liste des signataires j'ai du mal à voir la cohérence politique de cette pétition et connaissant le parcours de certains je les trouve gonflés de signer ce texte,ou alors ils l'on mal lu.réclamons une politique de la culture conséquente et en particulier pour nous une nouvelle politique pour la musique(il n'y en a pas eu depuis 20 ans)battons nous ensemble pour la création, mais de grâce sortons de ce climat inquisiteur et bien pourri.promis!j'vous piquerai pas vos notes,quoi que... et puis j'aime beaucoup la musique de ceux d'entre vous que je connais.frappons le pouvoir pas les musiciens. contrairement à une idée reçu,même dans la musique contemporaine les fausses notes s'entendent,la preuve, votre pétition bien naze.amicalement Louis Sclavis

Jean-Pierre Bauret a dit…

Louis Sclavis, je vous admire de tout mon coeur. Mais vous ne comprenez donc pas que par délicatesse humaine, le fond du problème n'est pas tout à fait abordé? La nomination de Malik Mezzadri, à elle seule, n'aurait pas fait un pli, pas une plainte, pas plus que le concert de Steve Coleman au dernier festival Musica, ou celui d'Aka Moon au dernier Agora. Qui s'en est plaint?
Vous attendez vraiment qu'on accable la pauvre Claire Diterzi? Mais s'il est vrai que Murail et Diterzi se retrouvent sous la même désignation de "musiques inventives", soudain le sol se dérobe, et plus rien ne veut rien dire.
Il y a des nazes, oui, qui ont traité Malik de marchand de savon, et ils se sont déshonorés.
Un autre, sur le site de "tache aveugle", a dénoncé le racisme des pétitionnaires, et s'est déshonoré tout autant.
Quel gâchis, oui, mais quel piège! - JPB

sophie a dit…

posté également sur FB ce soir:

Forcément, François Bon, c'est un beau texte.
Je ne suis pas notable, je ne me crois pas arrogante, mais je grogne. Et finalement le débat avance. Depuis le texte de Manoury qui est cité (le 8), d'autres commentaires affluent. C'est ce qui m'intéresse ici. Continuons, intelligemment et salutations!

sophie deshayes a dit…

+ précisions

Forcément, François Bon, c'est un beau texte.(le tiers livre)
Je ne suis pas notable, je ne me crois pas arrogante, mais je grogne. Et finalement le débat avance. Depuis le texte de Manoury qui est cité (le 8 juin), d'autres commentaires affluent. C'est ce qui m'intéresse ici. Continuons, intelligemment et salutations!

F Bon a dit…

dont acte, chère Sophie – mais le syndrome est trop fort dans la littérature canonique officielle, celle des jurys, des prix, des magouilles et services d'état (voir le train vodka en ce moment) pour ne pas me souvenir très précisément de mon année Villa (il y avait Daniel Tosi et Brigitte Giraud, ils s'étaient impliqués à fond dans cette redécouverte de Scelsi), et pour moi hors de question supporter cette mise en cause de Malik au nom d'une orthodoxie puante du contemporain et ses soi-disant lieux de privilège avec garantie d'État

F Bon a dit…

pardon, écrit trop vite, il s'agissait de Suzanne Giraud bien sûr (Brigitte G existe aussi, elle écrit des livres) et je constate régulièrement via Face Book comment Suzanne G s'attache elle aussi en permanence aux usages extrêmes des instruments – je retire aussi l'adjectif "orthodoxie puante", désolé j'ai vraiment écrit à la va vite, cette discussion a rattrapé déjà ce qu'il y avait d'inacceptable dans la "pétition" initiale

liens vers cette discussion ajouté à
http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2165

F Bon a dit…

Lu dans le Monde, déclaration de Hugues Dufour comparant Malik à un peintre de la butte Montmartre, moi là je ne discute plus – c'est bien la preuve que sous cette pétition il se joue vraiment des idées gravement réactionnaires, qui font honte à toute nos professions confondues – je mets l'article en entier...

Le 3 juin, le ministère de la culture a révélé les noms des heureux créateurs qui vont devenir, pour un an, pensionnaires de la Villa Médicis à Rome. Ils seront sur place à partir d'octobre 2010 ou d'avril 2011. Ces artistes, écrivains, designers, cinéastes ou musiciens sont logés - et rémunérés - aux frais de l'Etat français dans un cadre paradisiaque, afin de créer dans les meilleures conditions. D'illustres compositeurs sont passés par cette Académie de France à Rome : Berlioz, Debussy ou Henri Dutilleux. Ils étaient alors sélectionnés sur concours. Ils étaient jugés sur l'écriture d'une fugue, d'un choeur et d'une cantate, qu'ils devaient écrire sur le lieu-même du concours.
dans

Les choses ont changé. Depuis 1968, les candidats sont choisis sur dossier. En 2010, pour la première fois, des musiciens échappent à ce qu'on appelle la musique "savante" ou contemporaine : la chanteuse pop Claire Diterzi, et le flûtiste et jazzman Malik Mezzadri (plus connu sous le nom de Magic Malik). Ces deux noms, ou plutôt leur spécialité, ont provoqué une vive réaction dans le milieu de la musique contemporaine. De nombreux compositeurs voient dans cette ouverture aux musiques populaires la marque, indirecte, d'un manque de soutien pour eux.

Dès le 4 juin, une pétition a été lancée sur Internet (Musiques-en-vrac.blogspot.com) et une lettre ouverte a été adressée au ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, et au directeur de la Villa Médicis, Eric de Chassey. Les signataires estiment que "réduire le nombre des compositeurs de musique contemporaine porteurs de projets ambitieux et audacieux et les remplacer par des musiciens qui ont déjà un pied dans l'industrie musicale et sont dans la capacité de vivre de la scène, c'est refuser de tenir compte de la rigueur de leur travail et les traiter avec mépris".

"Peintres de Montmartre"

Interrogé par Le Monde, le compositeur Denis Dufour, qui fait référence en création électro-acoustique, se veut ironique et mordant, visant plutôt Claire Diterzi : "À quand les peintres et caricaturistes de la butte Montmartre, de la Côte d'Azur et de la place Beaubourg à la Villa Médicis ?"

Joint par téléphone, Eric de Chassey répond que le règlement de la Villa Médicis, qu'il dirige depuis septembre 2009, "ne prévoit pas de quotas de pensionnaires par discipline et que, selon les années, le nombre des musiciens varie de zéro à quatre". Il ajoute que deux autres musiciens sélectionnés, Geoffroy Drouin et Gilbert Nouno, représentent la musique savante. Il réfute donc un quelconque sacrifice d'un genre musical au profit d'un autre, et en veut pour preuve le festival Controtempo, dévolu à la musique contemporaine, qu'il a fondé dès son arrivée. La première édition a eu lieu en janvier.

Anonyme a dit…

[Denis Dufour, qui fait référence en création électro-acoustique, se veut ironique et mordant, visant plutôt Claire Diterzi : "À quand les peintres et caricaturistes de la butte Montmartre, de la Côte d'Azur et de la place Beaubourg à la Villa Médicis ?"]

F BON, c'est vrai que ce n'est pas très heureux comme formule.

Mais il ne parle vraiment, mais vraiment pas du tout de Malik. Relisez bien...

Clara Maïda a dit…

Cher François Bon,

J’ai lu certains de vos livres et je les ai aimés.
Cette pétition ne véhicule certainement pas des idées réactionnaires. Je vis ancrée dans mon temps, les yeux rivés vers le futur, incluant des influences de toutes sortes à ma musique. Les musiques arabe, soufi turque, d’Inde du Nord, que j’ai analysées et pratiquées quelque temps en ce qui concerne cette dernière, les musiques électroniques de toutes sortes car j’aime leur univers sonore, le rock alternatif, le free jazz, et j’en passe... je ne vais pas toutes les énumérer, viennent côtoyer les musiques classique et contemporaine dans mes heures d’écoute et de recherche. Navigation dans l’espace et dans le temps, dans tous les temps. Des penseurs, des écrivains, des peintres, des artistes de toutes disciplines me donnent à réfléchir et font avancer ma démarche créatrice, sans oublier certaines disciplines scientifiques, développées aux XXème et XXIème siècles, qui ont largement contribué à orienter mon écriture musicale (neuropsychologie, psychanalyse, génétique, cette dernière étant en grand bouleversement depuis environ... 25 ans seulement). Et je penche plutôt vers ces penseurs qui critiquaient déjà à leur époque le modèle de société qu’ils voyaient poindre à l’horizon et dans lequel nous vivons aujourd’hui. Deleuze, Foucault, des réactionnaires ?
Souhaiter que l’espace déjà tellement réduit dont la musique contemporaine dispose pour sa diffusion ne soit pas encore diminué serait donc réactionnaire. Souhaiter pouvoir continuer à exprimer une voix de plus en plus minoritaire dans notre société serait donc réactionnaire.
Je suggérerais donc quelque chose. Il y a quatre écrivains cette année à la Villa Médicis : Stéphane Audeguy, Bertrand Schefer, Jean-Baptiste Del Amo et Abdourahman Waberi. Et bien, deux d’entre eux devraient donc être remplacés par Claire Diterzi, puisqu’elle écrit également ses textes, et par un(e) autre auteur(e) de chansons.
Qu’en pensez-vous, vous qui avez eu le privilège de séjourner à la Villa Médicis ? Trouveriez-vous réactionnaire que les deux écrivains écartés soient en colère ou inquiets ? Et si vous aviez été l’un d’eux quand vous avez déposé votre candidature ? Ou si vous n’aviez pas envoyé de dossier (ce qui est mon cas), mais que cela vous paraissait un exemple significatif de l’absence de considération accordée à la littérature contemporaine dans notre société et une indication des choix politiques à venir (car tout est politique, il ne faut pas l’oublier) ? Leur/votre réaction serait alors bien compréhensible et n’aurait rien à voir avec la qualité des textes des deux auteurs de chansons. Elle serait uniquement basée sur le fait que ces deux écrivains écartés de la sélection ne produisent pas leurs textes sur scène et n’ont donc pas de cachet d’intermittent du spectacle, peinent certainement à exister, ont lutté pour que leurs livres soient édités, doivent sans doute vivre, comme beaucoup d’écrivains en faisant des traductions ou en enseignant. Ils auraient donc été très heureux de pouvoir consacrer leur temps, toute une année, à l’écriture d’un livre. Peu de compositeurs et peu d’écrivains ont ce privilège, une année dévouée à la seule création ! S’ils peuvent être choqués que l’on offre cette possibilité à des artistes vivant de la scène, cela n’est pas par passéisme et cela ne fait pas d’eux des réactionnaires. S’ils souhaitent être accueillis dans cette structure, ce n’est pas non plus parce qu’ils restent bloqués sur une tradition de plusieurs siècles. C’est parce qu’ils ont besoin de... manger, tout simplement, comme tout un chacun. Et comme vous le savez, la Villa Médicis est une sorte de CDD d’un an assez confortable. Cela peut être précieux dans la vie de compositeurs ou d’écrivains qui, faute de jouer eux-mêmes leur musique ou de dire eux-mêmes leurs textes sur une scène, ne peuvent pas être intermittents et sont/seront toujours dans l’obligation de pratiquer une autre profession pour gagner leur vie, profession qui ne leur assure souvent que des revenus plutôt modestes.

Clara Maïda a dit…

Cher Benjamin,

Ce texte que nous avons écrit soulève un débat de fond et beaucoup l’ont d’ailleurs entendu comme tel. Vous semblez focaliser votre attention sur le fait que les musiciens que nous évoquons font partie des musiques « actuelles » comme si c’était là le seul sujet de la lettre. Au risque de me répéter, cette lettre concerne l’espace d’expression possible pour telle ou telle musique et plus particulièrement la raréfaction d’un espace disponible pour les musiques contemporaines.
« Oubliez tous vos fétiches ». Cette phrase me laisse songeuse. Vous vous définissez dans votre message comme quelqu’un d’« écriture ». Vous opérez cependant ici un glissement sémantique pour le moins improbable. Nous considérerions donc les structures de résidence et de diffusion, ces structures grâce auxquelles nous pouvons composer ou donner à entendre notre musique comme des fétiches ? Nous ne nous situons pas sur un terrain magique. C’est un simple constat matériel. Nous ne vivons pas ces lieux comme des objets de culte mais comme de simples outils nous permettant de travailler (jusqu’à quand ?).
Je vais donner un exemple qui transpose la situation dans votre contexte professionnel, puisque vous dites être ignorant de la vie des institutions culturelles. Je suppose que vous connaissez mieux le système universitaire.
Vous travaillez au sein du département de musicologie de Paris VIII, avez-vous dit.
Et bien, imaginons qu’une nouvelle politique décide tout d’un coup d’attribuer au département histoire une partie des locaux occupés depuis des années par le département de musicologie. Vous voyez bien qu’aucune hiérarchisation n’est possible. Nous ne pouvons pas penser que les musicologues sont plus importants que les historiens, n’est-ce pas ? De plus, au sein des historiens, certains sont connus des seuls milieux universitaires et d’autres sont beaucoup plus médiatisés. Là ne serait donc pas non plus la question.
Cependant, la mise en place de cette politique entraînerait une difficulté à travailler pour les musicologues car l’espace que l’on réduirait ici ne serait pas compensé par l’ouverture d’autres locaux de travail.
Vous seriez en droit d’être inquiet ou en colère et d’envoyer une lettre au Ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur ainsi qu’au doyen de l’université. Nous ne penserions pas que vous méconnaissez ou méprisez l’histoire. Nous ne penserions pas que vous considérez ce département de musicologie comme un fétiche. Au contraire, nous signerons de tout cœur avec vous, car nous comprendrions que derrière cette décision supposée d’ouverture (donner plus de visibilité à l’histoire), c’est à la musicologie et à ses possibilités de développement que l’on s’attaquerait. De plus, dans un tel contexte, l’histoire qui pourrait sembler favorisée aujourd’hui serait tout à fait susceptible d‘être également attaquée demain.
Voilà la situation que nous vivons ici.
Vous remarquerez que sont également abordés dans cette lettre des problèmes plus généraux qui concernent la place de la culture dans notre société et la façon dont les politiques mises en place lui laissent un espace d’existence ou non. Mais c’est vrai, vous n’êtes pas spécialiste, vous préférez ne pas vous prononcer sur ces sujets. L’esquive paraît un peu facile quand ce sont justement ces débats que nous voulons susciter. Quelle société voulons-nous ? Des minorités musicales (et pas seulement musicales, mais aussi artistiques, scientifiques) peuvent-elles encore se développer au sein d’un contexte qui les asphyxie progressivement ? Là, les propositions seront les bienvenues...

Anonyme a dit…

Vous ne voulez pas plutôt aller bosser et gagner votre vie plutôt que de geindre parce que les subventions ne pleuvent pas au bon endroit ?

J.S. a dit…

Certains arguments sont d'un spécieux ! Réellement. Le vrai problème soulevé est : voulez-vous être pris au sérieux ?

Si oui, cette lettre vous fait bien du mal, si mauvaise qu'elle est dans ses choix de vocabulaire, de tournure, de ponctuation. Vous prêtez le flanc à toutes les attaques — non pas aux rappels à l'ordre, amicaux, des autres artistes signataires de la tribune que l'on peut trouver sur http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article283, mais aux attaques des pouvoirs publics, qui profiteront des faiblesses et des mesquineries (j'en suis sûr toute apparentes) parsemées dans cette lettre pour justifier leur travail de sape — qui n'est qu'à peine commencé et ne concerne certainement pas que la musique contemporaine.

Bref, pour ceux qui penseraient avoir signé trop vite, ou auraient des regrets d'avoir apposé leur signature au bas d'un texte qui ne leur conviendrait pas — même si le débat ouvert doit se poursuivre — je leur rappelle qu'il ne leur reste que très peu de temps pour demander le retrait de leur signature : en contactant, d'une part, le site mesopinions.com (en écrivant un mail à contact(a)mesopinions.com) et les rédacteurs de la lettre eux-mêmes (http://www.blogger.com/email-post.g?blogID=2992563896529671147&postID=2080075445784580042)...

SCORPENE a dit…

Cette lettre ouverte est finalement une lettre fermée. Elle dévoile les égos, elle piège dans la forme, elle échoue, elle déçoit.
La musique nous rend heureux et là est son but.
Ecrire que la décision est politique plutôt qu'artistique concernant notamment Magic Malik et Gilbert Nouno, c'est très mal connaître de quoi ces musiciens sont capables: tout simplement de vous rendre heureux.
La musique de Malik rassemble, elle crée des bulles d'unité.
Vous devriez écouter, il n'est jamais trop tard pour être heureux.

Benjamin Renaud a dit…

chère Clara,

tout d'abord, je veux re-dire le plaisir qu'il y a à voir qu'un espace de dialogue est possible. Je vous en remercie très sincèrement, vous et quelques autres.

Je crois, pour ma part, que les points sur lesquels nous vous avons répondu sont bien un « débat de fond » : peut-être, à l'occasion, j'aurai l'occasion de vous transmettre certains de mes travaux universitaires à ce sujet ? Puisque vous êtes lectrice de Foucault et Deleuze, ils pourraient vous intéresser. Je travaille, entre autres choses, sur Adorno, sur Derrida, quelques autres. Votre lettre, que je persiste à trouver maladroite, partage certains traits communs (dans sa matrice argumentative), avec les écrits d'Adorno sur le jazz, en particulier. Je travaille aussi sur la question du fétichisme, qui est redoutablement complexe (aussi, croyez bien que vous m'aurez mal compris, sur ce point précis ; je vous assure, aucun « glissement sémantique improbable »). Bref, oui, c'est vraiment un « débat de fond », peut-être celui-ci ne vous intéresse pas, c'est votre droit.

Mais je pense, pour ma part, que ce premier point n'est pas facilement séparable de l'autre « débat de fond », celui sur lequel vous voulez que nous nous concentrions. Je ne cherche aucunement à esquiver un tel débat, je dis juste que je n'ai pas, là, dans l'espace d'un commentaire de blog, les moyens de l'élaborer précisément — en tout cas s'il s'agit de l'aborder comme vous le proposez désormais (ce que ne faisait pas la lettre, malgré les intentions peut-être de ses rédacteurs et signataires, j'y insiste). Je l'aborde donc à ma manière, que vous trouvez oblique et fuyante. Dois-je m'autoriser d'une longue littérature (chez Derrida, par exemple) sur « l'oblique », « l'évitement », etc., pour justifier la façon dont je mène le débat ? Je suis musicologue, et (un tout petit peu) philosophe : je ne suis pas spécialiste des institutions culturelles, même si j'ai quelques idées sur la question. Mais encore une fois, le plus important : si vous me lisez bien, vous comprendrez bien que mes arguments sont tout autant sur le terrain « politique » et « institutionnel » que les vôtres.

(suite ci-dessous)

Benjamin Renaud a dit…

(suite...)

Nous vous avons répondu sur les points qui nous paraissaient contestables dans votre lettre. Nous n'avons à aucun moment nié la nécessité de défendre les musiques exigeantes, toutes les musiques exigeantes et notamment la contemporaine, pas seulement mais y compris sur le terrain institutionnel, et nous avons dit partager certaines de vos inquiétudes : relisez, c'est présent de la première à la dernière phrase de notre texte, littéralement. Si nous nous accordons tous là-dessus, c'est bien l'essentiel, non ?

Enfin, quant à votre fiction universitaire : à vrai dire, je n'en sais rien, il faudrait avoir des éléments précis, un contexte, etc. Peut-être, le cas échéant et suivant ce contexte précis et singulier, j'aurais un mouvement de colère. S'il m'arrivait alors de contresigner un texte (ou de le rédiger : quelle différence ?), j'espère que j'aurais encore la lucidité pour m'assurer que tous les arguments d'un tel texte sont justes (et pas seulement le motif de cette colère). Si par grand malheur cela devait ne pas être le cas, et qu'un camarade — historien ou autre, peu importe : revoyez la liste de nos signataires, elle s'est encore agrandie depuis hier, regardez vous y trouverez des noms que vous connaissez bien... — qu'un camarade donc me prenait par le bras, amicalement, pour me dire : « non ça ne va pas, tu ne peux pas signer des choses comme ça, c'est injuste et tu vas blesser des gens qui ne le méritent pas... », alors j'espère que j'arriverais à comprendre que je me suis, au moins en partie, au moins sur la forme*, trompé — et peut-être même j'aurais la force de le reconnaître publiquement.

bien cordialement,
merci pour ce dialogue,

benjamin

*il y a un aphorisme de Nietzsche quelque part, je crois dans Humain, trop humain, qui commence par quelque chose comme (je cite de mémoire) : « être artiste, c'est percevoir comme fond ce que les autres appellent forme... »

Jonathan Pontier a dit…

(incipit) allez allez ... puisque c'est facile, la technique du copier-coller, je publie ici ce que j'ai écrit sur le site "tâche aveugle"

http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article283#forum77

... bonne journée à tous ----


Le compositeur d’aujourd’hui refuse (toujours) de mourir...
ça a été dit par Monsieur Varese dans les années 20...

comme quoi le monde en se réinventant ne cesse de devenir vieux... je voulais réagir, à l’instar de pas mal de musiciens, savants ou populaires, dotés (ou pas) de "complexes de supériorité" à cette lettre de musiciens "en vrac", lettre malheureuse, insipide, non signée, "ignoreuse" et quasi-vulgaire...mais nous avons d’autres choses à faire que de se prendre pour Voltaire !

Donc pas de (petite) polémique créée par un (petit) milieu pour un (petit) sujet...l’état se désengage de partout, et je nous aurais tellement préférés unis à l’heure ou il est si impérieux de l’être...(au delà de la musique itou : éducation, santé etc)

Que suis-je de toute façon ? un compositeur de musique "contemporaine", d’"aujourd’hui" ? un musicien ? poly-instrumentiste ? électro-acousticien ? un dj-rockeur-slammeur-soundpainter... ? un féru de musique qui vend ou qui vomit sur le circuit commercial ? Qu’elle soit subventionné ou vendue, ne suis-je pas payé pour l’écrire et la transmettre ? QUI DONNE VRAIMENT ET A QUI ? OU SONT LES BÉNÉVOLES ????

moi qui travaille régulièrement avec la "France d’en bas", lors de résidences, de concerts et d’ateliers -résidence d’ailleurs, c’est plus sympa que "pension" non ?- y compris dans des lieux plutôt prestigieux, je croise tout les jours l'humain qui cherche à tisser-métisser du lien par l’art et la culture, essayant de monter l’échelle de Jacob qui nous permettrait de partager avec un plus grand nombre avoué le fruit d’un travail sans compromis... Je suis donc de ces compositeurs heureux de voir des "corps étrangers" investir les grands palais de cette antre à Culture qu’est Médicis, à l’heure où un certain "formatage"de la contemporaine habitué à ses entrées (et sans contrôle d’huissier) commence à avoir le pouls proche de zéro...

FIRST WE TAKE MANHATTAN, THEN WE TAKE BERLIN (L.Cohen)

Cette querelle DE bouffons nous apprend peut-être, comme nous nous le disions hier avec Joêlle Léandre, que ces dogmes sont en train de voler en éclats, que le "contemporain" et l’ "actuel" nous annoncent par dépêche qu’ils viennent de fusionner, mots qui ne sont que des mots pour traduire d’excitants éclatements du présent...

Alors, ce n’est pas tellement pour les personnalités intrinsèques ou le projet de Claire Diterzi ni celui de Malik/Nouno que je suis heureux d'avoir lu le mot de Benjamin Renaud dont je le remercie (car n’oublions pas: le fabuleux Magic Malik a été écorché "tout seul tout nu" alors qu’il est en binôme avec un "sacré" et "sérieux" musicien). Merci donc pour cette lettre-ouverture, la diversité des signatures qu'elle a engendré, le futur sans peur dont elle est la promesse, dans un monde qui est celui que je côtoie un peu partout où je travaille et j’évolue , les autres peut-être se réveilleront en sueur...

(enfin, un salut amical à Geoffroy Drouin que je n’ai pas vu depuis très très longtemps et qui a été sélectionné en douceur !)

Jonathan Pontier musicien contemporain, actuel, et vice versa.

Anonyme a dit…

Je suis choqué par l'inexactitude des propos rapportés sue le site tache-aveugle et www.tierslivre.net.

HUGUES DUFOURT n'a rien avoir avec la déclaration malheureuse de DENIS DUFOUR !

Je lis la chose suivante sur ces sites :

Lu dans le Monde, déclaration de Hugues Dufour comparant Malik à un peintre de la butte Montmartre, moi là je ne discute plus – c'est bien la preuve que sous cette pétition il se joue vraiment des idées gravement réactionnaires, qui font honte à toute nos professions confondues – je mets l'article en entier...

alors que l'article de Pierre Gervasoni dit :

"Denis Dufour, qui fait référence en création électro-acoustique, se veut ironique et mordant, visant plutôt Claire Diterzi : "À quand les peintres et caricaturistes de la butte Montmartre, de la Côte d'Azur et de la place Beaubourg à la Villa Médicis ?"

Ces propos malheureux n'engagent que Denis Dufour, et il devra en assumer seul les conséquences !

Mais il ne parle vraiment, mais vraiment pas du tout de Malik !!

Christophe Alary a dit…

J'entends bien les multiples commentaires qui tentent d'adoucir le propos de cette lettre ouverte, et la "réorienter" vers l'essentiel, c'est à dire la sauvegarde d'une politique culturelle ambitieuse et novatrice quelque soit le style de musique. Mais quand on lit des propos de ce type:

"...Car il nous semble évident que ce que d’aucuns nommeront une « ouverture » n’est que l’expression d’un désintérêt pour l’art non directement rentable au profit d’une production artistique qui, séduisante par essence, a la faculté de mettre tout le monde d’accord sans aucun effort."

C'est quand même extrêmement désagréable et injuste à lire quand on connait la musique de Malik Mezzadri et d'une multitude d'autres musiciens qui officient dans le milieu des diverses musiques nouvelles et qui contrairement à ce qui est dit dans la désastreuse lettre de l'Académie des Arts, ne se produisent pas à l'Olympia, au Zenith ou à Bercy.

Se battre pour la défense de la création en art contemporain en faisant des pétitions, en dénonçant la politique catastrophique de Sarkozy et du ministre, oui, mais de grâce, revoyez votre copie.

Anonyme a dit…

D'aucuns sont choqués de l'inexactitude de certains commentaires, sur Tiers-livre.net ou tache-aveugle.net.

Je tiens tout de même à préciser que ces inexactitudes ont TOUTES été corrigées — à peine deux heures après leur publication.

Je tiens également à dire qu'AUCUNE des inexactitudes de la présente lettre ouverte n'a été corrigée, depuis près d'une semaine qu'elle est en ligne (inexactitude comme la présence de 2 autres musiciens, en plus de Claire Diterzi et Malik Medrazzi, musicien "du sérail" puisqu'il s'agit de Gilbert Nouno et Geoffroy Drouin, inexactitude quant à la position commerciale des deux artistes mis en cause, inexactitude et incomplétude des liens mis comme exemple, etc. etc. etc.)

On remarque facilement la paille dans l'oeil du voisin !

Baptiste TROTIGNON a dit…

Cette pétition est un amas d'ignorance et d'arrogance . Allez plutôt voir l'AUTRE petition : http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article283
Baptiste TROTIGNON-pianiste,compositeur

Pascal Rophé a dit…

Tiens simplement a preciser que mon nom a été ajouté au bas de cette lettre sans mon accord et que je n'ai pas pour habitude de prendre parti sans avoir étudié serieusement le sujet.

Anonyme a dit…

Ha, tient, sont-ce les musiciens contemporains ou actuels qui font des essais, test, un-deux, un-deux, « ça va, on m’entend », « il y a un retour ? », « — beaucoup de résonance dans cette salle, — oui, mais elle est encore vide, — c’est juste », clap, clap, « et je me met où », « on me voit là ? », « c’est d’un aveuglant, ces lumières ;
sur les commentaires ?

Ecriture(s) a dit…

Quelle lettre Pascal Rophé ?

Vous n'êtes pas dans la liste des signataires de la pétition, rassurez vous.

Par contre, vous apparaissez bien comme signataire d'une lettre ouverte écrite par des membres et correspondants de l'Académie des Beaux-Arts qui est apparue comme un commentaire anonyme à un des tickets de ce blog.

Mais nous n'y sommes pour rien !
Ce n'est pas à nous que vous devez vous adresser, c'était une entrée anonyme et je ne saurai vers qui vous orienter.

Je vais l'effacer si c'est possible..

Bien à vous

Hélène Collon a dit…

Où est passée cette "lettre ouverte écrite par des membres et correspondants de l'Académie des Beaux-Arts qui est apparue comme un commentaire anonyme à un des tickets de ce blog" ?

Ecriture(s) a dit…

Nous l'avons enlevée car elle contenait une personne qui n'avait pas signé. Nous étudions la possibilité de faire une nouvelle page avec cette lettre de l'Académie ainsi que d'autres réactions sur le sujet.

PS
Si "anonyme" continue à mettre partout
"POUR TOUT RETRAIT DE SIGNATURE, ENVOYER UN MAIL À " nous allons devoir modérer la publication des commentaires, bien que nous ne le souhaitions pas.

Laurence Malherbe, Soprano a dit…

L'heure est grave... Messieurs, Mesdames, chers "collègues" musiciens, vous vous trompez de cible !!!!
L'agressivité notoire de cette lettre visant à fustiger certains artistes dont l'originalité de la démarche, la force expressive et le talent ne sont plus à démontrer relève à mon sens d'un étroitesse de vue sans commune mesure... Je suis certaine que la majorité des signataires n'ont même as eu la curiosité de jeter une oreille sur le travail de Malik Mezzadri... Ne sommes-nous pas tous dans la même galère ??? Lorsque certains disent : "Elles sont déjà très soutenues par de nombreuses structures et par l'État lui-même qui ne cesse de les mettre en avant." C'est une INEPTIE que l'on ne peut que constater lorsque l'on s'intéresse au milieu des musiques improvisées délaissées elles aussi par les pouvoirs publics... Savent-ils combien de personnes se rendent aux concerts de jazz et particulièrement aux concerts de Malik ?? Combien achètent leurs disques ?? Ont-ils une idée de ce que vivent au quotidien ces musiciens innovateurs du Jazz pour faire exister leurs projets ?? Aucune, apparemment sinon , de tels propos que je qualifierais d'obscènes (au sens etymologique du terme), ne seraient pas tenus pour arguments dans ce genre de pétition à la "Zorro"... Bon sang, battez-vous contre vous-même pour faire exister vos projets comme le font ces musiciens que vous dénoncez, mais pas contre ceux qui sont dans le même bâteau... faites preuve d'un peu plus de bon sens...
Merci d'y réfléchir un tout petit peu...

Musikologik a dit…

Bonjour,

Que de bruits !

Depuis que je lis enfin l'ensemble des commentaires,je me dis que peut-être aurait-il été plus judicieux de la part des auteurs de cette pétition de proposer d'abord un débat puis voir si une pétition aurait pu en être produite.

L'objet étant au final cette pétition qui sera clôturée la nuit prochaine, j'en déduis qu'un certain esprit de sagesse s'est emparé des auteurs et qu'il sera toujours possible de débattre demain.

Logistikmusik.

Yan Maresz a dit…

Quelle que soit l'issue de tout cela, Il faudra bien que certaines questions d'importance soient posées...

Vous ouvrez la Villa Medicis au jazz et aux musiques actuelles, soit.

Allez vous créer une catégorie distincte de "composition musicale" pour accueillir ces pensionnaires ?

Allez vous en conséquence maintenir les places dédiés aux compositeurs ?

Allez vous mettre en place un jury avec les rapporteurs adaptés à cette nouvelle orientation pour pouvoir juger de la qualité des dossiers ? (ça n'a pas été le cas cette année, ni même annoncé au préalable, d'où la démission des rapporteurs. Peuvent ils avoir un jugement pertinent sur tous les styles de musique ?

Anonyme a dit…

"Contrairement à la plupart de mes amis compositeurs et compositrices, je n'ai jamais pratiqué les musiques populaires, et je ne me suis intéressé à l'art que lorsqu'il était complexe, insolite. Ce n'est pas intellectuel, c'est tout à fait sensible. La plupart des musiques me dégoûtent.
Je revendique aussi le droit de n'être pas ouvert, mais sélectif, et je suis volontiers élitiste.
Je n'ai pas à mener une politique culturelle, mais j'écris de la musique, et je choisis ce que j'écoute, pour pouvoir écrire celle que j'aimerais entendre et faire entendre et partager.
Cela n'engage que moi. Et j'entends que ceux et celles qui dirigent les institutions musicales défendent aussi les intolérants comme moi."

Thierry Blondeau

Monsieur Blondeau, vous vous ridiculisez. Adopter une telle posture que je qualifie de surfaite et autocrate dans vos propos ne légitime pour autant la démarche qui est faite à travers cette "pétition" qui reste on ne peut plus ridicule et obscène à mon sens. Votre élitisme n'en est pas, à travers ces propos il reflète plutôt une frustration et/ou une simple affaire de goût. Soit. Si vous étiez de cette pensée élitiste dont vous semblez vous affubler, vous inventeriez votre propre lieu, et vous ne viendriez pas pleurer auprès de "maman institution". Vous vous moqueriez même de cela. Mais vos mots trahissent un esprit très XIXe siècle, que vous assumez certainement. Mais je crains que vous ne soyez aussi victime de cet esprit vulgaire qu'est le conservatisme que vous confondez avec l'élitisme. Si c'est le cas, rejoignez vite votre hauteur présumée (qui me fait beaucoup rire) sur la montagne, ou plutôt sur la colline, loin des médiocrités mercantiles de la place d'Espagne pourtant si proche, et cessez de geindre. "Cela n'engage que moi" dites-vous, très bien, alors assumez votre solitude pleinement, ce sera plus beau et plus noble que de vouloir faire la manche. Que certains veuillent créer une fronde contre la politique de la culture institutionnelle actuelle du gouvernement, soit. Mais vous y prendre ainsi en putschiste au nom d'une supposée culture "savante" est risible, elle-même ayant à voir avec la "populaire" dans une dialectique qui a toujours eu lieu et vous le savez très bien (quid par exemple des influences réciproques du jazz et de la musique dite contemporaine pour restez dans le domaine ?). Mais si je me place au niveau de votre logique se référant à un élitisme d'illusion, je pense aussi que vous vous moquez de l'histoire et vous avez bien raison, car elle vous détrônerait rapidement. Vous confondez là aussi culture "savante" et culture "officielle". Vous n'êtes pas élitiste, vous semblez plutôt vouloir simplement vous distinguez et pour cela il vous faut créer des "ennemis". Le "mixe" vous fait peur, le métissage vous rebute ? Affaire de "style" comme l'analysait Bourdieu et qui semble vous manquez ici. Je vous renvoie aussi à Lawrence W. Levine qui vient d'être traduit à la Découverte.

Bien cordialement,

Stéphane Léger

Anonyme a dit…

C'est vous qui vous ridiculisez, monsieur. Comment monsieur Blondeau peut-il être autocrate alors qu'il ne détient aucun pouvoir et qu'il n'en veut aucun ? Si exprimer une opinion personnelle devient de l'autocratie, alors, chaque citoyen est autocrate. N'exprimeriez-vous pas plutôt votre propre frustration concernant la culture que vous dénommez "savante" ? Vous semblez en effet avoir quelque peine à maîtriser les notions élémentaires de grammaire française. Oui, j'oubliais, le progrès passe aussi par sa disparition...
De plus, les "propres lieux" dont vous parlez ont justement été inventés en leur temps et ils sont aujourd'hui menacés, d'où l'objet de cette pétition. Il n'y a pas besoin d'être si savant pour constater que la médiocrité envahit toutes les sphères.

Jean-Pierre Pinet a dit…

D'abord, c'est la colère et puis l'écœurement ... Même là, dans ce temple de la Culture française dont les murs résonnent encore des humeurs de Berlioz et des chuchotements de Debussy, (ces chuchotements auxquels seuls dit Giraudoux "sont sensibles les oreilles des poètes"), ils ont osé nous servir la soupe à la démagogie! A quand les taggeurs de la Gare de l'Est, les "heroes" des karaokés de ces fêtes lugubres et désespérantes qui, l'été, remplissent nos villes de scansions hébétées, de rires et de papiers gras et où les cerveaux humains atteignent à l'en-deçà de n'importe quel Homo Faber ? Et pourquoi pas y inviter les révisionnistes de l'Histoire, les metteurs-en-cause de tout, les contempteurs zélés des références par quoi pourtant nous tentons, nous autres artistes anonymes, de nous tenir encore debout ? ....
Je me souviens de ces mots de Murray dont j'envie la distanciation parfois cynique mais ô combien salvatrice, lui qui se situait, à la fin de sa vie, au-delà de toute espèce d'inquiétude, anesthésié à force de n'être pas entendu, et qui s'éloignait de la rumeur d'un monde hautain et méprisant où des donneurs de leçons de démocratie traitent allègrement de réactionnaire toute analyse objectivée, confondent à l'envi art et distraction, qualité et succès commercial, apprentissage et ludisme (quel mot atroce !) et voudraient que les musées, les bibliothèques et les écoles ne soient plus que des "lieux de vie" où finalement il serait plus important de se rencontrer pour partager des avis sur tout (et surtout des avis !) autour d'une tasse de café que de goûter en silence tel vers de Racine... Surtout pas d'élitisme ! Van Gogh oui, mais sur des tee-shirts !...
L'accessible-à-tous est devenu le catafalque de nos illusions, le "tout culturel" l'expression délétère d'une politique qui n'en finit pas de mépriser son peuple à force de ce populisme dégoulinant de bons sentiments et de condescendance...
A l'irrévérence, citoyens, à l'effort de dire et de peindre jusqu'à ce qu'ils nous trouvent les mots et les sons étonnants et tonnant qui nous dérangent et nous protègent de notre quotidien pépère, de nos fêtes morbides, de ces enthousiasmes feints et forcés qu'on voudrait nous faire avaler comme des philtres d'amour et qui ne sont que breuvages décérébrants où puisent les mémoires oublieuses et contentes d'elles-mêmes !....

Fabien Lévy a dit…

à Yan (et aux autres),

Quand le débat sera fini, et qu'il faudra se poser plus calmement la question de la Villa Medicis, peut-être faudra-t-il l'aborder sous un autre angle moins velléitaire, mais qui pourrait conduire aux mêmes conclusions? :
- La Villa Medicis, comme les autres résidences similaires, n'est pas une récompense, une gloire, mais un lieu de résidence comme les autres. C'est l'opinion publique qui lui a créé sa renommée, par ceux qui y sont passés.
- Elle doit accueillir les meilleurs artistes, ceux qui font avancer leur propre discipline (en l'occurence, la musique pour le secteur musique), sans question de style.
-Au contraire de résidences dans une scène nationale ou un orchestre, elle est plutôt réservée à des gens qui ont besoin d'une parenthèse pour s'isoler et réfléchir. Même s'il est difficile d'écrire une belle mélodie tonale pour une chanson, celà demande moins de temps que ceux qui réfléchissent à des notions plus nouvelles, des techniques, des "écritures" complexes.
- Elle doit aussi privilégier, dans notre monde médiatisé actuel, ceux qui ont un potentiel, mais que la société actuelle ne permet pas de vivre. Il n'y a pas de statut pour les écrivains ou les compositeurs, ils ne vivent pas de leur droit d'auteur, ni en tant qu'intermittent du spectacle. Sociologiquement, ils rament, généralement jusqu'à 25 ans, puis à nouveau de 35 à 70 ans. Les résidences sont souvent leur seule bouffée d'air.

En conséquence, il est déjà bizarre que des historiens de l'art soient à la Villa. Ils devraient être à l'école française de Rome. De plus, derrière l'anomalie de ce concours, il y a finalement l'éternel débat entre la mission Colbert et la Mission Malraux, c'est-à-dire entre ceux (les poliques) qui considèrent que la culture est à leur service, pour les divertir, et qu'ils doivent pouvoir eux-même choisir qui les divertira, et ceux qui croient en l'art comme murissement. En particulier, le directeur de la Villa ne devrait pas être membre du jury, et il ne devrait y avoir que des artistes comme rapporteurs et comme jury.

Après, que le/la meilleure et le/la plus créatif(ve) gagne...

Bonne chance pour votre pétition un peu rapide, mais de bonne volonté.

F.

Anonyme a dit…

Bonjour Stéphane Léger,
merci tout d'abord d'avoir réagi à mon petit mot, cela m'a fait très plaisir. J'y mesure cependant toute la distance entre l'ignorance de nos travaux et vos réactions. Si vous avez écouté un peu ma musique pardon de la mettre en avant, vous mesureriez la dimension incorrecte et peu institutionnelle de la chose.
Mais en effet, je me sens plus à l'aise et moins frustré sur une colline que dans le caniveau, (et croyez bien que je dois me battre quotidiennement matériellement pour cela). Je préfère bien manger que mal manger, et je préfère les sons insolites surprenants et bien construits à des musiques convenues.
Il est toujours possible et très aisé de prétendre une attitude datée et de retourner la chose dans tous les sens, chacun s'accusant d'être le réactionnaire de l'autre. C'est ainsi que certains conservateurs arrivent à faire admettre qu'être de gauche est moins moderne que d'être néo libéral. On peut inverser les éléments à l'infini, cela paraît marcher.
Pratique, hein ?
Je me répète, mais, loin de moi la prétention d'ériger mes options personnelles en loi. Cela me permet d'écrire de la musique, point. Si en plus on peut la faire entendre, c'est encore mieux non ?

Bien cordialement

T. Blondeau

Musikologik a dit…

Non, la médiocrité n'a pas envahi toutes les sphères, car si vous parlez de "sphère", cela se réfère à tout et rien... sauf l'essentiel, l'esprit de créativité n'étant pas issu de nulle part et dans n'importe quelle condition, ce qui devrait d'ailleurs animer ce débat de fond.

Dans le pire des cas on a pu certes assister à l'émergeance de formes nouvelles en matière esthétique et musicale dans un cadre précis: voyez au XVIes, autour de l'Académie de poésie, la chanson et l'air de cour alors que l'on s'entretuait allègrement dans les rues et que certains martyrs de la nouvelle foi étaient brûlés à Meaux.

Je vous laisse adapter ce point de vue restreint à la situation politique, économique et écologique catastrophique de notre siècle.

Très sincèrement, un artiste digne de ce nom peut-il trouver l'inspiration dans un tel contexte ?

L'affaire de la Villa Médicis n'est qu'un révélateur à partir duquel devrait surgir un débat de fond qui touche l'ensemble de la communauté humaine et non pas que des parisiens:

quelle est la place de l'art aujourd'hui ?
Que veut dire le mot "culture" ?
Que veut dire "patrimoine" ?
D'où vient et où se situe la musique sérieuse ?

Logistikmusik

compositore a dit…

Une bonne partie du milieu de la musique dite "contemporaine" se plaint de voir s'amoindrir ses quelques privilèges aux profits d'autres musiciens et d'autres musiques. Je crois qu'il a tort. C'est une position indéfendable et qui laisse même transparaître une certaine arrogance. Bien qu'appartenant à ce même milieu, il m'est impossible de penser qu' avoir étudié au conservatoire, pratiquer l'écriture, se réclamer de la tradition savante (parfois sans en être à la hauteur) est en soi un gage de qualité et de sérieux. Malheureusement dans les faits cela peut même être le contraire et l'on peut assister alors au spectacle d'une musique "contemporaine" aussi prétentieuse que creuse, peu inventive et banale.
En rétablissant assez grossièrement l'ancien clivage et la vielle hiérarchie entre "art noble" et "art pour le peuple" (aujourd'hui devenu masse) cette réaction de lèse majesté m'étonne : je la sens fortement passéiste. C'est le contraire de l'ouverture d'esprit qu'on est en droit de s'attendre de la part des compositeurs.
Mais il m'importe surtout de souligner une question de fond qui émerge de tout cela. Celle de l'autonomie et de l'indépendance qui est consubstantielle à l'artiste et qui lui est indispensable. Un véritable artiste est un scandale pour la société. Je ne suis pas le premier à le dire, Pasolini l'a fait avant moi et il ne pensait pas qu'à lui-même. Si telle est la situation de tout artiste sincère, qui va au fond de sa propre pensée et en tire toutes les conséquences, je ne vois pas comment celui-ci pourrait réclamer l'aide de l'état, qui est une structure de pouvoir. Je suis, bien sûr, moi aussi contre le libéralisme sauvage de notre époque, contre la société de consommation qui privilégie les valeurs monétaires et la rentabilité immédiate et qui transforme la culture en produit. Mais je refuse de me mettre du coté de l'état, je n'attends rien de sa part et je suis contre l'idée illusoire, paternaliste et suffocante de l'état-mécène. Et si désormais l'état se range un peu plus du coté du libéralisme et de la société du profit, il n'y a là rien de plus normal. D'ailleurs il ne s'intéresse aux expressions de la culture que de manière superficielle et quand cela lui est utile pour redorer son image. Le pouvoir d'aujourd'hui n'a pas d'autres ambitions qu'économiques.
Inutile de crier au scandale. Les artistes doivent être courageux et généreux, ils doivent chercher (collectivement ou individuellement) leur propre voie de survie, leurs propres espaces d'expression. C'est là que se trouve pour moi la vraie question d'aujourd'hui, de demain et de toujours.

Giuliano d'Angiolini, compositeur (malgré tout).

Anonyme a dit…

@ Monsieur anonyme de 06:58. qui suppose ceci : "N'exprimeriez-vous pas plutôt votre propre frustration concernant la culture que vous dénommez "savante" ".

Je réponds, non Monsieur. Si vous m'avez bien lu, ce qui ne semble pas le cas, je me moque de ce dos à dos du savant et du populaire, de l'oral et de l'écrit qui s'opposeraient, formes que je fréquente volontiers mais dans un rapport dialectique et sans me soucier des querelles de chapelle, car il s'agit bien de cela ici, non ?

@ Monsieur Blondeau
Je vous écoute, mais là n'est pas le problème, votre musique n'est pas le centre de mon propos, mais votre discours.
Quant aux figures obscurantistes de "l'élitiste" comme de "l'insolite" et du "convenu" telles que vous les utilisez, voilà ce que je pointe. Ensuite, vous me prêtez une rhétorique qui est peut être la votre mais pas la mienne. Votre référence au "caniveau", je vous la laisse.
Mais vous avez raison d'insister sur mon insistance sur votre discours. Car cela n'est qu'anecdotique.

Et comme le proposent d'autres commentaires, ce que je souligne en prenant en exemple vos mots, c'est le caractère inapproprié et glissant de cette démarche, de cette pétition.

Je rejoins, plus que le soucis d'un art "exigent" qui reste pour moi obscur, celui d'une exigence de la poésie et de l'art, mais sans disqualification de genre, car c'est ce discours-là qui est inactuel, dans le sens d'un manque de vue sur le monde où nous sommes. C'est ce que je ressens dans vos mots. Ne nous trompons pas de débat ni de cible, ce n'est tout de même pas le modèle de la Star'ac qui est invitée ici !

Bien sûr, défendons ce qui tente de se faire au-delà des courtes vues nihilistes du marché. Cependant, nous vivons dans un monde où nous devons faire avec (mon apostrophe sur la proximité de la place d'Espagne et de la colline était dans ce sens) et inventer les lieux qui seront ceux d'une exigence "contemporaine et actuelle" au-delà des histoire de gravitation. Imaginez un effondrement de terrain et la Villa aura moins de hauteur que vous ne le pensez.

Ce qui se révèle actuellement dans la "culture" a besoin d'autres mots et postures que les soucis gravitationnelles des uns ou des autres.
Je préfère à cela les démarches poético-politiques d'un Pasolini écrivant en friulano à celles de Sainte-Chapelle méprisantes.



Bien cordialement,

Stéphane Léger

Musikologik a dit…

Bonsoir Monsieur Giuliano d'Angiolini,

Vos propos sincères devraient plus investir cet espace de discussion. Il faut effectivement avoir été un produit conservatoire (cnsm) pour se positionner avec honnêteté dans un débat très cloisonné.

Je suis entièrement d'accord avec vous: un véritable artiste trouve par lui-même l'espace qui lui convient pour laisser librement l'esprit de création prendre place.

Il faut se dégager des structures étatiques et s'ouvrir sur le monde afin d'en être perméable et que l'interprétation artistique s'exprime librement.

J'émettrais simplement une note interrogative sur l'apport nécessaire de l'histoire de la musique et donc de l'étude nécessaire et sérieuse pour le meilleur positionnement possible d'un artiste.
Or, il semblerait que cette décision de la Villa Médicis ait révélé des choix politiques inédits, bouleversant les structures de pensée qui régissaient jusqu'alors certaines normes.

Quel est le parcours de Claire di Terzi ?

Merci pour vos réponses.

Logistikmusik.

Ecriture(s) a dit…

Pour le parcours de Claire Diterzi, vous pouvez voir la page qui lui est consacrée sur Wikipedia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claire_Diterzi

ainsi que cette interview sur son site http://claire.diterzi.free.fr/index.php/interview-exclusive/

Stéphane Delplace a dit…

Le Diable en rit!

Musikologik a dit…

Bonjour,

Consultation Wikipedia OK.
Tout est dit.stop.

Logistikmusik.

P.S: Scandale ou scandale ?

Anonyme a dit…

Quel scandale ?
Après l'enseignement de l'ignorance vient le temps du divertissement où des musiciens accompagnent volontiers tout le prolétariat de l'industrie de la connaissance !

Hélène Collon a dit…

Merci "Ecriture(s)" pour votre réponse. Il me semble que cette lettre émanant de certains membres de l'Académie des Beaux-Arts était très instructive...

Anonyme a dit…

Un hasard, l'éditeur de la chanteuse est le même que celui de Carla B....


Naïve_Records

Anonyme a dit…

LOL j'étais justement en train de me poser la question :D

AVH a dit…

"Veut-on offrir au monde un visage culturel français exclusivement constitué de productions commerciales éphémères ?"

Cette lettre est l'exemple parfait de la fermeture et de la particularité française à dénigrer systématiquement tout artiste ayant un certain succès commercial.

Claire Diterzi (car oui c'est comme ça que ça s'écrit) est une artiste à part entière, au parcours long et d'un interet qui se fait plutôt rare de nos jours.

La comparer à Johnny et autres Carla Bruni à cause de son succès ne fait que prouver la bêtise dans laquelle vous semblez vous conforter.

Que la Villa Médicis ne s'engage pas avec des artistes produits soit, que tous les artistes produits et édités soient considérés comme mauvais et commerciaux non.

Un choix politique? Je ne pense pas non plus. Je dirai plutôt une volonté de renouvellement, d'avancer donc, ce qui semble être la vocation de la Villa Médicis, et non pas de stagner.
L'heure n'est plus à Berlioz, et j'en suis le premier désolé, mais les siècles ont changé, la musique évolué.

Ecoutez un peu, ouvrez les yeux vous qui semblez les fermer tellement fort;
si Claire Diterzi en est là aujourd'hui c'est parce qu'il existe un public qui ne se délecte pas que de merde, et qui a soif de talent.

La poésie, l'inventivité, le talent de cette jeune femme supplantent sans doute bien d'entre vous qui resterez malheureusement dans l'ombre.
Continuez à taper sur l'industrie du disque, à ne pas reconnaitre les vrais artistes, et à considérer le public français comme vous le faites; il est peut-être là votre vrai talent.

Anonyme a dit…

Cher AVH

Je vous cite :
"Veut-on offrir au monde un visage culturel français exclusivement constitué de productions commerciales éphémères ?"
...Claire Diterzi (car oui c'est comme ça que ça s'écrit) est une artiste à part entière, au parcours long et d'un interet qui se fait plutôt rare de nos jours.
...La comparer à Johnny et autres Carla Bruni à cause de son succès ne fait que prouver la bêtise dans laquelle vous semblez vous conforter.
...Ecoutez un peu, ouvrez les yeux vous qui semblez les fermer tellement fort;
...si Claire Diterzi en est là aujourd'hui c'est parce qu'il existe un public qui ne se délecte pas que de merde, et qui a soif de talent.


C'est fait, j'ai écouté un peu, j'ai ouvert les yeux et non décidément ça ne marche pas. Vous n'avez qu'à la prendre en résidence chez vous.

Il suffit de voir ça :

http://www.dailymotion.com/video/xdcyf0_rosa-la-rouge-a-la-ferme-du-buisson_music

Fred Voisin a dit…

Q: "Quelle est la place de l'art aujourd'hui ?"

R: Comme on le voit, l'art est de plus en plus encadré par un marché mercantile qui le dénature.
L'art est devenu une force de frappe dans une guerre économique, au même titre que ce que certains appellent "innovation".

Q: "Que veut dire le mot "culture" ?"

R: Divertissement, activité elle-même devenue un marché.

Q: "Que veut dire "patrimoine" ?"

R: Aujourd'hui, on le voit encore, cela veut dire : "A vendre !"

Q: D'où vient et où se situe la musique sérieuse ?

R: La musique sérieuse vient d'une tradition dont la fonction principale n'est pas le divertissement du plus grand nombre (audimat), mais la recherche de nouvelles formes : comme le disait Fabien Levy, le divertissement pouvait être celui des rois, mais dans ce cas, le roi savait s'entourer d'initiés qui, eux, appréciaient et discutaient dans les chaumières.
Où est donc le travail de recherche dans la musique de Diterzi ?
Il ne suffit pas de "bricoler" - comme elle le dit et le fait - avec de vieux trucs convenus pour inventer de nouvelles formes, à moins de compter sur le hasard !
Soyons cohérents : si on défend cette approche de la recherche musicale alors, en toute logique, la prochaine élection à la Villa pourrait se faire par un tirage au sort ; tout le monde pourra alors se plaindre en silence d'avoir perdu dans une société faite de bricolage et de résignation.

Benjamin Renaud a dit…

cher « Anonyme » du 15 juin à 1h40,

à mon tour, je vous cite : « Vous n'avez qu'à la prendre en résidence chez vous. »

Sans vouloir relancer le débat (qui a l'air, fort heureusement, de se calmer un peu), et en essayant en tout cas de ne plus le faire porter sur tel ou telle artiste précis, dont vous avez tout à fait le droit de ne pas apprécier le travail : une grande part des malentendus, des problèmes, des conflits, dans toute cette histoire, aura probablement été que, pour certains, vous avez cru — ou disons : « laissé croire que vous croyiez, par des formulations peut-être maladroites, mais probablement dues seulement à l'écriture “à plusieurs”... » — que vous avez cru, disais-je, que la Villa Médicis, c'était chez vous. Je conçois que vous ayez pu croire cela : de fait, l'arrivée d'artistes non-issus de (ce que l'on croit pouvoir réunir sous le supposé « genre » de) la musique dite « contemporaine » est bien une nouveauté, un événement. Mais, in fine, d'où tirez-vous que la Villa serait votre chez vous ? Où sont les titres de propriété ? (Pour ma part, je n'en connais pas d'autre que le décret fondateur de 1971, et c'est pourquoi nous l'avons cité dans notre texte.)

Bref, vous m'excuserez la digression, je tenais juste à faire remarquer que, en effet, tout cela est bien affaire d'économie, c'est-à-dire d'oikonomia (en grec : la loi, l'organisation du chez-soi, de la maison, de la propriété, etc.).

Bien amicalement à tous,
je redis une fois de plus que je suis très heureux que le débat ait pu dissiper quelques malentendus (au moins avec certains), et je suis bien content, maintenant, que ce débat tende à s'apaiser...

benjamin

Anonyme a dit…

Le chanteuse à quatre pattes est éditée chez Naïve, qui est l'éditeur de Carla B., et le directeur de la Villa Médicis est nommé par...

Grand concours pour gagner les œuvres complètes de nos "artistes" à 4 pattes !

Fred Voisin a dit…

Soit ! Soyons philosophes, patients et attendons de voir ce qui sort de ce pari osé !
Mais alors que l'Etat donne vraiment à tous les moyens de ne pas bricoler, que le studio d'électroacoustique de la Villa - entre autres lieux - soit mis à jour !
On pourra alors apprécier l'intérêt de cette oikonomia là, en espérant que des bébés ne seront pas jetés avec l'eau du bain !

Anonyme a dit…

Le studio d'électroacoustique à été supprimé par Bruno Racine ou Richard Peduzzi, je ne rappelle plus. Personne n'a rien dit.

Cédric Grouhan a dit…

C'est beau une lettre ouverte anonyme ! Bravo pour votre courage (masqué....).
Chers messieurs, sondez les artistes qui travaillent ou qui tentent de vivre de leur musique (actuelle) et vous observerez qu'ils ne pètent pas dans la soie mais bien souvent dans les allocations chômage et le RMI.

Musikologik a dit…

Bonjour Fred Voisin,

Merci d'avoir pris la peine de répondre à mes questions.

Cependant, vous dites
"...La musique sérieuse vient d'une tradition dont la fonction principale n'est pas le divertissement du plus grand nombre, mais la recherche de nouvelles formes : comme le disait Fabien Levy, le divertissement pouvait être celui des rois, mais dans ce cas, le roi savait s'entourer d'initiés qui, eux, appréciaient et discutaient dans les chaumières".

Je ne sais pas si François Ier avait au fond une âme de musicien mais il a persévéré dans la surdité aux moments tragiques de l'histoire... si la capacité d'un "roi" est de pouvoir canaliser les forces créatrices, il aura fallu attendre Louis XIII, l'Académie de Poésie et de musique n'ayant pas fait long feu.

Ma question se situait dans une période précise de l'histoire de France qui pour moi révèle très brutalement combien l'émergence de formes nouvelles (la chanson parisienne, l'air de cour) nécessite des conditions favorables.

Au XXIes, je ne vois pas comment les artistes peuvent continuer à "produire" sans considérer la force réelle qui émane d'une recherche sérieuse et approfondie, longuement murie et dans un contexte économique qui dépasse toutes les frontières: la mondialisation devrait être le point de vue à partir duquel un compositeur se positionne. La Villa Médicis devrait être intégrée dans un réseau reconnu par l'O.N.U.

La situation économique mondiale
étant au bord du gouffre, quelles sont donc les possibilités qui pourraient malgré tout s'offrir aux compositeurs ?

Logistikmusik.

Anonyme a dit…

AVH : « Que la Villa Médicis ne s'engage pas avec des artistes produits soit, que tous les artistes produits et édités soient considérés comme mauvais et commerciaux non. »

En l’occurrence, Claire Diterzi, elle, n’a pas de réel talent. Certaines chansons font penser à Mylène Farmer (c’était dans les années 80, donc ça date déjà... et c‘était dans toutes les discothèques et sur toutes les télés), d’autres à de pâles copies de chansons réalistes françaises (années 30 ?). Touche à tout mais toujours de façon médiocre. J’ai écouté 6-7 titres sur You Tube, sur My Space, ça donne déjà une idée assez précise, et non, même pour quelqu’un qui aime la chanson ou le rock français, même (ou surtout !) en ouvrant grand les oreilles - pour répondre à AVH -, c’est mauvais. Poésie, inventivité ?? AVH doit également manquer de culture musicale dans le domaine de la pop ou du rock. Pour l’inventivité, on penchera plutôt vers la pop anglo- et les mouvements qui ont suivi depuis 50 ans, Jimi Hendrix, Genesis (période Peter Gabriel), Pink Floyd, David Bowie, Talking Heads, Nina Hagen, Virgin Prunes, The Cure : ça, c’était inventif musicalement bien que générant un succès immense auprès du public. Pour la poésie, en France, Barbara, Gainsbourg, qui étaient très populaires (dans le sens où ils attiraient un large public) étaient largement au-dessus sur le plan de la qualité des musiques ou des textes. Les Rita Mitsouko avaient une originalité autrement plus subversive.

AVH : « Un choix politique ? Je ne pense pas non plus. Je dirai plutôt une volonté de renouvellement, d'avancer donc, ce qui semble être la vocation de la Villa Médicis, et non pas de stagner. »

Ben voyons, Claire Diterzi et Carla Bruni éditées par le même label et tout d’un coup, comme par enchantement, sous l’ère Sarkozy, voilà la 1ère à la Villa Médicis.
Comme c’est étrange... certainement pas politique...

AVH : « L'heure n'est plus à Berlioz, et j'en suis le premier désolé, mais les siècles ont changé, la musique évolué. »

C’est gentil de nous le rappeler, nous n’avions pas remarqué... alors qu’après Berlioz, d’autres ont suivi: Debussy, Fauré, Ravel, Messiaen, Dutilleux, Boulez...

AVH : « Ecoutez un peu, ouvrez les yeux vous qui semblez les fermer tellement fort ; si Claire Diterzi en est là aujourd'hui c'est parce qu'il existe un public qui ne se délecte pas que de merde, et qui a soif de talent. »

Je dirais plutôt : si C. Diterzi en est là aujourd’hui, c’est parce que 1/ une certaine partie du public a des goûts de m... (heureusement, il en reste d’autres) et 2/elle semble avoir des appuis intéressants...

Anonyme a dit…

Cédric Grouhan a dit…

C'est beau une lettre ouverte anonyme ! Bravo pour votre courage (masqué....)

Mais, de nombreux commentaires publiés ici même proviennent de personnes ayant admis avoir participé à la rédaction de cette lettre ouverte.

Le fond ! pas toujours la surface s'il vous plait !
Il y a bien évidement un peu de stratégie dans ce choix...

Anonyme a dit…

Voilà la liste des signataires qui est publique depuis pas mal de temps.

http://musiques-en-vrac.blogspot.com/p/signataires-de-la-petition.html

Cédric Grouhan a dit…

Il est évident que les signataires votre pétition ne connaissent pas le travail et le parcours de Claire Diterzi et de Magik Malik.
Dommage, cela vous aurait évité de vous ridiculiser.
A propos de ridicule, j'ai vu un commentaire qui fustigeait la chanson de Claire Diterzi "A 4 pattes" ... qui, justement, est une critique du show-business musical. Ça s'appelle du second degré, je ne sais pas si de "là-haut" (au top de l'élite) vous savez ce que c'est.

Fred Voisin a dit…

Pour répondre à musikologik dernièrement :
qu'importe les rois - pour ma part, j'ai encore beaucoup de mal à appeler "production" ce qu'on entend(ait ?) par invention ou création.
Certes un artiste doit produire, mais la production n'est pas une fin en soi, seulement un moyen.
Le problème de la production, c'est qu'on a tendance a l'estimer en termes de volume, de quantité plutôt qu'en termes de singularité ou de (im-)pertinence, qui est le propre de l'invention. La Villa n'est d'ailleurs pas un lieu de production. Quelle est la faculté d'invention des pensionnaires, indépendamment du style, quel mérite ont-ils chacun de ce point de vue ?
Un bricolage au hasard, tel que le soutien (par exemple) Diterzi, relève t-il de l'invention ? Si on le soutien, alors il me semble que tout venant peut prétendre être élu.

Anonyme a dit…

Cédric Grouhan, comme c'est passionnant cette critique du show-business musical, vraiment, ça élève le débat...

A quatre pattes
J'te lape tes Nike et tes frocs
A quatre pattes
Tes rêves de plastoc
A quatre pattes
J'te brique tes biceps à tatouages
C'est moi Jenny la bimbo, oh oh, oh oh, Jenny la bimbo

A quatre pattes
J't'astique à fond tes breloques
A quatre pattes
Ta vie plaquée or
A quatre pattes
J'te coupe ta coke en bikini à paillettes
C'est moi Sandra la bimbo

(Refrain)
Dans ta basse-cour, il y a
Des coqs, des poules polygames
Qui barbotent dans le jacuzzi
Panoramique
On parade en hélico, 
En jet, en yacht, en limousine, 
On garde ses lunettes de soleil
Pour dormir

A quatre pattes
Quand je me vois dans la glace
A quatre pattes
Dans mon string en strass
A chaque fois
C'est à quatre pattes que je trouve ma place
C'est moi Manu la bimbo, oh oh, oh oh, Manu la bimbo

A quatre pattes
J'me p'lote pour tes clips en toc
A quatre pattes
A poil au paddock
A quatre pattes
J'me frotte à ta clique en nage
C'est moi, Cindy la bimbo
Cindy la bimbo, bimbo

(au Refrain)

(A quatre pattes)

On devra en reparler dans quelques années quand elle sera elle aussi en plein dedans, ce qui est un grand classique !

Cédric Grouhan a dit…

En plus de ne pas comprendre le second degré, ceux qui signent "Anonyme" n'ont pas le sens de l'humour !

Anonyme a dit…

bien au contraire...

Anonyme a dit…

Mais je comprends votre entêtement puisque vous êtes en mission...

«Chaque époque a sa musique alternative», insiste Cédric Grouhan. A 34 ans, il est le nouveau président de Béton. «Nous défendons actuellement des musiques comme la techno ou le metal.» Pour ce faire, Béton mise sur le passage en intégralité des albums, au détriment des traditionnels singles, quitte à «envoyer chier les maisons de disques».

Anonyme a dit…

Le vrai problème qui à fait réagir les compositeurs est à mon sens celui là :

regardez et lisez bien ce document joint à cette adresse : http://www.irma.asso.fr/Guide-des-tremplins-concours-et

Il liste les toutes les ressources déjà disponibles en France pour les musiques actuelles.

A titre de comparaison, les compositeurs n'ont que la villa Médicis, la Villa Kuyojama, et la Casa Velasqez pour une possible résidence... et en tout cela fait 5 places.

De grâce, cessez de tout vouloir, et laissez les exister !

Anonyme a dit…

Anonyme de 15H25, s'il vous plaît, un peu de tenue ou C. Grouhan va faire une crise d'apoplexie. Il paraît que le ridicule pourrait vous tuer...
« Ce jeune adulte rebelle qui affiche des autocollants « anti-Sarko » et des affichettes « pro-cannabistrot » dans sa chambre » pourrait décider de passer à une action plus radicale, qui sait, du genre lancer des bâtons de choopa-chups sur Radio France. Prenez garde !
Sa radio, dit-il, est née d'un « ras-le-bol de se faire lourder des autres antennes ». Nous aussi, on en a assez de se faire lourder !
« A l'époque, le rock alternatif n'était pas le bienvenu. D'où cette idée de donner vie à un lieu dédié à ces musiques. »
Ah, mais nous avons des expériences communes, manifestement.

« Pour ce faire, Béton mise sur le passage en intégralité des albums, au détriment des traditionnels singles, quitte à « envoyer chier les maisons de disques ». »
Ah, là, je m'incline. C'est courageux, c'est vrai. Passer un album en intégralité, il faut oser.
Pitié ! si vous décidez de passer l'intégrale de C. Dit., avertissez-moi, de grâce !
Je regarderai une affiche de Sarko pendant toute une heure. Après ça, je serai peut-être plus en condition.

La pluralité pour C.G., c'est la techno, le métal, le raï et la musique antillaise. Ah ? C'est un peu trop, tout de même, ne trouvez-vous pas ? Moi, j'enlèverais la techno. Elle n'est plus alternative depuis bien longtemps. Pour reprendre cette phrase quasi-magique qui nous est continuellement adressée par des ignares ou des démagos : « Ouvrez les yeux, le monde change ! ».

Eh, M. Grouhan, au fait, c’est de l’humour, bien sûr...

Anonyme a dit…

Oh, pardon, c'était à l'anonyme de 9H17 et non de 15H17 que je tirais l'oreille, mauvais garnement !

Anonyme a dit…

Choupa choupa, choopa chups, chupa choops, voilà un refrain qui pourrait parfaitement s'insérer dans un film de Tim Burton (ou dans une chanson de C. Dit ?). Oh, pardon, je m'égare... On en perd son solfège...

Anonyme a dit…

ON RÉPÈTE LA TRÈS GROSSE PRÉSOMPTION :
CARLA B EST INTERVENU.
REGARDEZ SIMPLEMENT LE SITE WEB DE LA SOCIÉTÉ "NAÏVE".

ET ÉCOUTEZ LA MUSIQUE DE SEBASTIAN ET DE STÉPHANE, QUI AVAIENT ÉTÉ CHOISIS PAR DES MUSICIENS ET ÉVINCÉS PAR DES PO-LI-TI-QUES. MAIS SI VOUS ÊTES SOURDS, CONTINUEZ À VÔMIR VOS NIAISERIES TROP ACTUELLES.

Cédric Grouhan a dit…

Hum, je vois que les "anonymes" préfèrent casser ceux qui parlent à visage découvert sans croiser les informations glanées sur le net (datées de plusieurs années et interprétées par un journaliste). C'est du même niveau que cette lettre ouverte... bas et nauséabond.
Continuer à vous acharner sur ma personne vous évite de débattre sur le vrai sujet de ce blog...
Pour ma part, je continuerai à m'intéresser au travail des artistes tels que Claire Diterzi et Magik Malik, qui font un peu plus rêver que les "anonymes" de cette page. Et je suivrai de prêt l'autre débat sur ce thème ici : http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article283, nettement plus construit et sans "anonymes".
Ciao

Anonyme a dit…

Bonjour Cédric,
vous diffusez parfois de la musique actuelle écrite sur votre radio ?
Parce que sur Radio Libertaire par exemple, on entends parfois du Varèse. C'est classique, mais ça décoiffe un peu plus que l'irlandais re fabriqué non ?

Jean-Christophe a dit…

Bonjour,

C'est quand même très Tartuffe cette pétition vous ne trouvez pas? Il faut être singulièrement autiste, imbu au plus haut point d'un esprit de caste réactionnaire, pour oser écrire… on a le choix, car ce court texte est truffé d’affirmations à l’emporte pièce et de contre vérités, mais bon par exemple une affirmation telle que : "... La musique contemporaine qui prolonge une tradition musicale (...) et développant par ailleurs les technologies les plus avancées". Non pas des technologies simplement avancées, on s’en contenterait, mais, tenez-vous bien, les technologies les PLUS avancés ! Il serait intéressant, sur ce simple point, de revenir un peu au principe le plus élémentaire de réalité et que l’auteur, daignant descendre un instant de sa tour d’ivoire, d’où il attend manifestement la reconnaissance des siècles futurs bien au chaud au sein de l’institution socialement ultra élitiste appelée création contemporaine (et encore, ils n’ont pas osé musique « savante »), et donc qu’il nous explique quelles sont les innovations technologiques les PLUS avancées, je suppose dans tout l’univers, qui justifient, pour faire court, tout ce bastringue. Et que l’on ne me parle pas de Max, qui est à la musique ce que la poêle téflon est à la conquête spatiale, une vaste fumisterie.

Musikologik a dit…

à Jean-Christophe:

Vous ne comprenez pas que l'affaire de la VM n'est qu'un bon prétexte pour engager un débat de fond qui dépasse largement l'objet de cette lettre.

Logistikmusil.

Jean-Christophe a dit…

Je n'aime pas la technique de l'anguille ni du bottage en touche. Regarder filer le lièvre soulevé entre ses jambes en décrétant l’impérative nécessité « d’élever le débat », moi je veux bien, c’est un classique du sophiste, mais vous planez déjà tous à des hauteurs tellement stratosphériques dans votre immodeste corporation que, si par malheur, on élève quoi que ce soit, on va tous finir dans l’espace ! « Spaced out» en quelque sorte, ce qui est peut être la meilleure chose qui puisse vous arriver.

Jean-Christophe a dit…

Dans toute la liste des signataires, ma préférence va sans conteste à Jean-Pierre D. qui, rafraichissante spontanéité, avoue comme statut social employé. Je l'aime déjà ce vrai modeste, il ose au milieu des chercheurs, avocat, architectes, médecins, psychanalystes, psychologues, administrateurs et directeurs divers, commissaires aux comptes, chefs d’entreprises, un ex diplomate, un raton laveur bien sûr…, affirmer sa singularité. Question subsidiaire, combien possèdent une voiture allemande de couleur sombre et d’une puissance supérieure à 5 C.V. fiscaux ?

Anonyme a dit…

Et moi ce qui m'amuse, c'est comment, dans l'autre liste des signataires, ceux considérés comme "importants" sont déplacés en haut de la liste par le propriétaire du blog.

Savez vous combien de signataires de la lettre sont "Anciens pensionnaires de l’Académie de France à Rome" ?

Faisons pour rire le sondage de la voiture allemande, vous serez surpris !

Musikologik a dit…

à Jean-Christophe:

Ah ! vous me faites bien sourire monsieur.

Juger derrière son écran, vous savez faire...

dans la liste des signataires, il y a encore bien plus modeste que "employé".

Et puis, n'oubliez jamais les non-signataires: on ne sait jamais vraiment où les situer.

Logistikmusik, alias Musikologik.

Jean-Christophe a dit…

Bah, il ne faut pas mettre les doigts sous le marteau si l'on ne veut pas souffrir... C'est bien vous qui avez lancé cette lettre ouverte et taillés consciencieusement les verges pour vous faire étriller? Quant à juger derrière mon écran, ma position est plus éthique que la votre, je critique à visage découvert, facilement Google-isable... Votre position est inconfortable car vous ne pouvez avancer le seul argument qui justifie votre position et doit vous brûler les lèvres, l’existence d’une supposée hiérarchie de valeurs. Vous ne le pouvez pas car, entre autres, Bourdieu est passé par là et, ce n’est qu’un exemple, sa définition de la musique comme un champ social dont « la dynamique provient des luttes de compétition que se livrent les agents sociaux pour y occuper les positions dominantes » me semble correspondre parfaitement à votre démarche.

Clara Maïda a dit…

A Jean-Christophe,

Juste un petit copié-collé d'un message que j'ai mis sur le blog "Tâche aveugle", car je suis un peu fatiguée de répondre à des poncifs qui reposent uniquement sur les fantasmes de quelques-uns concernant la situation matérielle des compositeurs de "musique contemporaine".

Voici le message publié le 14 juin :
"Et oui, Fabien, tu fais bien écho à certains aspects que j’avais évoqués dans quelques-uns des messages laissés ici et là : la condition pas franchement facile des compositeurs, et particulièrement ceux de notre génération, alors que certains veulent se persuader que nous sommes des privilégiés. Sincèrement, si je pouvais prétendre au SMIC grâce au fruit de mon travail, je serais très heureuse. Et tu fais bien de rappeler toutes les heures de travail non payées : répétitions, conférences, présentations de travaux, articles éventuels dans les revues, enregistrements en studio, etc., sans compter les heures de copie de nos partitions et autres milliers de tâches annexes à remplir : auto-promotion, auto-secrétariat, rédaction de dossiers de présentation de projets, etc. Ajouté au travail d’écriture proprement dit et au travail de recherche personnelle (afin d’éviter d’écrire la même musique toute sa vie...), tout cela représente à peu près en général 70 heures par semaine pour certainement moins de 1000 euros par mois. Or, seule l’écriture musicale est payée, mais souvent insuffisamment, sans proportion avec la quantité de travail nécessaire. Là, on est dans l’aspect matériel de la profession. Parlons concrètement pour ceux qui pensent que nous sommes des « pachas » subventionnés par l’Etat. Il faut vraiment avoir la passion chevillée au corps pour continuer ce métier envers et contre tout (ou contre tous ?). C’est nécessaire de le rappeler à ceux qui l’ignorent ou l’oublient."

Quant au supposé affichage de votre identité, un prénom, c'est tout aussi anonyme qu'"anonyme".

Bien cordialement,
Clara Maïda

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Ma chère Clara,

Quand je clique sur mon profil apparait une fiche détaillée avec mon nom, mon âge, mon signe zodiacal chinois et mon mail... Qu'est-ce que vous voulez de plus? Je ne cherche pas à m'exhiber ni à me cacher, il me semble juste plus honnête de polémiquer à visage découvert.

Quant aux poncifs, questions mille fois traitées et fantasmes divers, faites comme n'importe quel modérateur de forum qui en a marre des "newbee", créez une F.A.Q. ou seront listées les principaux points débattus et les arguments exposés via des liens idoines.

Pour en revenir à votre réponse, elle montre bien votre aveuglement quant au "capital" dont vous disposez. Même s'il n'est pas sonnant et trébuchant, il est à minima culturel et institutionnel. Ainsi vont les "héritiers" participant à la reproduction sociale des élites. Vous vous plaignez des répétitions, vous travaillez donc avec des musiciens professionnels qui interprètent vos œuvres ? Une galère plus qu’une aubaine tout le monde en conviendra… Combien coûte une heure de vos répétitions et qui paye ? Vous enregistrez en studio ? Qui paye ? Vous participez à des conférences, vous écrivez dans des revues, vous êtes à plaindre… Quel le coût global des moyens mis à votre disposition pour exercer votre Art ? Et puis cette assertion qui m’intrigue : » sans compter les heures de copie de nos partitions « ? Mon Dieu, vous devez sans doute oublier les frais de plume d’oie et de bougies pour vous éclairer ! Votre manifeste indique pourtant clairement que : « La musique contemporaine développe par ailleurs les technologies les plus avancées ». Je peux, dès à présent et si vous le souhaitez, vous indiquer complaisamment une liste de logiciels courants, connus de l’amateur le moins éclairé, qui pourront grandement vous aider dans vos processus d’édition et d’impression de vos partitions.

Votre serviteur,

Jean-Christophe NIQUET
jc.niquet@ipsky.fr (au cas ou mon profil n’apparaitrait pas en public)

Anonyme a dit…

Une pièce en plus :
http://www.imeb.net/IMEB_v2/index.php
Combien vaut un concert de celine Dion ou de Johnny ? Et puis des logiciels pour éditer les partitions. Il faut tout d'abord que la notation soit traditionnelle. Ensuite, avez vous déjà écrit pour orchestre ?

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Et bien, les concerts de Céline Dion et Johnny ne sont pas financés par la puissance publique que je sache? Et ils ne "valent" rien pour les producteurs, d'un strict point de vue comptable, puisqu'ils leur rapportent des bénéfices. On pourrait même dire qu'ils participent indirectement au financement de la création contemporaine par les gains générés au niveau d'organismes comme le SACEM, dont l’une des missions est l'aide à la création?

Pour ce qui est de l'éditeur de partition, j'ai regardé les partitions mises en ligne sur le site de Clara Maïda, je n'ai rien vu qui semble hors de portée de Finale ou Sibelius. Et bien même si elle devait annoter les partitions, je pense qu'il y aurait un gain de productivité certain par rapport à sa phrase : "sans compter les heures de copie de nos partitions". Je pense qu’il y a une névrose de la partition manuscrite dans la création contemporaine.

J’écris régulièrement pour des orchestres de Rock’n Roll. La partition est toujours manuscrite, griffonnée sur un bout de papier, la plupart du temps maculé par du gras de jambon ou des éclaboussures de bière. La règle qui prévaut à l’élaboration est d’une extrême rigidité, pas plus de trois accords par morceau répartis dans une grille. C’est un exercice éprouvant, une sorte de haïku, mais bon laissez tomber vous ne pourriez pas comprendre.

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Je viens de trouver la solution pour les prochaines nominations. C'est tout simple, mais il fallait y penser : VILLA MEDICIS ACADEMY!
Prime time sur Arte, Vote par S.M.S. manuscrits envoyés par la poste, une chouette idée qui emportera, j'en suis sûr, l'adhésion de tous les signataires (excepté les mauvais coucheurs propriétaires de voitures allemandes de couleurs sombres et d’une puissance fiscale supérieure à 5 C.V., mais bon on ne peut pas plaire à tout le monde).

Yan Maresz a dit…

Monsieur Niquet. Nous souhaitons tous ici avoir un débat tout de même un peu constructif si possible. Si vous ne vous intéressez pas à la musique contemporaine et à ceux qui en font, ce n'est peut-être pas la peine de rester ici à vous acharner. Nous avons bien compris votre point de vue.

Tout de même, je crois que les pouvoirs publics ont récemment payé un grand concert Hallyday sur le champ de Mars, non ?
Sachez que toutes les musiques sont plus ou moins subventionnées en France, les musiques actuelles l'étant surtout à l'exportation (leur point faible, notre point fort)

Bien à vous
Yan Maresz

Clara Maïda a dit…

Pour Jean-Christophe Niquet,

Les paramètres d'identité que vous évoquez apparaissent peut-être pour vous mais je ne peux pas les voir sur le blog.

Petite explication car vous semblez ignorer beaucoup de choses.
1/ Il faut de longues années avant de pouvoir être joué par des musiciens professionnels, de longues années d’acharnement où l’on envoie des partitions, des CDs à ses propres frais (cela se compte en milliers d’euros sur toutes ces années). Cela s’appelle des candidatures spontanées dans le monde du travail, voyez-vous ? Comme pour toutes les professions, le monde musical est une sphère professionnelle, avec des critères de sélection, de la concurrence, une recherche d'emploi permanente puisque une éventuelle commande ne fait vivre que quelques mois, etc.

2/ Quand on commence enfin, après toutes ces années, à avoir des créations, des enregistrements, des articles à écrire légèrement plus souvent (pour ma part, ces possibilités datent à peine de 3 ans, et j’ai 47 ans...), il faut accepter de ne pas être payé pour des travaux qui demandent beaucoup de recherche. Connaissez-vous beaucoup de professions où les 3/4 de l’activité ne soient pas rémunérées ?

3/ « Qui paye ? ». Cette question n’a pas de sens. Qui paye quand vous envoyez vos enfants à l’école gratuitement ? Qui paye quand vos soins médicaux vous sont remboursés ? Qui paye pour que le spectacle ou l’exposition que vous désirez voir ne coûte que 15 euros, au lieu de 50 ou 100 euros, si ces lieux n’avaient pas de subventions publiques ? Qui paye pour que votre carte de métro ne vous coûte que 55 euros eu lieu de 100 ou 200 euros ?
Cette question remet en question tout le fonctionnement du service public qui est construit de telle manière que l’Etat intervient dans pratiquement toutes les sphères professionnelles, santé, justice, éducation, culture... Mais peut-être êtes-vous de ceux qui opposent privé et public tout en bénéficiant allégrement des avantages quotidiens du premier ?
Par ailleurs, rares sont les genres musicaux qui ne bénéficient pas d'aides publiques en France. Donc, votre question peut tout aussi bien s'adresser aux musiciens de jazz, de techno, aux compagnies de danse, de théâtre et tant d'autres.

4/ Quant aux heures de copie que j’évoquais, merci pour le « renseignement » à propos des logiciels de partitions. Je n’en avais jamais entendu parler, anachronique que je suis... Vous semblez ignorer que ce terme désigne aussi bien une copie à la main qu’une édition de partition avec un logiciel comme Finale ou Sibelius. Une copie, c’est le travail réalisé à partir de la pièce composée qui consiste à fournir une partition lisible aux musiciens - conducteur et parties séparées. Et qu’elle soit écrite à la main (certains interprètes ou chefs préfèrent d'ailleurs ces premières car elles révèlent plus la personnalité du compositeur, disent-ils) ou qu'elle soit éditée sur un ordinateur, cela ne change pas tant le temps de travail qui peut facilement durer un mois (non payé...) en ce qui concerne une pièce pour ensemble.

Cordialement, Clara Maïda

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Je ne suis absolument pas d'accord avec vous, à part sur la copie de partition ou mes remarques étaient déplacées et je m'en excuse. Vos arguments me paraissent faibles mais il faudrait, je pense, une étude chiffrée, solide et argumentée pour nous départager puisque nous ne livrons finalement que des impressions sur nos différents vécus.

1 / Toutes les remarques sur les années de labeur et la dureté des temps valent pour tout le monde et je ne pense pas que vous puissiez durablement tenir ce genre de positions. Le fait que vous ayez des emplois à rechercher même périphériques à votre activité de compositeur (comme enseignant, une profession quand même assez éloignée d'un job McDo) ou des commandes à espérer vous place déjà à des années lumières du commun. Je ne pense pas que le terme par exemple de "misère sociale » qui pour moi est fortement corrélé à « créativité musicale » puisse être accolé à celui de création contemporaine. Je ne fournis aucun exemple public, car je sombrerais immanquablement dans le misérabilisme, mais les biographies sont légions et celles des musiciens contemporains que j’ai examiné, franchement ce n’est pas vraiment Cosette.

2 / La stratégie d’amalgame, tous subventionnés (tous pourris ?) ne tient pas si on examine le ratio subventions/taille du public concerné. Il me semble (mais là encore il faudrait des chiffres) que, rapportés à la tête de pipe, les fonds publics consacrés à la création contemporaine sont beaucoup plus importants que ceux alloués aux autres musiques. L’argument de « non mercantilisme » justifiant cette manne, entre tous, me semble le plus spécieux mais trop long à développer ici.

3 / L’amalgame avec les services publics frise le populisme ! Comment comparer des services accessibles à tous et pour le bien commun général avec un domaine aussi particulier que le vôtre ? Pour faire à mon tour démagogue : L’électricité arrive jusqu’à la cité des 4 000, est-ce le cas de la musique contemporaine ? Pour ce qui est de mes opinions politiques, et non, raté, je déteste le libéralisme et encore le mot est faible.

4 / Pour ce qui est de la copie, s’il n’existe pas d’éditeur de partitions dédié à la musique contemporaine mais qu’est-ce que vous attendez pour le créer ? Je vous rappelle, pour la troisième fois, que votre lettre ouverte affirme que la création contemporaine est à la pointe des technologies ! (ce point, vous l’aurez remarqué m’a particulièrement énervé). Il ne me semble pas d’une complexité extrême de coupler un éditeur de partitions avec un éditeur graphique permettant de créer sa propre bibliothèque de signes et annotations, à moins que cette fonctionnalité existe déjà ce qui me parait le plus probable.

Voilà, ceci est ma dernière intervention pour plusieurs raisons :

• Un représentant de votre sympathique communauté, je parle ainsi car il écrit « nous souhaitons tous ici… » m’a prié gentiment d’aller me faire pendre ailleurs ce qui m’a vexé.

• Toutes les réponses à mes interrogations (à part les vôtres) ont été vagues, biaiseuses, non argumentées, je m’attendais à plus de rigueur.

• Votre condescendance est insupportable. Florilège : « vous me faites bien sourire », « je suis un peu fatiguée de répondre à des poncifs », « Vous ne comprenez pas », « avez vous déjà écrit pour orchestre ? », « Petite explication car vous semblez ignorer beaucoup de choses », « Monsieur Niquet (pourquoi pas Jean-Christophe ?) », «ce n'est pas la peine de rester ici à vous acharner. Nous avons bien compris votre point de vue ». Mis bout à bout, le champ sémantique du dogmatisme, du mépris de l’autre, de l’autisme atrabilaire est parlant.

• Avant de songer à construire il faudrait peut-être déconstruire, des habitudes, des traditions tout un corpus qui en arrive à ce « monstre », cette patate chaude, une pétition qui se retourne contre ses auteurs et ou les critiques les plus dures proviennent d’autres musiciens (à moins que vous ne leur reconnaissiez pas cette qualité, ce qui est l’hypothèse la plus probable).

Cordialement.

Anonyme a dit…

Bonjour Jean-Christophe,
je découvre votre petite chronique avec un peu de retard.
On ne peut évidemment jamais parler des "compositeurs de musique contemporaine". Parce que ce n'est pas un groupe homogène, c'est même un groupe magnifiquement hétérogène, et dont les frontières sont superbement floues. C'est un regard lointain qui perçoit ce milieu de manière caricaturale. Les écrivains contemporains, les cinéastes contemporains, cela n'a pas plus de sens que pour les compositrices et les compositeurs. Certains écrivent à la main en s'inspirant d'un bruit de camion, d'autres fouillent les possibilités logicielles dans leur plus profonds retranchements. Certains vivent bien (très très rarement), d'autres sont à la rue (voir la vie de Claude Vivier), à l'image de toute une société, malheureusement.
Pour les éditeurs, ce dont vous parlez existe avant que vous nous en donniez l'idée (merci), Thürmchen Verlag, EME, certains s'y emploient évidemment.
Lorsque Clara évoque les années d'apprentissage, je crois qu'en effet, que beaucoup d'entre nous ont un savoir-faire de très grande qualité, et ce dans tous les domaines du son. Cela prends du temps et surtout, ne s'arrête jamais, ce qui rends ce métier infiniment passionnant. Et certains savent donner corps à leurs fantasmes sonores grâce à ce savoir-faire, parfois aussi en le malmenant. Tout est possible et ouvert, libre comme l'onde dans l'air.
En conclusion, je ne sais pas contre qui vous vous acharnez, mais le groupe que vous décrivez n'existe pas dans la réalité.
SI vous avez inventé des "compositeurs de musique contemporaine" aussi odieux et suffisants pour passer vos humeurs, de grâce, inventez-vous d'autres moulins, car je crains que vous ne perdiez votre temps, et un peu le nôtre aussi.
Bien à vous
Thierry Blondeau

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Je suis obligé de répondre, ce message m'étant adressé :

1 / Si vous voulez que j’arrête de fréquenter ce blog et de vous faire « perdre votre » temps il faudrait commencer par arrêter de me relancer. Finalement on dirait que ça vous démange de me clouer le bec et de m’envoyer sur les roses.

2 /Je n'ai pas parlé d'odieux, j'ai parlé de condescendance. Ce que vous traduisez par "odieux" je l'ai simplement extrait des textes qui m'étaient adressés sur ce blog donc nullement "inventé". D'ailleurs dans la même phrase ou vous vous défendez de cette accusation vous énoncez clairement : "car je crains que vous ne perdiez votre temps, ET UN PEU LE NOTRE AUSSI". Deux messages consécutifs donc contenant une injonction de ne plus participer au débat sous le prétexte de vous faire perdre votre temps! Si l'essence même de la condescendance de la négation de la parole de l’autre, enfin bref… la paille, la poutre, les bras m’en tombent… mais vous avez raison une bonne dose « d’odieux » aussi dans cette phrase. Quel est, pour faire court, votre notion de lettre ouverte (à qui beaucoup sur ce blog reprochent d’être une « lettre fermée »), débat public, confrontation d'idées, pourquoi ce blog? Et bien même si je représente le béotien, l'ignare, le candide, la mouche du coche, j'exprimer mes idées de manière argumentée, calme et pondérée. J'ai par exemple relevé sur ce blog les termes : " Vieille carne, institution maffieuse, amas d'ignorance et d'arrogance, grave méconnaissance du terrain, connaissant le parcours de certains je les trouve gonflés de signer cette pétition, etc… » qui n’ont pas soulevés de protestations. Pourquoi donc n’aller vous pas titiller Louis Sclavis et Baptiste Trotignon, sur le thème vous nous faites perdre notre temps ?

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Suite et fin…

3 / Les gens du sérail par contre (exemple, l’arrivée de Guillaume Bourgogne qui me suit dans les contributions) semblent accueillis à grands renforts de claques dans le dos virtuelles et autres congratulations, sans oublier bien sûr, comme gourmandise d’accueil, l’inévitable crypto polémique, équivalent du signe maçonnique pour définir l’entre-soi, je cite : « Permettez-moi de vous poser quelques questions sur les mises en scène contemporaines (avec chorégraphies) dans le domaine de la musique ancienne et de l'opéra en particulier : Pourquoi tant de spectacles affligeants ? Il suffit de lire quelques articles de référence pour dépasser le triste constat et se demander si des compositeurs comme Jean-Philippe Rameau auraient accordé leurs bénédictions à des mises en scène pareilles? ». Les Précieuses Ridicules n’auraient pas mieux dit…

4 / Contre l’argument d’hétérogénéité de la création contemporaine censée interdire toute analyse. Depuis le début je ne débats (ou je ne pérore… rayez la mention inutile) sur la création contemporaine qu’en tant que corps social. A aucun moment je n’ai parlé des productions artistiques qui bien évidemment, enfin je le suppose et je l’espère pour votre landernau, sont aussi diverses et variées que celles proposées, au hasard, sur Myspace (ce qui ne vous empêche pas de classer uniformément celles-ci dans la rubrique musique populaire). Par contre, en tant que corps social constitué, J’ai l’impression, vous remarquerez que j’utilise le terme pondéré « impression » comme je le faisais précédemment dans ma réponse à Clara Maïda, ou j’admettais qu’une étude sérieuse et argumentée serait nécessaire, j’ai l’impression donc que les structures qui vous accouchent en tant que « compositeurs de musique contemporaine » (conservatoire, concours, bourses, études universitaires, re-concours, résidences, jury, orchestre classique, institutions, littérature et revues spécialisées, etc…) sont d’une extrême rigidité et aboutissent à une grande homogénéité. Le processus de validation et de reconnaissance de ces structures est tellement calqué sur celui des grandes écoles, Ena, Polytechnique, qu’il ne semble pas hasardeux de vous considérer avant tout comme une vraie caste de technocrates de la musique. Pour résumer : Est-ce que le génie ou même le talent + + + se recrute sur concours ?

5 / Sur le savoir. Personne ne nie la « quantité » énorme de savoir que vous avez été obligés d’ingurgiter pour en arriver là. Mais dans ce cas, il serait plus simple de vous définir en tant que savant voir même scientifique si ça vous chante, et non musicien. Car enfin, savoir n’est pas faire ! Ce qu’il y a de bien avec la musique, c’est qu’elle ne peut s’extraire du sensible, ce qui lui a évité un phagocytage complet par le conceptuel tel que pratiqué dans les Arts Plastiques.

6 / Proposition (dé)constructive : Je propose la preuve par l’attrition, soit une coupure totale de toutes les aides publiques attribuées à la musique contemporaine pendant 10 ans puis un examen du résultat. S’il reste un mouvement de créateurs de musique contemporaine tel que défini par les (anciens) critères d’admission à la Villa Médicis ou les classements de la Sacem, la preuve sera faite de la vitalité et de la nécessité de cette branche de la musique, car l’Art qui n’est pas fruit de la copulation entre la contingence et la nécessité est un pauvre avorton.

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Jean-Christophe NIQUET a dit…

Bah, je ne vois rien de déshonorant dans ce C.V. Vous voulez en venir ou exactement? Ce C.V. est incomplet d’ailleurs, je pourrais rajouter que je travaille depuis l’âge de 16 ans et que je suis autodidacte par exemple, qu’est-ce que ça changerait ?

Je roule en Prius depuis Décembre 2004. Je dois être un des premiers en France, puisqu’à l’époque il fallait 6 mois de délais pour se faire livrer, je l’ai donc acheté en jeune occasion à un directeur commercial de Toyota. Si j’achetais une nouvelle voiture, j’opterais pour la Honda Clarity qui roule à l’hydrogène et est déjà commercialisée en Californie. Je déteste les voitures allemandes et les diesels français, enfin tout ce qui pollue. Avant la Prius je roulais dans une voiture G.P.L. coréenne bas de gamme. D’autres questions personnelles ?

Ecriture(s) a dit…

Suite aux derniers échanges sur ce blog nous avons décidé de modérer les commentaires à partir de maintenant car nous souhaitons un débat ouvert, mais pas (plus !) d'attaques personnelles sur ce blog.

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Pourquoi mettre attaque(s) personnelle(s) au pluriel? Pour l'instant je ne vois qu'une seule attaque personnelle, celle qui vient de m'être décochée ? Quoi qu'en dise les compositeurs, qui me conseillent de ne pas perdre mon temps, je me suis enrichi à votre contact… J’ai lu les biographies des intervenants, les textes accompagnant leurs productions, jeté un coup d’œil sur leurs partitions (Je ne me vante pas de plus, je lis très mal la musique), écouté leurs productions musicales, consulté les sites mis en liens sur leurs pages Web comme ceux de l’IRCAM et de la villa Médicis, etc… Je suis allé sur le site de l’I.M.E.B., j’ai soigneusement analysé l’équipement du studio (pour m’apercevoir que les ¾ des logiciels utilisés étaient des basiques du commerce que l’on trouve dans tous les home studios de la terre), j’ai Google-isé les noms des logiciels que je ne connaissais pas pour me faire une idée (je me suis aperçu qu’ils ne tournaient que sur Mac, bonjour la convivialité – et que l’on ne me dise pas que toute la musique se fait sur Mac, cette vieille antienne est dépassée depuis au moins 10 ans), enfin bref… De toute façon pas la peine de sonner le tocsin, comme je le disais précédemment et comme on me l’a fortement conseillé, j’avais décidé d’aller voir ailleurs.

Dernière question : Vous perdez toujours vos nerfs aussi rapidement dans le milieu quand on vous contredit, ou c’est juste moi qui vous rend fou ?

Ecriture(s) a dit…

"s" parce que nous avons déjà reçu sur d'autres ticket de ce blog des commentaires comme fascistes, racistes, etc.. et qu'il est temps de ne plus laisser faire.

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Ah oui, quand même ! Il faut dire qu’est-ce qui vous a pris ? Vous étiez bien tranquillement au chaud, abrités à l’ombre protectrice de l’institution, pépère à vous échanger vos Pokémons, et voilà que vous débarquez sur la place publique en robe de bure et couronnes d’épines, vous pensiez réellement que le reste du monde allait vous plaindre ? La violence d’une affirmation comme : « le compositeur de musique contemporaine a besoin de calme et de recueillement pour élaborer son œuvre, et c’est pourquoi la villa Médicis etc… » ne peut entrainer qu’un long ricanement sarcastique chez le vulgum pecus. Quel est donc cet être si précieux, fragile et capricieux qu’il ne puisse œuvrer que dans un palais du XVIème. Siècle? A parcourir le site de la Villa Médicis on s’aperçoit rapidement qu’on se trouve devant l’un des plus beau lieu au monde, et qu’il doit bien y a avoir pas loin de 6 milliards d’individus qui rêverait de pouvoir travailler à des projets personnels dans le calme et le recueillement pendant un an ou deux dans ce genre de paradis (d’ailleurs c’est ce que font tous les directeurs il parait?). Pour faire simple, si vous manquez de résidences, je pense que, sans forcer, il serait facile de dégager une dizaine de F 2 en Seine Saint Denis par exemple au 4 000 à la Courneuve ou aux Bosquets à Montfermeil. Pour ce qui est des studios « électro acoustique » vu le listing du matériel de l’IMEB, une Mackie, 2 génélec et des plugs, il n’y aura aucun problème, il doit bien y avoir quelques milliers de home studios en France qui utilisent ce genre de configuration, ce qui permettra non pas d’accueillir quatre prétendants comme dans ce clapier italien mais le double voire le triple et tout en restant en France et en participant à l’effort national d’assainissement de la dette publique. Alors, qu’est-ce qu’on dit à tonton? Et puis quand même, vous êtes vaches avec Claire Diterzi, vous auriez voulu lui gâcher ses vacances, vous ne vous y seriez pas pris autrement. Déjà qu’avec le temps pourri on ne sait plus quoi se mettre…

hurel a dit…

Je trouve Jean-Christophe Niquet très méchant, très agressif et très frustré - allez savoir pourquoi ? - mais sincèrement, son humour me plaît.


Hurel

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Je prépare depuis ce matin une liste, que je vais mettre en ligne, de tous les compositeurs ayant résidés à la Villa Médicis avec photos, bios, sites web et productions musicales, le public va pouvoir juger sur pièces. Pour l'instant, en 1991, j'en suis à 100% de toubabs caucasiens et sur les photos aucun n'a l'air de crever de faim, certains arborent même une légère surcharge pondérale tout à fait rassurante. Spécial dédicace à Jean-Louis Florentz pour son intérêt pour l'Afrique.

Musikologik a dit…

Bonjour Monsieur Niquet,

Vous avez écrit:

Les gens du sérail par contre exemple, l’arrivée de Guillaume Bourgogne qui me suit dans les contributions) semblent accueillis à grands renforts de claques dans le dos virtuelles et autres congratulations, sans oublier bien sûr, comme gourmandise d’accueil, l’inévitable crypto polémique, équivalent du signe maçonnique pour définir l’entre-soi, je cite : « Permettez-moi de vous poser quelques questions sur les mises en scène contemporaines (avec chorégraphies) dans le domaine de la musique ancienne et de l'opéra en particulier : Pourquoi tant de spectacles affligeants ? Il suffit de lire quelques articles de référence pour dépasser le triste constat et se demander si des compositeurs comme Jean-Philippe Rameau auraient accordé leurs bénédictions à des mises en scène pareilles? ». Les Précieuses Ridicules n’auraient pas mieux dit…

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L'auteur de référence est un journaliste du journal Le Monde, Monsieur Renaud Machart (article du 17/06/2010) intitulé
"A Amsterdam, Trischa Brown dénature le "Pygmalion" de Rameau.

Il reste à espérer que ce monsieur n'est pas susceptible.

Quant à vos attaques et jugements personnels, cela ne prendra pas avec moi, d'autant plus que Molière est justement incontournable si l'on se donne la peine de réfléchir aux origines des rapports entre le texte écrit, la musique ancienne et la chorégraphie contemporaine qu'on lui impose aujourd'hui, comme cela était suggéré dans mes propos qui s'adressaient non pas à un non spécialiste mais à un chef d'orchestre.

Mais je dois très probablement vous empêcher de monopoliser ce territoire...

Logistikmusik.

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Monsieur, je ne monopolise pas, j’anime ! Je vous concède que j’ai fait l’irruption comme l’ivrogne au bal des débutantes, mais examinez la mornitude de la semaine dernière, si je n’étais pas là à squatter le buffet il ne se serait pas passé grand-chose, à part l’arrivée de M. Bourgogne, mais quoi un post par semaine, ce n’est pas çà qui va faire avancer la juste cause. Je vous assure que vous lire vous précipiter sur le nouveau venu pour parler boutique était du plus haut comique involontaire, et au cas où les i manqueraient de points, la précieuse ridicule c’était vous et non pas un journaliste que je ne peux qu’ignorer ne lisant que Rock & Tricot.

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Pour aller au fond du problème, je n’étais que bête, je ne suis devenu méchant qu’après la publication de mon C.V. en ligne. Je me suis dit : « Oh, ben ça va si ils sont aussi idiots et mesquins, pas la peine de prendre de gants, on peut y aller à fond et se lâcher ». Ne venez donc pas vous plaindre.

Musikologik a dit…

Monsieur Niquet,

Vous dites:

Je vous assure que vous lire vous précipiter sur le nouveau venu pour parler boutique était du plus haut comique involontaire, et au cas où les i manqueraient de points, la précieuse ridicule c’était vous et non pas un journaliste que je ne peux qu’ignorer ne lisant que Rock & Tricot.

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Que tout cela transpire la mysoginie primaire !

On en a vu d'autres?...

Ecriture(s) a dit…

Suite à une grande lassitude sur le ton et le contenu des interventions de Monsieur Niquet, nous avons décidé de modérer strictement ses interventions.

Suite à un échange de mails à ce sujet, je trouve équitable de vous donner le résultat final de son enquête :

Voilà, mon boulot est fini. Pour ceux et celles qui souhaitent juger sur des éléments factuels : http://www.villa-medicis-academy.com/

Favio Ariel Daiban a dit…

Lorsqu’il est question de vie ou de mort, il faut sortir de soi-même et donner sa voix. IL Y A une musique contemporaine, bien avant que l’on se mette d’accord sur ce qu’elle enferme (ou sur ce qu’elle ouvre). IL Y A une communauté de compositeurs de musique contemporaine, bien avant que la velléité de chacun de se distinguer et d’être « absolument singulier » (comme si le singulier pouvait effacer le pluriel) les divise. Or cette musique contemporaine et cette communauté de compositeurs sont en danger de mort. Voilà pourquoi j’ai signé cette lettre malgré mon indifférence presque totale à l’institution en général et à celle de la Villa Médicis en l’occurrence.
Lors de mes 42 ans écoulés, je n’ai jamais voulu me poser la question de l’institution dans mon travail créateur. Je me suis plutôt posé le problème de la création auquel je m’efforce de répondre chaque jour et chaque nuit depuis 25 ans. J’appartiens à une génération qui n’a pas encore dit son mot. Elle n’a pas voulu ou elle n’a pas pu. Dire sa parole n’est pas la figuration. Or l’enjeu de la musique contemporaine d’aujourd’hui est fondé sur la figuration, sur l’affiche. C’est un enjeu strictement social, politique, non-créateur. Il répond à deux besoins humains, trop humains et à un même désespoir : pour l’orgueil la reconnaissance, pour le ventre le salaire. L’absence de vérité musicale de la musique actuelle la rend inféconde pour la société ainsi que pour les diverses mécénats. Il nous appartient donc d’aborder de face la question de la vérité musicale, avec laquelle chaque compositeur se figure cohabiter dans son coin. Mais qui est suffisamment équipé pour évaluer cette question ? En réalité elle nous apparaît la moindre question, la dernière, pour autant que la figuration continue… Nous posons des questions, nous essayons d’y répondre, nous étudions. La première question que je pose à la génération « actuelle » (à laquelle j’appartiens) est celle-ci : quel est donc notre héritage ? Que veut dire « notre » ? Questions inévitables qui font éclater en morceaux non pas l’ « idée » mais le fait de la commun-auté. Mais si la vérité est vérité, ne doit-elle pas réunir dans une unité inconcevable ces morceaux multiples ? Ou doit-on poursuivre à l’infini le travail de la différence et de la dispersion dont nous avons hérité ? Il y a le compositeur qui se consacre à telle ou telle partie de l’intellect. Il y a le compositeur qui se consacre à telle ou telle expérience des émotions. Il y a le compositeur qui explore telle ou telle région du monde. Voilà notre héritage. Des chemins irréconciliables qui enseignent la nécessité et l’urgence non pas de retrouver une unité perdue mais d’une découverte radicale, originale, fraîche, d’une révélation. La révélation c’est ne jamais la posséder, ne jamais la maîtriser. Elle parle. Elle dit : non pas l’écriture mais l’écrire, non pas le son mais le signe, non pas l’harmonie-ryhtme-forme mais la mélodie qui est toute chose vivante, non pas les musiques tonales (ou atonales…) mais la simultanéité parfaite des six ordres de l’harmonie, non pas les musiques populaires mais une musique de l’élévation intellectuelle-spirituelle, non pas les musiques expérimentales mais la musique du Livre. Mais vous préférez pleurer le Prix de Rome… L’institution existe pour mourir, la Musique pour (faire) vivre. Et, croyez moi, elle est plus audible dans le désert que dans la salle.

Favio Ariel Daiban

Musikologik a dit…

Bonjour Favio Ariel Daiban,

Enfin une âme qui parle ....

Je vous reçois 5/5.

Logistikmusik
génération oubliée des 40 ans

Anonyme a dit…

Musiciens,



Faites vos jeux!
-Fini-


Regarder en Soi
Par Delà
En Vérité

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Regarder en soi, les raisons (s'il faille en avoir), la Nature des expressions, les sentiments qui sont les nôtres; étudier au crayon et aussi les processus cognitifs, approfondir la Musique, le sens et les sens pour la joie, tout le temps douloureuse, que celà procure-Ecouter, c'est aussi l'autre, puis comprendre, en soi, en l'autre... et aller.
L'élève a t il besoin d'autre chose? Sommes nous cet élève?

Construire Maintenant et Demain, Hier n'est pas à reconstruire, ni à démolir.

Que peut-on souhaiter à nos enfants?

Un monde limité par nos propres limites, trop saisisable et mécanisant(...) / un monde d'espoir et constructif ou l'éclosion fait vibrer(...)


En tout cas, place à la Vue des Qualités et des Degrés, on ne peut les nier. L'Art et la manière avec lesquels ils sont exercés, là il doit y avoir critique/témoignage.

Et pour le jugement ?

Ne pas se tromper d'oeuvre ni de bataille, probablement. Un point délicat, l'Attention.



Energie

Clara Maïda a dit…

Oui, Favio, il y a bien un enjeu vital dans l’acte d’écriture. Et c’est pourquoi l’on continue même quand la voix crie dans le désert. Cette traversée du désert est aussi une traversée du désir car chaque fois que l’on est découragé de s’époumoner dans le vide, que l’on souhaiterait prendre la décision d’abandonner, quelque chose d’irréductible nous ramène vers cette musique qui ne nous lâche pas. Le désert n’en est pas un. Le désir nous rappelle, quelquefois défaillant, presque mourant, et pourtant... Son retour, aussi fragile soit-il, nous indique que seul ce trajet vers soi-même généré par l’écriture donne du sens. Cette voix qui s’élance vers un autre absent ou sourd revient plus forte, enrichie par chaque plongée en soi-même. Le rejet de l’institution, aussi douloureux qu’il puisse être (je l’ai vécu pendant des années), peut être retourné en fonction positive : une totale indifférence au jugement d’autrui dont découle un chemin d’absolue liberté, la certitude, l’évidence, que sans cette aventure intérieure, le sens disparaîtrait. Pour moi, la vérité musicale, c’est tenter d‘être à chaque instant à l’avant-garde de soi-même. L’enjeu est personnel. Il s’agit de rassembler les héritages revendiqués - des œuvres, des phrases prononcées par les prédécesseurs - et de remettre en jeu à chaque nouvelle pièce l’avancée vers l’inconnu. "Une révolution intérieure", disait Xenakis. C’est quand on accepte de se perdre qu’on trouve, qu’on se trouve. C’est quand on accepte d’être dehors, qu’on est dedans. Quant aux institutions, elles ont peu à voir avec ce chemin. Sans doute existent-elles en effet pour mourir. Mais la façon dont elles meurent n’a rien d’anodin et nous donne des informations précieuses sur l’évolution d’une société et sur le regard qu’elle porte sur l’art.

Clara, génération oubliée qui s'est exilée pour atteindre la fin du désert...

Favio Ariel Daiban a dit…

J’entends bien, Clara, or il y a une fin d’analyse (psy et… musical !) mais il n’y a pas une « fin de désert ». Comment oublier que c’est dans le désert que se fait entendre la révélation ? C’est donc un moment éternel qui s’infiltre dans tous les interstices du temps. « L’institution c’est de murs ». Les murs tombent, mais ce qui ne meurt pas c’est la parole parlante, et la révélation est la source de cette parole. Cette génération quarantenaire n’est pas oubliée, car elle ne s’est pas encore inscrite dans la mémoire. Sa parole est tardive, éclatée, opacifiée par les abris institutionnels. Parole difficile, patiente, un « calcul » plus difficile que les tables rases et les choix mutilants.

À suivre,

Favio

AVH a dit…

Pour répondre à ma prétendue ignarité:

Second degré? non visiblement on ne connait pas "la-haut".

Je connais le parcours de Claire Diterzi, et ses galères pour se faire entendre; et non ses appuis ne sont pas ceux que vous semblez croire.

Si son art n'est pas à la mesure du votre, soit.

Ceci dit, et pour répondre à "Anonyme" , pour connaitre un artiste moi je ne me base pas sur Youtube, tant pis pour vous.

Pour information également ma culture musicale ne se limite pas à Mylène Farmer que vous semblez si bien connaitre (personnellement je ne vois pas exactement de quels super tubes vous parlez) mais Hendrix, Bowie et autres Joplin font partie de ma collection musicale; au même titre que Barbara, Les Rita, ou Gainsbourg.

Comme toujours, gardez donc en vue à 4 pattes puisqu'elle vous gene tant, et puisqu'aujourd'hui on ne fait que commerce, brûlons donc Björk et P J Harvey sur le même autel de ce qui semble être trop "contemporain" (j'aime à user de ce terme ici) pour vous, cher Anonyme.

Je continuerai personnellement à découvrir sur scène et en albums, continuez à critiquer les videos Youtube si vous le voulez.

Au moins la Villa aura eu le mérite d'essayer, elle.

AVH a dit…

Ah oui !

PS: lors des lives de l'album de l'époque, à la place de Jenny, c'était "Carla la bimbo".

Mais ça on s'en fout après tout...

Anonyme a dit…

Peut-être que Diterzi et Mezzadri devraient donner leurs avis eux-aussi... si on les laissait parler........................

Clara Maïda a dit…

Mais qui donc les empêche de parler, à votre avis ?
Encore une façon de donner à penser, de fabriquer l'illusion, qu'une seule parole, une seule musique est autorisée sur ce blog...
Etrange...

Jean-Christophe NIQUET a dit…

Oui, c'est vrai, je peux témoigner. Ici la parole contradictoire est accueillie à bras ouverts....

Laetitia Rojas a dit…

*
Bien sûr, moi aussi, j'ai été abasourdie par la réaction des musiciens de musique dite "savante" à l'égard de deux musiciens que je vénère.
J'ai donc lu l'argumentation de Monsieur Philippe Hurel, apparemment signataire de cette pétition contre la résidence de ces deux fantastiques artistes à la Villa Médicis.
Son argumentation se tient quant à la défense de la recherche des musiciens dits "contemporains", par rapport à la place des musiques actuelles aujourd'hui.
Il n'a apparemment rien contre Claire Diterzi et Magic Malik mais en participant à cette pétition, il se trompe de cible et si c'est une réaction au jury qui nomine les futurs résidents de cette illustrissime maison des arts, il laisse croire à l'opinion publique que les musiciens "savants" sont intolérants et élitistes.
Je n'en crois rien mais je me porte signataire de toutes façons de cette contre-pétition car Claire Diterzi et Malik Mezzadri sont selon moi des artistes exceptionnels, accomplis, chercheurs, atypiques, qui enchantent mes oreilles depuis de très nombreuses années.
* posté le 06|10|10